L’espace rural de proximité de Marsac-en-Livradois associe les professionnels de la santé (63)

Marsac-en-Livradois (1.500 habitants) a associé les professionnels de la santé pour construire un bâtiment neuf dont l’étage est consacré au médical et le rez-de-chaussée occupé par un magasin alimentaire. Ouvert en 2012, il accueille aujourd'hui neuf professionnels de santé. 

"Au début des années 2010, lorsqu’un des deux médecins de la commune nous a prévenus de sa mutation six mois avant son départ, nous avons décidé d’anticiper son remplacement. Nous avons mobilisé les professionnels de santé qui exercent sur la commune - un autre médecin, des infirmiers et une pharmacienne -, parce que ce sont les mieux placés pour donner envie à d’autres collègues de venir s’installer ici", témoigne Michel Sauvade, maire de Marsac-en-Livradois. Aux yeux de la municipalité en effet, le fait de soutenir financièrement la venue d’un médecin alors que la commune dispose de tous les services de proximité (commerces, pharmacie, Poste, médecins...) et d’atouts en termes de qualité de vie, contribuerait davantage à la dévaloriser, à la brader... "alors qu’au contraire c’est une chance pour un médecin de venir s’installer ici !", sourit-il. 

Projet coconstruit entre la mairie et les futurs occupants

Après quelques mois de recherche, c’est la pharmacienne, également conseillère municipale, qui parvient à mobiliser un nouveau médecin. Celui-ci débute par des permanences de trois jours par semaine dans un local loué à la mairie. Cette dernière coconstruit alors un projet plus ambitieux d’établissement de santé avec tous les médecins et infirmiers de la commune, auxquels sont associés ceux qui y habitent mais exercent ailleurs (orthophoniste, kinésithérapeute...). Tous répondent présents. "Nous n’avons pas opté pour une maison de santé dont le conventionnement impose des contraintes à ses occupants. Nous souhaitions qu’ils puissent s’installer et repartir quand ils le voulaient", poursuit le maire. Dans le même temps, il apprend que le magasin d’alimentation du bourg, trop à l’étroit dans des locaux mal situés, recherche un autre lieu d’implantation. Idéalement situé le long d’une départementale et proche du centre, le projet de la future structure médicale prend alors une autre ampleur pour intégrer cette activité complémentaire et devenir un espace rural de service de proximité. L’architecte est choisi par toutes les parties en présence qui optent pour un bâtiment à un étage afin de rester en cohérence avec l’architecture de la rue, dotée d’habitations à étages. 

Cogestion entre deux collectivités

Propriétaire de la parcelle, la commune engage 810.000 euros HT pour construire le bâtiment de 500 m2. La communauté de communes Ambert Livradois Forez, qui jouit des droits du propriétaire sur le local commercial du rez-de-chaussée du fait de sa compétence économique, apporte une aide de 245.000 euros HT. En contrepartie, elle perçoit 9.600 euros de loyers annuels de la part du magasin. À l’étage, la partie communale est financée par les loyers des professionnels médicaux pour un montant de 12.000 euros annuels. 
Afin que les travaux profitent à l’économie locale, il a aussi été décidé de construire le bâtiment avec des matériaux locaux - bois, pierre et pisé (voir encadré ci-dessous), à partir du savoir-faire d’artisans du territoire.
Le bâtiment ouvre en 2012 et attire rapidement une patientèle qui n’hésite pas à parcourir 25 kilomètres pour s’y rendre. Aujourd’hui, neuf professionnels de santé y exercent : 2 médecins, 3 kinésithérapeutes et 4 infirmières. Un agrandissement est prévu dans un bâtiment voisin. 

Bâtiment construit en terre crue

Le pisé est une technique de construction qui utilise la terre crue mise en œuvre par un système de coffrage, comme pour le béton. La terre utilisée pour le bâtiment de Marsac provient de la vallée, ce qui rend ce matériau économique et écologiquement intéressant. Il présente en outre une très bonne inertie et assure un excellent équilibre hygrométrique et thermique entre l’intérieur et l’extérieur. L’humidité absorbée l’hiver est restituée l’été à l’intérieur favorisant le rafraîchissement des locaux. De même, il stocke de l'énergie pendant les journées ensoleillées qu’il restitue la nuit lorsqu’il fait plus frais. 
En revanche, ses capacités isolantes sont assez moyennes et ne respectent pas la RT 2005. Le choix a donc été fait de réaliser un double-mur : 40 cm de pisé porteur de la dalle béton, 20 cm d’isolation en liège et 25 cm de pisé en façade extérieure. La collectivité a reçu les conseils du parc naturel du Livradois Forez qui y consacre un site internet spécifique, avec des fiches techniques, une liste des professionnels du territoire et toutes les animations mises en œuvre pour sa relance et sa promotion (chantiers participatifs, formations, animations, sensibilisation...) en lien avec de nombreux partenaires comme le Capeb, la région, le Greta, Pôle emploi... 

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