Transports - LGV Lyon-Turin : la commission d'enquête rend un avis positif sous réserve

La commission en charge d'une enquête publique sur le tronçon français de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin a rendu un avis positif sur le projet, avec des réserves. Initiée en novembre 2011 à la demande du ministère de l'Ecologie, du Développement durable et des Transports et menée l'hiver dernier par treize commissaires-enquêteurs, l'enquête publique a porté sur la portion entre Lyon et Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie). "Les avantages apportés par le projet l'emportent largement sur les inconvénients [...]", écrit la commission d'enquête dans son rapport daté du 2 juillet 2012. Elle se dit "convaincue de la nécessité de développer le fret ferroviaire aux échelles nationales et européennes"  et considère que "l'utilité publique du projet l'emporte sur les atteintes à la propriété privée". "Il offrira un outil majeur de la politique de report du transport de marchandise de la route vers le fer, permettant ainsi une amélioration de la sécurité routière et une réduction sensible de la pollution atmosphérique dans les vallées alpines", note-t-elle.
Les commissaires-enquêteurs émettent cependant trois réserves, notamment concernant l'impact "important" du projet sur l'agriculture. Ils demandent ainsi à RFF de travailler en "concertation étroite avec le monde agricole et les acteurs locaux" afin de "garantir la pérennité des exploitations et de contribuer à la protection des ressources naturelles et de l'environnement".  "Les recommandations faites par la FDSEA ont semble-t-il été entendues", a réagi Alexandre Merle, secrétaire général de la FDSEA de Savoie, satisfait de constater qu'au delà du tracé, "l'emprise des travaux sur les terrains agricoles a été prise en compte". "Cette enquête ne résout pas le problème, des exploitations entières sont menacées et nous allons rester très vigilants sur la suite du projet", a aussitôt ajouté le responsable du syndicat agricole. La commission a par ailleurs émis une réserve sur les sites de dépôts de remblais impropres et demande au maître d'ouvrage de réétudier la question en réduisant de 25% le volume de ces remblais.
Le projet, dont la mise en service est prévue en 2023, a donné lieu à de nombreuses manifestations, particulièrement côté italien, parfois ponctuées de heurts entre opposants et forces de l'ordre. Toutefois, la France a continué à affirmer le caractère majeur de ce projet, même si les opposants à la LGV Lyon-Turin ont pu voir leur point de vue conforté par les propos  tenus au début de l'été par le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac estimant que le gouvernement n'aurait "pas d'autre choix que d'abandonner certains projets" de lignes à grande vitesse.

 

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