L’interconnexion des systèmes d’information des Plie et de France Travail à l’étude

La signature le 18 décembre dernier d’une convention de partenariat entre le Plie de Lille et la direction régionale de France Travail dans les Hauts-de-France pourrait faire école à l’échelle nationale. C’est tout l’enjeu des discussions en cours entre l’Alliance ville emploi, France Travail et la DGEFP.

Comment mieux interconnecter les systèmes d’informations des Plie (programmes locaux d’insertion et emploi) avec ceux de l’opérateur France travail ? Voilà tout l’enjeu d’une convention signée le 18 décembre dernier à Lille qui est venue consacrer une expérimentation menée depuis plusieurs mois sur le territoire "du premier Plie de France", créé en 1990. Destinés à accompagner les jeunes particulièrement éloignés de l’emploi, les Plie jouent un rôle majeur dans le domaine de l’insertion. Une insertion professionnelle "durable" que les porteurs des Plie, tel Lille Avenirs, revendiquent volontiers et qui les place en interlocuteurs de premier rang de France Travail.

"Cela fait trente-cinq ans que nous travaillons avec le service public de l’emploi, mais toujours avec notre propre système d’information et aucune interconnexion avec celui de France Travail sur les données qui concernent les demandeurs d’emploi", explique Laurent Moniot, directeur insertion chez Lille Avenirs. Une carence qui induit des doublons que les partenaires de cette convention pionnière entendent gommer en partageant leurs données. "Cette convention prévoit un échange de données simple et rapide qui va nous permettre d’indiquer à France Travail que telle personne fait l’objet d’un accompagnement de notre part." Un accompagnement qui se traduit en général par des rencontres régulières sur une base mensuelle avec un référent Plie ainsi que par la participation à des ateliers.

Une déclinaison nationale qui prend forme

À l’heure actuelle, confirme Laurent Moniot, "il n’existe pas de logiciel commun entre le porteur du Plie et France Travail". L'outil en construction va donc ouvrir de nouveaux champs et permettre l’échange de données "caractérisées" : "On décide ce que l’on donne et ce que l’on reçoit", précise ainsi le directeur insertion de Lille Avenirs. L’enjeu consiste alors à éviter que l’opérateur France Travail n’effectue de son côté des relances auprès de jeunes qui font déjà l’objet d’un accompagnement dans le cadre du Plie.

Dans le prolongement de cette première signature de convention avec France Travail, d’autres ont suivi et l’ensemble des 26 Plie que compte la région Hauts-de-France devraient prochainement s’engager dans cette dynamique. Quant à la déclinaison nationale de ce nouveau dispositif, elle est clairement dans les esprits de l’ensemble des partenaires. "L’enjeu de l’expérimentation à Lille consistait à tester en conditions réelles l’échange d’informations en fonction d’outils existants avant d’envisager le passage à l’échelle", explique Lucie Becdelièvre, la déléguée générale de l’Alliance ville emploi (AVE). Une déclinaison qui a déjà pris forme à Arles en région Paca et qui devrait se poursuivre en 2026 sur d’autres territoires. "L’idée, c’est d’aller vite", maintenant que le cadre juridique de ces conventions a été fixé.

"Éviter les doublons dans l’accompagnement ainsi que les ruptures de parcours"

"Le travail mené avec la direction régionale de France Travail dans les Hauts-de-France, le Plie et l’Arefie (association régionale des élus pour la formation, l'insertion et l'emploi) des Hauts-de-France a permis de construire collectivement un canevas afin que d’autres conventions puissent être signées par tous les Plie de la région Hauts-de-France", complète-t-elle. Au-delà, l’idée de répliquer à l’échelle nationale fait son chemin. Avec l’ambition, au sein du réseau pour l’emploi, de fluidifier les relations entre les acteurs autant que les parcours des personnes accompagnées, et de "faciliter les prescriptions depuis France Travail vers les Plie", ajoute Lucie Becdelièvre. "Ce que nous recherchons, c’est éviter les doublons dans l’accompagnement ainsi que les ruptures de parcours."

En ce début d’année, AVE a entamé une séquence de présentation de cette convention à l’échelle nationale auprès des représentants en régions de France Travail ainsi qu’au sein des Plie, tandis que les travaux relatifs à la création d’une interface communes aux deux réseaux se poursuivent. En parallèle, confirme Lucie Becdelièvre, AVE mène des échanges avec la DGEFP (délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle) "afin que les Plie deviennent des organismes référents au sens de la loi Plein emploi, avec davantage d’autonomie sur l’orientation et le pilotage des parcours, notamment s’agissant des allocataires du RSA".

 

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