Energie - L'UFC-Que choisir veut "court-circuiter" le compteur intelligent Linky

L'association de consommateurs UFC-Que choisir a annoncé ce 24 avril qu'elle avait saisi le Conseil d'Etat d'un recours pour excès de pouvoir contre l'arrêté de généralisation du compteur électrique "intelligent" Linky publié en début d'année. Celui-ci vise à améliorer la gestion et l'usage des réseaux électriques, permettant notamment un suivi de consommation en temps réel par les opérateurs et les usagers et le lancement de nouveaux services.
"Ces compteurs sont bel et bien conçus essentiellement dans l'intérêt exclusif du gestionnaire de réseau et des fournisseurs d'énergie, et bien peu dans celui des consommateurs, en dépit des promesses", juge l'association dans un communiqué. Et de citer "trois carences majeures" du dispositif. Tout d'abord, "l'absence d'évaluation probante préalable à la généralisation". L'an dernier, le gouvernement avait décidé que ce "compteur intelligent" serait déployé dans toute la France (soit 35 millions de boîtiers à installer) à partir de 2013, après une expérimentation menée à Lyon et en Indre-et-Loire par ERDF, filiale d'EDF chargée de la distribution du courant. Mais l'UFC estime que l'expérimentation n'a pas rempli les objectifs espérés. "Le planning des poses n'a pas été tenu et de nombreuses défaillances techniques ont été relevées (les compteurs sautaient un peu trop facilement et la télétransmission des données ne se faisait pas). Mais au-delà de ces difficultés techniques, l'impact sur la maîtrise de la demande énergétique n'a pas été évalué", souligne l'association.
Elle dénonce aussi l'absence d'"affichage déporté" permettant de maîtriser sa consommation d'électricité. Pour cela, il est en effet indispensable de disposer dans l'espace de vie d'informations en temps réel sur sa consommation et d'un bilan, ce que ne permettent pas les compteurs communicants. Troisième grief souligné par l'UFC : "La privatisation de l'accès aux données essentielles de consommation. [...] En vertu de la loi, les données de comptage relèvent d'une mission de service public incombant à ERDF, souligne-t-elle. Pourtant, l'arrêté a délégué la gestion de ses données aux fournisseurs ne garantissant pas l'accès de tous à ses informations."
L'association a lancé parallèlement une campagne auprès du grand public, avec la diffusion d'un argumentaire "vrai/faux" sur Linky, dans lequel l'association démonte plusieurs arguments en sa faveur, comme l'idée que son déploiement serait gratuit pour le consommateur, comme l'a promis le gouvernement l'an dernier. Si le compteur ne sera pas facturé en tant que tel aux usagers, l'UFC estime que "l'ensemble des consommateurs" le paieront indirectement via le tarif d'utilisation du réseau public d'électricité (Turpe) prélevé sur les factures d'électricité et censé financer l'exploitation et les investissements dans les réseaux électriques. "Or, le coût de l'appareil et de son installation est particulièrement élevé (entre 120 euros et 240 euros par compteur, voire, selon les récents chiffres d'EDF, de 200 à 300 euros) si l'on compare avec les exemples étrangers (80 euros en Italie, où ce dernier est financé par le fournisseur Enel)", souligne-t-elle. L'UFC rappelle qu'ERDF a évalué le coût de la généralisation de Linky à 4,5 milliards d'euros.

 

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