Energie/Social - Lutte contre la précarité énergétique : les collectivités alertent le gouvernement

Amorce, qui fédère près de 540 grandes collectivités de tous niveaux (communes, intercommunalités, départements, régions) impliquées sur les questions énergétiques a lancé le 12 mai un "cri d'alerte" et invité à une "remobilisation générale" sur la rénovation énergétique des bâtiments et la lutte contre la précarité énergétique. Tout en estimant que ses propositions et celles des principales associations de collectivités locales ont été, pour la plupart, reprises dans l'avant-projet de loi de transition énergétique, "aucune mesure concrète de nature à atteindre les objectifs établis lors de la dernière conférence environnementale n'est avancée ni sur les actions de lutte contre la précarité énergétique, ni sur la rénovation énergétique des 500.000 logements rénovés par an d'ici 2017", regrette l'association. Amorce rappelle que "9 millions de Français vivent aujourd'hui en situation de précarité énergétique et s'adressent de plus en plus massivement aux élus locaux pour prendre en charge leurs difficultés". "Les tarifs sociaux pour le gaz (TSS) et l'électricité (TPN) et les aides aux impayés (FSL énergie, FSL maintien au logement et forfait charges) ne font que compenser une difficulté de paiement mais ne traitent pas sur le fond la précarité énergétique qui est ainsi maintenue, voire entretenue", souligne Amorce. L'association pointe aussi le fait que "près de 10% des logements sont encore de classe énergétique F et G en 2014", soit les plus énergivores, et qu'ils sont souvent habités par des familles modestes. Sachant que le coût de la rénovation complète d'un logement est estimé entre 20 et 30.000 euros en moyenne par les professionnels du secteur, Amorce juge "clairement insuffisantes" les aides actuelles pour inciter à une rénovation massive des logements et atteindre les objectifs du gouvernement. "Or, si la France ne rénove pas rapidement ses bâtiments, le risque majeur est de voir s'alourdir la liste des personnes en situation de précarité énergétique, de voir les factures énergétiques de tous les Français poursuivre leur augmentation et celle de la France déjà évaluée à 3% du PIB exploser !", alerte l'association qui ajoute qu'en plus de réduire la facture énergétique, "la rénovation de 500.000 logements par an serait de nature à générer près de 75.000 emplois locaux, d'après le ministère du Logement". Amorce formule donc plusieurs propositions à l'attention du gouvernement, à mettre en œuvre dans le cadre de la future loi de transition énergétique. Elle demande ainsi un "rééquilibrage des incitations financières en faveur des économies d'énergie plutôt que des outils de production d'énergie", "la mise en œuvre d'un réseau national de plateformes territoriales de la rénovation énergétique sur tout le territoire français", "la création de 3.000 postes d'ambassadeurs de la rénovation thermique" grâce aux emplois d'avenir et "l'introduction d'une véritable obligation de rénovation thermique des logements les plus énergivores à l'horizon 2025".
 

 

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