Santé - Marisol Touraine dévoile "le chantier des urgences"

Intervenant, le 16 octobre, devant le Conseil national de l'urgence hospitalière (CNUH), Marisol Touraine a présenté le "chantier des urgences". L'objectif est double : d'une part, assurer à tous les Français un accès à des soins d'urgence à moins de trente minutes de chez eux (engagement pris par François Hollande lors de la campagne présidentielle) ; d'autre part, désengorger les services d'urgence en développant les solutions alternatives pour les cas ne présentant pas de gravité particulière. La ministre des Affaires sociales et de la Santé avait déjà annoncé la concrétisation de cette promesse présidentielle lors de la présentation de la mission confiée à Edouard Couty en vue d'élaborer un "pacte de confiance" avec les établissements hospitaliers publics et les établissements privés à but non-lucratif (voir notre article ci-contre du 10 septembre 2012).
La lancement d'une concertation avec "l'ensemble de la communauté hospitalière" devrait permettre d'élaborer, avant la fin de l'année, un "plan d'action pour les urgences". En attendant, la ministre a déjà tracé un certain nombre de lignes directrices. Ainsi, sur le premier point, elle a annoncé "trois axes de travail" : la mise en place de nouveaux services mobiles d'urgence et de réanimation (Smur) ou d'antennes de Smur, la rénovation du statut de "médecins correspondants du Samu" afin d'inciter des médecins généralistes à rejoindre le dispositif et, enfin, le renforcement de la coopération entre services d'urgence "pour conserver le maillage du territoire et la qualité des prises en charge". Marisol Touraine a indiqué que ces mesures feront l'objet d'une concertation avec les associations d'élus locaux dès le mois de novembre, afin de permettre une mise en œuvre au début de 2013.
Sur le second objectif - autrement dit le désengorgement des services d'urgence -, la ministre a déjà indiqué "vouloir agir à deux niveaux". Le premier concerne l'amont des urgences. L'objectif est de faciliter l'accès aux médecins libéraux pour éviter les passages inutiles aux urgences. Marisol Touraine a rappelé que le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2013 comporte une mesure favorisant le travail en équipe des médecins libéraux et valorisant cet engagement dans leur rémunération (voir notre article ci-contre du 2 octobre 2012). Selon la ministre, il ne s'agit toutefois là que "d'une première étape de cette politique". Le second levier d'action concerne les urgences elles-mêmes, avec une réorganisation des services afin de réduire les délais d'attente. Marisol Touraine a notamment indiqué "ne plus vouloir voir des patients attendre des heures sur des brancards dans les couloirs".
Elle n'a pas évoqué, en revanche, la question des lits d'aval dans les services, dont le manque conduit parfois à maintenir des personnes âgées aux urgences. Il reste également à savoir comment ce "chantier des urgences" s'articulera avec les autres mesures annoncées dans le cadre du PLFSS 2013 pour lutter contre les déserts médicaux, comme la "mobilisation" de 200 médecins, avec garantie d'un revenu professionnel minimum, afin de répondre aux besoins des territoires les plus en difficulté et d'appuyer les praticiens en place, ou encore le "plan dédié et complet sur les déserts médicaux" également annoncé pour 2013.

L'UFC-Que Choisir se penche sur la "fracture sanitaire"

Au moment où Marisol Touraine lance le "chantier des urgences", l'UFC-Que Choisir publie une étude consacrée à la "fracture sanitaire". Ce travail se traduit notamment par la présentation de "l'alarmante carte de l'offre médicale en France". Si les études sur la démographie médicale et l'offre de soins sont légion - et sur ce point celle de l'UFC-Que Choisir ne présente pas de nouveautés significatives - l'originalité du travail mené par l'association de consommateurs est d'associer les critères propres à la démographie des professions de santé à la question, de plus en plus prégnante, des dépassements d'honoraires. Il ressort notamment de l'étude que si les "déserts médicaux" restent relativement marginaux pour les généralistes (seulement 5% de la population concernée), ils sont en revanche nettement plus importants pour les spécialistes, la combinaison entre concentration géographique et tarifs en secteur 2 jouant alors à plein. Selon l'UFC-Que Choisir, les "déserts médicaux" concerneraient ainsi 19% de la population pour les pédiatres, 14% pour les gynécologues et 13% pour les ophtalmologues. Une carte permettant d'obtenir les résultats par commune et pour quatre spécialités est disponible sur le site de l'UFC-Que Choisir (voir lien ci-contre).
 

 

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