Tourisme - Mobilisation tous azimuts pour relancer le tourisme outre-mer

Mis à mal par le conflit social en Guadeloupe - qui s'est répercuté dans une moindre mesure à la Martinique et en Guyane -, le tourisme dans les Caraïbes françaises traverse une passe très difficile. Comme le gouvernement s'y était engagé dans le cadre du plan de relance de l'économie locale, Hervé Novelli - le secrétaire d'Etat au commerce, à l'artisanat, aux PME, au tourisme et aux services - a présenté le 5 mai un "plan de relance du tourisme dans les Caraïbes françaises". La Réunion, moins touchée par les récents conflits sociaux et qui a déjà bénéficié d'un plan de relance après l'épidémie de chikungunya, n'est pas concernée par ces mesures.
Au-delà de la mobilisation des mesures générales prévues pour les PME et les très petites entreprises touchées par la crise - regroupées dans le plan Co-rail (contrat de reprise d'activité et d'initiative locale) -, le dispositif prévoit plusieurs mesures spécifiques au secteur du tourisme antillais. Les deux principales sont l'opération "Partir aux Caraïbes" et la mise en oeuvre de 10.000 offres promotionnelles "packagées". "Partir aux Caraïbes", dont la mise en oeuvre est confiée à la Maison de la France, se veut une "grande campagne de relance du tourisme aux Antilles". Elle se déroule du 5 au 15 mai. L'objectif est double : contrer un "bruit médiatique conjoncturel" en mettant en valeur le caractère accueillant des Antilles et faciliter la vente de produits touristiques pour le printemps et la haute saison. Outre une campagne d'affichage dans les gares et les stations de métro parisien, l'opération comprend des insertions dans la presse gratuite et des bandeaux internet, ainsi que la mise en ligne d'un site dédié. Cette opération de communication se double d'une action marketing, sous la forme de 10.000 "offres promotionnelles packagées". Celles-ci sont proposées à la vente jusqu'au 15 mai à minuit, à un tarif très attractif pour ce genre de destination (à partir de 489 euros TTC, incluant le vol, 6 nuits sur place dans un hôtel 2, 3 ou 4 étoiles, ainsi que diverses prestations annexes).
La plupart des professionnels se sont associés à cette action, en accordant des remises importantes. L'opération a néanmoins suscité des réticences chez certains d'entre eux, qui évoquent un plan de relance "monté à la va-vite" et "basé sur des produits exclusivement d'entrée de gamme". Au-delà de ce coup de pouce ponctuel, le plan laisse cependant de côté un certain nombre de questions de fond, qui handicapent le tourisme des Caraïbes françaises depuis plusieurs années. Il repose en effet à nouveau sur le vivier de la clientèle métropolitaine - principalement francilienne - et ne comporte ainsi aucune dimension internationale alors que les Antilles françaises peinent à séduire la clientèle européenne et américaine. Au-delà de l'offre exceptionnelle à prix réduits, ce plan - qui est loin d'être le premier du genre (voir nos articles ci-contre) - laisse de côté la question des coûts, nettement supérieurs à ceux des autres îles de l'arc antillais. Enfin, face à une instabilité sociale qui est loin d'être définitivement dissipée, rien ne dit que les tours opérateurs et les investisseurs sont prêts à réinvestir la destination Caraïbes.

 

Jean-Noël Escudié / PCA

 

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