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Municipales : entre abstention et grandes villes vertes...

Organisé plus de trois mois après le premier tour, une quasi non-campagne, un virus toujours présent… Le second tour des municipales ce dimanche 28 juin s'est révélé hors normes à plus d'un titre. Avec, au final, une abstention atteignant un nouveau record : plus de six électeurs sur dix ne se sont pas déplacés. Plusieurs grandes villes dont Lyon, Bordeaux et Strasbourg ont assisté à la victoire de listes emmenées par des Verts. Le PS et LR conservent une partie de leurs fiefs. LREM reconnaît une "déception". Le point région par région.

De Lyon à Strasbourg en passant par Bordeaux, plusieurs grandes villes se sont parées de vert ce dimanche soir, à l'issue d'un second tour qui a confirmé les espoirs des écologistes nés lors du 1er tour le 15 mars dernier. Les Verts ont même fait coup double à Lyon : Bruno Bernard s'y est adjugé la métropole et Grégory Doucet la ville, en battant Yann Cucherat, poulain du maire sortant Gérard Collomb. La situation est plus confuse à Marseille où la candidate écologiste Michèle Rubirola, à la tête d'une coalition de gauche, a revendiqué une "victoire relative", estimant que "la droite n'est plus en mesure de gouverner" la ville. Mais la candidate LR Martine Vassal, portée par le sortant Jean-Claude Gaudin, a refusé de reconnaître sa défaite, assurant qu'il n'y avait à ce stade "pas de majorité à Marseille".

Les Verts ont également pu revendiquer la victoire à Strasbourg, avec Jeanne Barseghian, et à Bordeaux, avec Pierre Hurmic qui a devancé le maire LR sortant Nicolas Florian, soutenu par LREM. Un petit séisme après 73 ans d'élections de maires de droite sur les rives de la Garonne.
Dans la capitale nordiste en revanche, la maire sortante PS Martine Aubry a fini par l'emporter d'un cheveu face au candidat vert Stéphane Baly.
D'autres grandes villes - Besançon, Tours, Poitiers, Annecy... - sont tombées dans l'escarcelle des Verts, qui n'étaient jusqu'ici aux commandes que d'une seule ville, Grenoble, et étaient plus habitués à jouer les supplétifs des socialistes que l'inverse. A Grenoble, Eric Piolle (EELV), à la tête d'une large coalition de gauche, a annoncé sa réélection avec plus de 50% des voix.

"Ce qui a gagné, c'est la volonté d'une écologie concrète, en action, qui propose des solutions sur les déplacements, le logement, l'alimentation, comment retisser l'économie locale", s'est réjoui Eric Piolle dimanche soir. La performance des Verts est toutefois "beaucoup moins bonne en dehors ou autour des métropoles", a souligné Emeric Bréhier, directeur de l'Observatoire de la vie politique à la Fondation Jean-Jaurès.

PS et LR confirment leurs points d'ancrage

Le Premier ministre Edouard Philippe sort renforcé après sa confortable réélection dans son fief du Havre, avec près de 59% des voix. Emmanuel Macron l'a félicité pour sa "belle victoire". Les deux têtes de l'exécutif doivent se voir ce lundi. Selon une enquête Harris interactive pour TF1, LCI et RTL dimanche soir, une majorité de Français (55%) souhaite qu'Edouard Philippe reste Premier ministre et ils sont 59% à vouloir des ministres d'EELV dans le gouvernement en cas de remaniement.

A la différence des autres grandes villes, il y avait peu de suspense à Paris. Anne Hidalgo y devance largement ses concurrentes LR Rachida Dati et LREM Agnès Buzyn. Faute de voix suffisantes dans son XVIIe arrondissement, l'ex-ministre de la Santé ne sera même pas conseillère de Paris.

Le Rassemblement national a remporté Perpignan. En battant le maire LR sortant Jean-Marc Pujol, Louis Aliot redonne au parti, qui a également remporté Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) et Moissac (Tarn-et-Garonne), le contrôle de sa première ville de plus de 100.000 habitants depuis 1995 avec Toulon. "Ce n'est pas seulement d'ailleurs une victoire symbolique, c'est un vrai déclic, parce que nous allons aussi pouvoir démontrer que nous sommes capables de gérer de grandes collectivités", s'est réjouie Marine Le Pen.

Le Parti socialiste et Les Républicains comptaient sur ces élections pour se refaire une santé localement. Outre Paris et Lille, le PS a conservé Rennes, Nantes, Le Mans, Clermont-Ferrand, Dijon, Villeurbanne, Bourges… Et a ravi Nancy, où Mathieu Klein (jusqu'ici président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle) l'emporte face au sortant radical Laurent Hénart, Montpellier, avec Mickaël Delafosse qui devance le maire Philippe Saurel et Saint-Denis, fief du PCF, avec Mathieu Hanotin qui l'a emporté face au maire sortant communiste Laurent Russier.

Malgré la forte portée symbolique d'un possible revers à Marseille, Les Républicains ont quant à eux confirmé leur implantation en remportant dès le premier tour bon nombre de villes de plus de 9.000 habitants qu'ils contrôlaient. Les Républicains gardent ainsi Toulouse, où le maire sortant Jean-Luc Moudenc (soutenu par La République en marche) l'emporte. A Nice, le maire sortant Christian Estrosi (Les Républicains) a annoncé sa victoire dans sa ville, et à Aix-en-Provence, la LR Maryse Joissains-Masini a été réélue avec 43,5% des voix. A Lorient, fief du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le candidat divers-droite Fabrice Loher (UDI) l'a emporté avec 35% des voix devant les écologistes, mettant fin à 55 ans de gestion socialiste. Dans les Bouches-du-Rhône, Les Républicains ont arraché la victoire à Gardanne, bastion communiste depuis 1977. Metz est revenue dans le giron de la droite avec le sénateur LR François Grosdidier. On notera aussi les victoires LR de Gaël Perdriau à Saint-Etienne, de Michèle Lutz à Mulhouse, de Crescent Marault à Auxerre ou d'Emile Roger Lombertie à Limoges.

"Ce soir nous éprouvons une déception", a euphémisé la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. "Il y a des endroits où notre propre division interne nous a conduits à des scores extrêmement décevants", a-t-elle convenu, en référence notamment à Lyon où LREM avait dû endurer une candidature dissidente puis avait retiré son investiture à Gérard Collomb après son alliance d'entre-deux-tours. Le patron du parti, Stanislas Guerini, a pour sa part promis qu'"il y aura des milliers, des centaines de maires élus de La République en marche, et de cette génération naîtront les prochains maires", alors que le parti présidentiel avait affiché pour objectif - modeste - de faire élire 10.000 conseillers municipaux. La République en marche avait investi ou soutenu 570 têtes de liste. 74 d'entre elles, généralement des sortants, avaient été réélus dès le premier tour.

"C'est la France de l'abstention qui l'emporte"

Trois mois après un premier tour déjà bouleversé par la crise du coronavirus, ce second round a aussi surtout été marqué par un taux de participation en berne, entre 40% et 41% selon les estimations, contre 62,1% en 2014. Et ce, malgré des précautions sanitaires exceptionnelles (dont le port du masque obligatoire dans les bureaux de vote) et le reflux de l'épidémie.
C'était un peu la chronique d'une désillusion annoncée. Le 1er tour avait déjà été très mauvais sur le plan de la mobilisation électorale avec une abstention record de 55,4%. "Il fallait en finir avec les municipales (...) mais les électeurs n'ont pas été là", a résumé le sondeur Jérôme Jaffré pour qui "c'est le processus électoral lui-même qui a été vicié" dès le départ avec un 1er tour qui n'avait pu être annulé à la veille du confinement. "Le contexte de la crise sanitaire n'est toujours pas estompé pour les électeurs", a souligné le chercheur du Cevipof Bruno Cautrès. Selon un sondage Sopra-steria pour France TV, Radio France, LCP et Public Sénat sur les motivations des électeurs, 43% des personnes interrogées citent le risque d'attraper le Covid-19 comme première raison de leur abstention.

Mais la peur du virus n'est pas seule en cause dans ce désastre civique après une "campagne qui a été la plus longue de la Ve République et qui n'est jamais montée en puissance", selon Frédéric Dabi, le directeur général adjoint de l'Ifop, sur Cnews.  "Il n'y a pas eu de campagne de second tour, pas de possibilités de meeting, pas de possibilités de porte-à-porte, pas de possibilités de contact physique entre les candidats et des électeurs", rappelle Jérôme Jaffré. Avec un second tour décalé de plus de trois mois, "on a eu cette longue période très particulière où le soufflé est un peu retombé", souligne aussi Brice Teinturier, le directeur général délégué de l'institut de sondages Ipsos. Mais il insiste aussi sur l'absence de "dynamique nationale" car "ce n'est pas une élection nationale contre le pouvoir où il s'agit de faire battre des maires sortants affiliés à un pouvoir qui serait impopulaire, comme on l'avait eu en 2014".

A contrario, dans certaines villes très disputées, mais pas toutes, l'abstention a reculé. "On voit aussi des mobilisations très fortes dans des villes où il y a de l'enjeu", comme à Perpignan (52,8%), à Nancy (57,9%, contre 62,9% au premier tour) ou à Bastia (35,9%), insiste Brice Teinturier, qui rappelle que "la moyenne nationale recouvre des différences". "A l'exception des européennes en mai 2019 où on avait vu un regain de participation, on voit s'inscrire progressivement une forme de démocratie de l'abstention en France", élections après élections, avertit Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). "La présidentielle motive toujours, mais les autres élections ont du mal à trouver la motivation des électeurs", ajoute-t-il. Dans le sondage Sopra-steria, 38% des sondés disent ne pas avoir voté car ils pensent que les élections ne changeront rien à leur vie quotidienne, 27% parce qu'aucune liste ou candidat ne leur plaît.

"Encore une fois, c'est la France de l'abstention qui l'emporte", a de même regretté le président du Sénat, Gérard Larcher (LR). Selon lui, "la crise sanitaire ne peut expliquer à elle seule une si faible participation". "Le mal est plus profond et plus ancien. Crise après crise, notre pays se fracture, la défiance s'installe. Il nous appartient de recréer la confiance", a-t-il affirmé dans un communiqué. "C'est en réalité la crise du manque de résultats que nous vivons. Les Français réclament moins de discours, moins de bureaucratie, plus de proximité. À nous de comprendre le message qui nous est adressé ce soir, au-delà même des enjeux municipaux", a poursuivi le président du Sénat. "C'est l'échec d'une politique de centralisation du pouvoir, alors que les Français aspirent à plus de liberté, plus de décentralisation, plus de déconcentration. Cette élection a également montré à quel point la préoccupation écologique est devenue centrale, même si la préservation de l'environnement dépasse très largement les frontières des partis", a-t-il dit également.

Les conseillers municipaux élus doivent maintenant se réunir, entre vendredi 3 et dimanche 5 juillet, pour élire les maires et leurs adjoints.

D'une région à l'autre...


Ile-de-France   


Des bastions communistes historiques qui basculent en Seine-Saint-Denis, le Rassemblement national éliminé de son unique fief de la région parisienne et la fin de la gestion Dassault dans un contexte d'abstention record : panorama du second tour des municipales dans la première région de France.

En Seine-Saint-Denis, département emblématique de la banlieue rouge, le parti communiste a accusé un nouveau recul avec la perte de deux fiefs historiques. 
A Saint-Denis, communiste depuis la Libération et plus grande ville encore dirigée par le PCF (111.000 habitants), le socialiste Mathieu Hanotin l'a emporté avec 59,04% des voix, loin devant le maire sortant communiste Laurent Russier (40,95%).
Aubervilliers a elle basculé à droite avec la victoire de Karine Franclet (44,54%), à la tête d'une liste UDI, également soutenue par LR. Seule consolation pour les communistes, la reconquête de la ville préfecture Bobigny, après un mandat de l'UDI, marqué par les affaires.
L'UDI de Jean-Christophe Lagarde, qui a fait de la Seine-Saint-Denis son fief, connaît lui aussi un important recul avec, outre Bobigny, la perte de Noisy-le-Sec et de Saint-Ouen, gagnée par le PS Karim Bouamrane.
Parmi les surprises de la soirée dans le 93: la défaite de la maire sortante socialiste Sylvine Thomassin, qui échoue de 64 voix derrière le candidat de droite Stephen Hervé.
Dans le Val-de-Marne, dernier département dirigé par les communistes, quatre villes sur les dix du parti centenaire basculent dont Villeneuve-Saint-Georges et Champigny.
A noter toutefois qu'Ivry-sur-Seine, dans le giron du Parti communiste depuis près d'un siècle, demeure communiste avec une liste qui s'est imposée avec plus de 65% des suffrages.
A Créteil, ville-préfecture, le socialiste Laurent Cathala est lui aussi largement réélu à un huitième mandat.
Dans les Hauts-de-Seine, élection facile à Levallois d'Agnès Pottier-Dumas soutenue par les Balkany. Mais aussi, à Rueil-Malmaison, où l'ex-ministre Patrick Ollier a été largement élu.
Dans les Yvelines, l'élection la plus marquante est celle de Mantes-la-Ville, unique ville dirigée par le Rassemblement national qui bascule au centre avec à sa tête un novice en politique, Sam Damergy. 
Autre fait marquant, le maire PS sortant de Trappes, à la tête de la ville depuis 2001, Guy Malandain, est battu par son ex-adjoint à la jeunesse Ali Rabeh.
Dans l'Essonne, Bruno Piriou et sa liste d'union des gauches met un terme à 25 ans de gestion du clan Dassault à Corbeil-Essonnes, grâce à sa victoire face à Jean-Pierre Bechter, maire sortant et ex-bras droit de l'industriel décédé en mai 2018.
Une page se tourne aussi à Sarcelles (Val-d'Oise) où le maire sortant Patrick Haddad (PS) l'emporte avec un score sans appel (57,85 %) face au député François Pupponi (DVG), qui avait dirigé la ville pendant 20 ans avant de laisser sa place en 2017, en vertu de la loi sur le non-cumul des mandats. 


Provence-Alpes-Côte-d'Azur


Un casse-tête à Marseille, du changement à Arles ou Gardanne, des sortants solidement implantés réélus à Nice ou Aix-en-Provence, plusieurs paris ratés pour le RN, à Carpentras, Puget-sur-Argens ou Menton : en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, le second tour des municipales a réservé son lot de surprises.

Le coup de tonnerre de la soirée est venu de Marseille: même si elle ne dispose que d'une majorité relative et que la droite est encore loin de s'avouer vaincue, Michèle Rubirola, tête de liste écologiste d'une union de la gauche baptisée le Printemps marseillais, a gagné son pari, en finissant largement devant la candidate LR Martine Vassal sur l'ensemble de la ville.
Cruelle défaite pour l'héritière de Jean-Claude Gaudin, qui a même fini derrière la candidate du Printemps marseillais Olivia Fortin dans son secteur de la ville, là où son mentor était régulièrement élu dès le premier tour.
Sur l'ensemble de la deuxième ville de France, Mme Rubirola finit avec 38,3% des voix, huit points devant Mme Vassal, et 42 sièges de conseillers municipaux sur 101, au terme d'un scrutin marqué par un taux d'abstention de 64,75% et d'une campagne plombée par les soupçons de fraude aux procurations côté LR.
Autre surprise marseillaise, la défaite du sénateur RN Stéphane Ravier dans son secteur, où le Printemps marseillais s'était retiré pour lui faire barrage. Alors que le RN espérait peut-être remporter un deuxième secteur, il a finalement perdu le seul qu'il contrôlait depuis 2014 (49,02%, contre 50,98% au candidat LR David Galtier).
Dans la région, la gauche a par ailleurs conservé la mairie d'Avignon, où la socialiste Cécile Helle a été réélue, et Carpentras, où le candidat adoubé par le RN, l'ex-numéro deux de l'armée de terre, le général Bertrand de la Chesnaie, a perdu face au maire sortant divers gauche Serge Andrieu.
Mais la gauche a aussi perdu plusieurs de ses bastions historiques: à Arles, l'ex-patron de France Télévisions Patrick de Carolis, qui avait enregistré entre les deux tours le soutien du candidat LR, a mis fin à 19 ans de communisme en l'emportant largement face à Nicolas Koukas, l'héritier du maire sortant;  à Gardanne, communiste depuis 1977, le Républicain Hervé Granier a devancé le candidat PCF Claude Jorda; à la Seyne-sur-Mer enfin, le maire sortant Marc Vuillemot (PS) a été battu par Nathalie Bicais, à la tête d'une liste de droite.   
A Valbonne enfin, c'est même la seule commune qu'il dirigeait dans les Alpes-Maritimes que le PS a perdue, avec la victoire d'une liste apolitique mené par Joseph Cesaro, une claque pour le sénateur PS et ancien maire Marc Daunis qui paye aussi sa division avec celui qu'il avait placé pour lui succéder, Christophe Etoré. 
Côté LR, si les résultats de Marseille sont une déception, le parti a pu conserver ses bastions de Nice, où Christian Estrosi a sans surprise été réélu, comme Maryse Joissains-Masini à Aix-en-Provence. Pourtant condamnée à une peine d'inéligibilité en mai 2019, cette dernière avait pu se présenter grâce à une décision de la Cour de cassation en février dernier qui, tout en maintenant la décision de culpabilité prononcée contre l'élue, avait cassé en février dernier sa peine.
Et, à l'image de la défaite de Stéphane Ravier à Marseille, le RN a encaissé plusieurs revers dimanche en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, à Puget-sur-Argens, près de Fréjus (Var), à Tarascon (Bouches-du-Rhône), où le parti était déchiré entre deux candidats, ou encore à Menton (Alpes-Maritimes), où Olivier Bettati, proche du RN, a échoué face au maire sortant Jean-Claude Guibal.
Toujours à l'extrême droite, mais à la Ligue du Sud, la famille Bompard a vécu, elle, un dimanche soir contrasté dans le Vaucluse: si Jacques Bompard a été confortablement réélu à Orange, son épouse Marie-Claude n'a en revanche pas pu se faire réélire à Bollène.


Hauts-de-France


Un 4e mandat arraché sur le fil : Martine Aubry rempile à Lille pour 227 voix devant l'écologiste Stéphane Baly, événement majeur dans les Hauts-de-France où le RN a aussi légèrement renforcé son implantation dans l'ex-bassin minier en conquérant Bruay-la-Buissière.    

Face au conseiller municipal de sa propre majorité, Mme Aubry, donnée perdante dans les premières estimations, a longtemps tremblé dans un coude-à-coude qui a laissé loin derrière la macroniste Violette Spillebout, son ex-directrice de cabinet (20,59%).
Les derniers bureaux de vote, notamment ceux de la commune associée de Lomme, ont finalement donné l'avantage à l'ancienne ministre emblématique de la gauche plurielle. Elle l'emporte avec un peu moins de 40% des suffrages - soit une différence infime de 227 voix - sur fond d'abstention record. 
Ses premières déclarations dans la salle principale du beffroi oscillaient entre "immense tristesse" au vu des scores de l'abstention et "immense bonheur" après sa réélection. 
A 68 ans, Mme Aubry dit aussi avoir "entendu le message" sur "la nécessité de la transition écologique", que son adversaire a ainsi traduit: "Le vent du changement a soufflé, il est puissant, il ne s'arrêtera pas". 
Deux autres grandes villes de la métropole lilloise ont confirmé les sortants. 
A Roubaix, très largement en tête au premier tour (41,9%) devant une gauche en ordre dispersé, Guillaume Delbar (DVD) l'a emporté au second, mais dans des proportions plus fines, avec 56,21%, face à Karim Amrouni. Le divers gauche Gérard Caudron, maire de 1977 à 2001, puis de 2008 à 2020, rempile à Villeneuve-d'Ascq avec 51,09% lors d'une triangulaire.
Dans une autre triangulaire, à Amiens, la centriste Brigitte Fouré soutenue par LREM reprend elle aussi du service avec 45,79%, devant le candidat d'union de la gauche Julien Pradat (35,95%).
 Le RN, qui avait manqué son rendez-vous du premier tour dans plusieurs villes de son fief de l'ex-bassin minier (Lens, Liévin, Denain), peut cette fois se targuer d'une belle prise dans ce secteur, où le jeune député et conseiller régional Ludovic Pajot (26 ans) s'empare de Bruay-la-Buissière (22.000 habitants). La gauche s'était lancée dans la bataille en ordre dispersé, le RN finit avec 52% des voix. 
 Après Hénin-Beaumont, où Steeve Briois, élu depuis 2014, avait été reconduit triomphalement le 15 mars (74,3%), le RN espérait un triplé dans cette région. Mais Marles-les-Mines (5.600 habitants) reste à gauche (47,37%), malgré sa désunion, alors que le parti de Marine Le Pen (45,13%) avait bénéficié du ralliement d'une liste apolitique ayant recueilli 14,4% au premier tour.
 

Normandie


En Normandie, le deuxième tour des élections municipales n'a pas donné lieu dimanche à des surprises ou à des scrutins serrés, Edouard Philippe l'emportant au Havre et Rouen restant à gauche. 

Edouard Philippe, dont l'avenir à Matignon est en suspens, a remporté une "nette" victoire avec 58,93% des voix dans cette ville portuaire où la contestation sociale est forte. Son adversaire Jean-Paul Lecoq a fait part de sa "déception" et regretté le taux d'abstention élevé (58%).
Dans l'autre grande ville de Seine-maritime, Rouen, il n'y a pas eu de changement de donne politique. Le socialiste Nicolas Mayer-Rossignol, qui avait trouvé un accord avec l'écologiste Jean-Michel Bérégovoy pour le deuxième tour de l'élection municipale, a été facilement élu avec plus de 67% des voix, loin devant son adversaire Jean-François Bures (divers droite, 33%). 
M. Mayer-Rossignol, 43 ans, succède au socialiste Yvon Robert (PS), 70 ans, qui ne se représentait pas. 
Dans la troisième ville la plus peuplée de Normandie, Caen, il n'y pas eu de second tour, puisque le maire sortant LR, soutenu par LREM, Joël Bruneau avait obtenu la majorité absolue (50,79%) lors du premier tour. 
Dans le Cotentin, à Cherbourg, le socialiste Benoît Arrivé, 45 ans, a été facilement réélu avec plus de 46% des voix à l'occasion d'une quadrangulaire. 
L'ancien Premier ministre et maire de Cherbourg Bernard Cazeneuve a salué cette victoire. "La gauche municipale a été reconnue pour son sérieux et son bilan au service de la ville", a-t-il écrit sur twitter. A noter que la députée Sonia Krimi (LREM) n'a fait que 8,71%. 
A Evreux, Guy Lefrand (LR) est sorti victorieux d'une triangulaire et garde son fauteuil de maire. Il a obtenu près de 51% des votes, devant le chef de file de la liste de gauche Timour Veyri (37%) et du candidat du parti présidentiel Guillaume Rouger (12%). M. Lefrand était arrivé largement en tête en mars avec 42% des suffrages.  
Une quadrangulaire avait lieu à Alençon. C'est le député PS Joaquim Pueyo, 70 ans, qui l'a remporté assez nettement avec plus de 42% des voix et succède à Emmanuel Darcissac (LREM), arrivé en 3e position avec moins de 20% des voix, derrière Sophie Douvry (LR, 25%). Elu en 2008 et en 2014, Joaquim Puyo avait cédé son fauteuil de maire à son premier adjoint Emmanuel Darcissac en juillet
2017 après avoir été réélu député de l'Orne, en vertu de la loi sur le cumul des mandats. 


Auvergne-Rhône-Alpes


Les écologistes ont remporté dimanche une victoire sans bavure dans nombre de grandes villes d'Auvergne-Rhône-Alpes, avec un spectaculaire doublé à Lyon où ils gagnent la ville et la métropole.

Les Verts s'imposent d'un cheveu dans la bourgeoise Annecy, confirment nettement à Grenoble, qui était jusqu'ici la seule grande ville qu'ils contrôlaient, mais aussi, de manière plus inattendue, triomphent dans des communes populaires de la banlieue lyonnaise, comme Saint-Fons ou Givors.
Dans la deuxième agglomération de France, la netteté de la victoire des Verts a surpris tout le monde: ceux-ci n'auront pas besoin de nouer d'alliances pour gouverner, tant au conseil municipal qu'au conseil métropolitain.
Les Verts "vont devoir maintenant être à la hauteur de l'enthousiasme qu'ils ont suscité", a estimé le maire sortant Gérard Collomb.
A Annecy, le candidat écolo François Astorg l'a emporté avec 27 voix d'avance sur un maire bien implanté, Jean-Luc Rigaut, qui briguait un troisième mandat. Il y a six ans, pour sa première tentative, il n'avait obtenu que 10% des voix.
Comme ailleurs en France, la vague verte a été amplifiée par la très faible participation. A Vaulx-en-Velin, ville où l'on vote traditionnellement très peu, l'abstention a ainsi frôlé les 76%.
Les Républicains, qui avaient fait le plein au premier tour grâce à l'implantation de leurs sortants, ont confirmé à Saint-Etienne où Gaël Perdriau a été réélu. Ils emportent aussi le bastion socialiste de Bron, en banlieue lyonnaise.
A Moulins, avec 48,14% des voix, leur représentant, l'ancien ministre et inamovible maire sortant Pierre-André Périssol s'est imposé à la faveur d'une triangulaire.
La droite enregistre d'autres victoires dans la Drôme, avec celles de Marie-Hélène Thoraval à Romans-sur-Isère ou de Hervé Mariton. A Montélimar, Julien Cornillet, fils de l'ancien maire dans les années 80 et 90, a battu le sortant radical Franck Reynier.
A Chamalières, en banlieue de Clermont-Ferrand, Louis Giscard d'Estaing est réélu à l'issue d'une triangulaire.
Le PS peut se féliciter de son côté d'avoir repris Chambéry, où la liste menée par l'ancien ministre Thierry Repentin s'est imposée après avoir fusionné avec les Verts.
Le PS a aussi conservé son bastion de Clermont-Ferrand, socialiste depuis 75 ans, où Olivier Bianchi a remporté une facile victoire malgré l'alliance inattendue de la droite et du centre, ainsi qu'Aurillac, une autre de ses places fortes.
A Villeurbanne, Cédric Van Styvendael, à la tête d'une liste d'union de la gauche et des écologistes, a repris le flambeau laissé par l'inamovible maire socialiste Jean-Paul Bret. La gauche conserve aussi Annonay, la principale ville d'Ardèche.
Le Parti communiste a vu son implantation dans les anciennes "ceintures rouges" continuer à s'effilocher: il perd ainsi Firminy (Loire), Givors (Rhône) et Fontaine (Isère), mais conserve Vénissieux (Rhône) et Echirolles (Isère). Un militant communiste soutenu par les Verts a remporté toutefois l'industrieuse Rive-de-Giers détenue par la droite depuis 25 ans.
Le Rassemblement national, qui avait déjà subi nombre de déconvenues au premier tour, a bu le calice jusqu'à la lie. Son candidat Antoine Mellies a échoué à s'emparer de Givors, alors que l'existence d'une quadrangulaire lui laissait quelque espoir.


Occitanie


L'Occitanie en a vu de toutes les couleurs dimanche, au terme des élections municipales: Perpignan est tombée aux mains de Louis Aliot (RN), Toulouse est restée à droite en résistant à la vague verte mais Montpellier demeure ancrée à gauche.

"C'est un système qui s'écroule", s'est félicité à Perpignan le député RN après sa victoire (53%) face au maire LR Jean-Marc Pujol, 71 ans, en poste depuis 2009. Soutenu par un fragile "front républicain", il n'a, contrairement à 2014, pas su mobiliser face à un candidat d'extrême droite qui s'était appliqué à policer son discours et rassurer au delà de son parti. 
"Nous avons eu à Perpignan le même personnel politique aux manettes depuis 1959. Ca devenait malsain", a ajouté M. Aliot, 50 ans, en référence à la droite républicaine qui dirigeait depuis le début de la Vème république la cité catalane, une des villes les plus pauvres de France 
"Le pire s’installe aux commandes de notre ville", a réagi l'écologiste Agnès Langevine, 3e en mars, qui s'était désistée, comme Romain Grau (LREM, arrivé 4ème), camarade de promotion d'Emmanuel Macron à l'ENA et ancien adjoint du maire sortant. 
Perpignan était dans la ligne de mire des lepénistes depuis plus d'un quart de siècle et, à sa quatrième tentative, l'ancien directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen et ex-compagnon de sa fille Marine a finalement gagné son pari. 
Dans la capitale régionale Toulouse, un autre maire LR, Jean-Luc Moudenc, 59 ans, a pour sa part résisté (52%) à la vague verte qui a submergé Lyon et Strasbourg notamment. 
"Macron-compatible" et proche du Premier ministre Edouard Philippe, il a fait un score décevant au premier tour (36%) mais est allé chercher une après l'autre les voix, notamment chez les seniors. Droitisant sa campagne face au péril supposé de "gilets rouges" au Capitole, il a bénéficié d'un sursaut de participation, à 44,86% contre 36,66% en mars.
A la tête de la quatrième ville de France, ce président de France Urbaine, organisation rassemblant les grandes villes de France, a également mis en avant sa gestion de la crise du Covid et rassuré les milieux économiques inquiets des répercussions de la crise sanitaire mondiale dans la "capitale" de l'aéronautique française.
Face à lui, Antoine Maurice, un écologiste de 39 ans, encore inconnu il y a quelques mois, avait pourtant réussi à fédérer la quasi-totalité de la gauche toulousaine, des insoumis aux socialistes en passant par les communistes. 
Mais si elle a le coeur souvent à gauche dans les scrutin nationaux, la ville vote au centre-droit depuis un demi-siècle, à l'exception d'une parenthèse socialiste (2008-14).Union de la gauche réussie par contre dans la deuxième ville d'Occitanie, Montpellier, où le socialiste Mickaël Delafosse, 43 ans, engagé eu PS depuis l'âge de 16 ans et soutenu par les écologistes et la France insoumise, devance le maire sortant DVG Philippe Saurel. Cette élection a souvent été qualifiée de scrutin le plus fou de France avec un record de 14 listes au premier tour et de multiples rebondissements.
Ailleurs dans cette vaste région, l'ancienne cité minière de Carmaux (Tarn), fief de Jean Jaurès, aura pour la première fois en 128 ans un maire non socialiste. 
En 1892, Jean-Baptiste Calvignac, ouvrier ajusteur aux ateliers de la mine était devenu le premier édile socialiste de Carmaux. Mais dimanche, le divers gauche Jean-Louis Bousquet a été élu face à un candidat PS pourtant soutenu par les Insoumis et les écologistes.
Et à Moissac (Tarn-et-Garonne), Romain Lopez, ancien attaché parlementaire de Marion Maréchal et soutenu par le RN, a obtenu une large victoire (plus de 62%) dans une localité historiquement ancrée à gauche mais divisée par la présence de saisonniers roms bulgares. 


Nouvelle-Aquitaine


La Nouvelle-Aquitaine a connu dimanche une déflagration avec la "victoire historique" de l'écologiste Pierre Hurmic à Bordeaux, ville à droite depuis 73 ans, alors qu'émergent ailleurs de nombreuses nouvelles têtes, souvent féminines.

Bordeaux, fief de la droite longtemps dominée par les figures tutélaires de Jacques Chaban-Delmas et Alain Juppé, a été remporté par M. Hurmic face à Nicolas Florian (LR), malgré l'alliance de second tour LR-LREM.
"C'est une victoire historique, j'ai toujours pensé que les Bordelais étaient mûrs pour l'écologie", a assuré le nouvel élu.
Deux fois malheureux à l'élection présidentielle, le candidat d'extrême gauche Philippe Poutou (NPA) remporte à 53 ans son premier mandat politique et devient conseiller municipal de la capitale girondine.
Dans la région, le scrutin est également marqué par l'élection, pour la première fois, de femmes à la tête de ses préfectures.
Léonore Moncond'huy (EELV), 30 ans, alliée au Parti communiste et des petits partis de gauche, a détrôné à Poitiers le socialiste Alain Claeys, 71 ans, qui tentait un troisième mandat.
La victoire de la jeune femme, déjà conseillère régionale, met aussi un terme à 43 ans de gestion socialiste -- associés aux communistes -- sur la capitale poitevine.
A Périgueux, Delphine Labails (PS), soutenue par la gauche, les écologistes et le Parti communiste, qui avait déjà été première adjointe de la ville de 2008 à 2014, ravit le poste au LR Antoine Audi.
A Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), Maider Arosteguy (LR), 56 ans, conseillère municipale d'opposition depuis 2008, succède à Michel Veunac (MoDem) qui n'avait été placé que 5e au premier tour.
A Guéret, c'est une novice en politique qui remporte la mise, Marie-Françoise Fournier, 62 ans. Cette jeune retraitée issue du social menait une liste sans étiquette ni expérience d'élus, une fraîcheur dont elle a fait un étendard.
Au chapitre des réélections attendues figurent le maire de Pau et patron du MoDem François Bayrou et le maire LR de Limoges Emile Roger Lombertie.
Plus incertain, le scrutin conforte néanmoins des sortants, à Bayonne pour Jean-René Etchegaray (UDI) et à La Rochelle (Charente-Maritime) pour le DVG et ex-socialiste Jean-François Fountaine.
Enfin, autre coup de tonnerre à plus petite échelle, le plus vieux maire de France Marcel Berthomé, candidat à Saint-Seurin-sur-l'Isle (Gironde) pour la dixième fois -- il avait été élu en 1971 -- a été battu là aussi par une femme, Eveline Lavaure-Cardona (SE).


Grand Est


Dans le Grand Est, Strasbourg a brillamment contribué dimanche à la vague verte écologiste qui a touché de grandes villes françaises tandis qu'à Nancy, la gauche a mis fin à 73 ans de règne de la droite modérée au soir du second tour des municipales.

Avec 41,71% des suffrages, la candidate écologiste Jeanne Barseghian a balayé ses adversaires dans la capitale alsacienne, au terme d'un scrutin marqué par une abstention à un niveau sans précédent dans la région.
Le LREM Alain Fontanel, dauphin du maire socialiste sortant Roland Ries qui ne se représentait pas, a pointé loin derrière (34,96%), douchant l'un des rares espoirs du parti présidentiel de s'emparer d'une grande ville. Quant à la socialiste et ancienne maire de Strasbourg Catherine Trautmann, elle a confirmé son bon score du premier tour mais sans parvenir, et de loin, à renverser la table (23,33%).
La victoire de Jeanne Barseghian était d'autant moins acquise que même largement en tête du premier tour, elle avait échoué à s'allier avec Catherine Trautmann. A l'inverse, Alain Fontanel et le LR Jean-Philippe Vetter avaient pris tout le monde de court en fusionnant in extremis leurs listes, ce qui semblait leur ouvrir un boulevard.
A Nancy, le socialiste Mathieu Klein a mis fin à plus de 70 ans de règne de la droite modérée, s'emparant de la mairie après avoir fusionné sa liste avec celle de l'écologiste Laurent Watrin.
Déjà devancé le 15 mars, le maire sortant Laurent Hénart (MR) tablait sur sa gestion de la crise du Covid-19 pour remonter la pente, en vain donc.
La maire sortante de Mulhouse, Michèle Lutz (38,60% des suffrages) se succèdera en revanche à elle-même dans cette métropole du Haut-Rhin, symbole de l'épidémie du Covid qui l'a frappée de plein fouet.
L'abstention, qui avait frôlé 74% au premier tour s'est encore accrue au second tour pour dépasser 75%. Mais "la légitimité c'est quand même exprimée", a avancé prudemment la maire sortante dimanche soir. Celle-ci se représentait aux côtés de son premier adjoint Jean Rottner, président du Grand Est, tous deux étant particulièrement actifs et médiatisés pendant la crise du coronavirus.
A Colmar, la préfecture du Haut-Rhin, LR succède à LR avec la victoire du député Eric Straumann, arrivé en tête le 15 mars et élu haut la main avec 63,89% des voix face à l'écologiste Frédéric Hilbert. Son rival de toujours, Gilbert Meyer (LR) avait jeté l'éponge après cinq mandats, renonçant au dernier moment à déposer sa liste pour le second tour.
A Metz, le sénateur LR François Grosdidier a remporté une très courte victoire (45,13%) avec moins de 200 voix d'avance sur l'écologiste Xavier Bouvet (44,24%). Il succèdera au maire sortant PS, Dominique Gros, qui ne se représentait pas.
L'élection avait été pliée dès le premier tour à Troyes où François Baroin, président de l'Association des maires de France, a été réélu dans un fauteuil en raflant deux tiers des suffrages.
Même score pour le maire sortant de Reims, le LR Arnaud Robinet.
L'unique satisfaction du RN dans la région sera d'avoir conservé la seule mairie qu'il y détenait avec Fabien Engelmann (63,14%) réélu le 15 mars à Hayange (16.000 habitants).
En revanche, l'ancien bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot (Les Patriotes) avait tout juste échoué sous la barre des 10% à Forbach.


Bretagne


La gauche a arraché plusieurs villes à la droite dimanche en Bretagne au second tour des municipales et conforté ses positions à Rennes et à Brest, un succès cependant terni par la chute du bastion socialiste de Lorient. 

Dans la capitale bretonne, Rennes, dirigée par les socialistes depuis 1977, la maire sortante Nathalie Appéré, alliée à l'écologiste Matthieu Theurier (25,59% au premier tour), l'emporte facilement pour un deuxième mandat avec 65,35% des voix, sur fond d'abstention massive (68,32%). 
La candidate LREM Carole Gandon arrive 2e avec 17,49%, suivie du candidat divers droite Charles Compagnon avec 17,15%.
"Notre ville est aujourd'hui à l'avant-poste, au niveau national, d'une force sociale-écologiste sur laquelle il faudra compter dans les prochaines années", s'est réjouie Mme Appéré, saluant les victoires "de la gauche bretonne à Brest, Quimper, Morlaix et Saint-Brieuc".
A Brest, bastion de la gauche depuis 30 ans, le maire socialiste François Cuillandre, 65 ans, qui briguait un 4e mandat, est lui aussi réélu avec 49,69% des voix, après son alliance avec l'écologiste Ronan Pichon (15,73% au premier tour). L'ancienne préfète Bernadette Malgorn (divers droite) arrive deuxième avec 36,41%, devant Marc Coatanea, passé du PS à LREM, qui ne récolte que 13,89%.
A Saint-Brieuc, où la majorité municipale était partie en ordre dispersé au premier tour, c'est la liste d'Hervé Guihard (PS-PCF-EELV) qui remporte la victoire (55,06%) dans cette ville tenue par la droite depuis 2001. La maire sortante Marie-Claire Dourion (UDI) ne se représentait pas.
A Quimper, le maire sortant Ludovic Jolivet (Agir, centre droit), candidat à un deuxième mandat, ne recueille que 39,53% des voix, nettement devancé par la conseillère départementale socialiste Isabelle Assih à la tête d'une liste d'union PS-PCF-PRG, qui obtient 51,24% des voix.
A Morlaix, la gauche renoue avec la victoire dans la ville de l'ancienne ministre socialiste Marylise Lebranchu: Jean-Paul Vermot (PS-EELV) l'emporte avec 54,95% des voix contre la maire sortante Agnès Le Brun (divers droite) qui sollicitait un 3e mandat. 
A contre-courant de cette tendance régionale, Lorient passe à droite après plus de 55 ans dans l'escarcelle socialiste. Le candidat divers droite Fabrice Loher a remporté une victoire surprise, à la faveur d'une quadrangualaire, dans le fief du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, dirigé par les socialistes depuis 1965.
Chef de l'opposition au conseil municipal, M. Loher est arrivé en tête avec 35,34% des voix, passant devant le candidat écologiste Damien Girard (32,83%), arrivé en tête au premier tour avec une liste PS-PCF-EELV. La gauche était divisée, le maire sortant Norbert Métairie (PS), qui ne se représentait pas, soutenant son adjoint à l'urbanisme Bruno Blanchard (DVG), arrivé troisième (19,55%). 
L'adjoint à l'Environnement Laurent Tonnerre (LREM) arrive quatrième (12,27%) malgré le soutien de Jean-Yves Le Drian, maire de Lorient de 1981 à 1998. 


Pays de la Loire


Dans les Pays de la Loire, les électeurs ont boudé le scrutin mais donné une prime aux sortants, en confiant un deuxième mandat à Johanna Rolland (PS) à Nantes, Stéphane Le Foll (PS) au Mans, et dès le premier tour à Christophe Béchu, proche de LREM, à Angers. Mais ce second tour des élections municipales a été marqué par une abstention record, notamment au Mans (73%), à Nantes (71,42%), à Saint-Nazaire (68,62%), dans les départements de la Sarthe (68%) et de Loire-Atlantique (64,36%). 

Johanna Rolland, 41 ans, qui avait été élue maire de Nantes il y a six ans dans une ville tenue par l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault pendant deux décennies, repart pour un second mandat avec 59,67% des voix. Elle améliore son score de 2014, où elle avait obtenu 56,21%.
Après un premier tour mettant en concurrence six femmes, toutes âgées de moins de 50 ans, Johanna Rolland a fait alliance, comme en 2014, avec la tête de liste écologiste. Les voix de la droite et du centre se sont partagées entre la candidate LR Laurence Garnier (27,61%) et la députée LREM Valérie Oppelt (12,71%).
"Partout dans le pays monte une aspiration à un changement de modèle qui protège les femmes et les hommes", "un modèle social-écologique", a réagi Mme Rolland.
L'ancien ministre de l'Agriculture de François Hollande, Stéphane Le Foll, est réélu au Mans malgré la candidature de la socialiste dissidente Mariette Karamanli. Le maire sortant l'a emporté dimanche avec 63,14% des voix. 
Continuité aussi à Saint-Nazaire, où le maire sortant PS David Samzun a obtenu 57,15% des voix et rempile pour un nouveau mandat. 
M. Samzun, qui n'était pas soutenu par le PS pour cette élection, faisait face à deux de ses anciennes adjointes, Pascale Hameau (EELV, tête de liste) et Gaëlle Bénizé-Thual (divers gauche) qui avaient fait alliance après le premier tour et ont obtenu 42,84% des suffrages.
A La Roche-sur-Yon, c'est aussi le scénario du second mandat, mais à droite, pour Luc Bouard avait fait basculer il y a six ans la préfecture vendéenne, socialiste depuis 1977.
Luc Bouard, qui a affirmé durant sa campagne 2020 être soutenu par LR et LREM, a remporté 52,28% des suffrages face à la liste de gauche conduite par Stéphane Ibarra (47,71%), qui avait fait alliance avec deux autres candidats qualifiés au second tour: Martine Chantecaille (EELV) et Nicolas Hélary (liste citoyenne). En 2014, M. Bouard l'avait emporté avec 53,89% des voix.
A Laval, où le maire sortant UDI François Zocchetto ne se représentait pas, après des accusations de "violences sexuelles et sexistes", c'est un nouveau venu qui s'impose, Florian Bercault (DVG), par 53,83% des voix. Ce jeune chef d'entreprise de 30 ans briguait pour la première fois un fauteuil de maire.
A Angers, le maire ex-LR Christophe Béchu, investi par LREM, qui a ravi la ville au PS en 2014, avait lui été réélu dès le 1er tour, avec 57,82% des voix.
Dans la station balnéaire de La Baule, le prochain maire sera Franck Louvrier, l'ex-conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, élu avec 48% des voix.


Centre-Val de Loire


Les écologistes ont confirmé leur percée à Tours, avec la prise de pouvoir d'Emmanuel Denis (EELV), alors qu'Orléans retrouve une tête connue, Serge Grouard (LR), dimanche à l'issue du second tour des élections municipales.

Les trois plus grandes villes de la région ont donc toutes changé de maire, puisque Bourges est repassé à gauche avec l'élection du socialiste Yann Galut.
A Tours, Emmanuel Denis, déjà en tête avec 35,5% lors du premier tour, a confirmé la tendance trois mois plus tard, malgré une très forte abstention (66,04%). Il a été élu avec 54,77% des voix, loin devant le sortant Christophe Bouchet (UDI-LR), crédité de 45,23%.
L'ancien conseiller municipal d'opposition, aux méthodes parfois originales (il s'était notamment déguisé en Trump en 2017 pour promouvoir l'écologie sur la plus grande place de Tours), s'est engagé à faire de Tours une ville "zéro carbone" avec la promesse de planter 30.000 arbres, de créer des forêts urbaines et de faire la part belle au vélo.
"C'est le résultat d'un travail de longue haleine débuté il y a trois ans. On a essayé d'inventer une nouvelle manière de faire de la politique", a estimé celui qui avait rassemblé la gauche dès le premier scrutin.
"Je suis très heureux aussi de faire partie de cette vague verte. Si nous avons un grand réseau de villes écologistes, on aurait l'espoir de pouvoir changer les choses au niveau national", a-t-il aussi lancé.
Dans la capitale régionale, au terme d'une campagne à couteaux tirés avec son ancien adjoint, ami et maire sortant Olivier Carré, Serge Grouard (LR) a été réélu pour un quatrième mandat consécutif à la mairie d'Orléans. 
Celui qui avait pris le pouvoir en 2001, pour ne le lâcher qu'en 2015 pour raison de santé, reprend donc son siège (40,29% des voix) avec un programme axé sur la sécurité et la santé, dans une ville frappée par la désertification médicale.
Le candidat EELV-divers gauche Jean-Philippe Grand (31,72%) et le sortant Olivier Carré (27,98%) sont arrivés bien plus loin, dans un scrutin, marqué, comme à Tours par une forte abstention (63,59%).
"Je suis très touché. Je ne suis pas excessivement démonstratif, mais cette victoire-là est particulière. Il y a quelques années, je n'aurais pas pensé être là, avec vous", a lancé M. Grouard, en référence à ses ennuis de santé. 
A Bourges, l'ancien député socialiste Yann Galut, qui avait rassemblé les deux listes de gauche entre les deux tours, a été largement élu avec 54,95%, malgré la fusion des deux listes de centre-droit entre Philippe Mousny et le sortant Pascal Blanc.
Déjà en tête à l'issue du premier tour, le candidat soutenu par l'ensemble de la gauche a ramené la préfecture du Cher dans le giron de la gauche. 
Dirigée par les communistes de 1977 à 1995, elle avait basculé à droite avec Serge Lepeltier, pour rester au centre-droit les 25 années suivantes.
 

Bourgogne-Franche-Comté


La vague verte a englouti dimanche Besançon, grâce à une large union de la gauche, tandis que le PS conserve Dijon, exemple de la résilience du socialisme municipal, avec un quatrième mandat à l'ancien ministre de François Hollande, François Rebsamen.

"Je suis la première maire femme, écologiste, de Besançon et j'en suis extrêmement fière", a déclaré Anne Vignot, qui menait une liste EELV, PS, PCF, Génération.s dans laquelle ne manquait à gauche que la France Insoumise.
Anne Vignot conquiert cette ville de centre-gauche depuis près de 70 ans avec 43,83% des suffrages, devançant d'une courte tête le candidat LR Ludovic Fagaut (41,61%). Le député LREM Eric Alauzet termine troisième avec 14,55%.
L'union gauche-Verts a également permis d'emporter Lons-le-Saunier, qui bascule à gauche après avoir été dirigé pendant plus de trente ans par l'ancien président de l'Association des maires de France, Jacques Pélissard (DVD, ex-UMP). Le candidat PS-PCF-EELV Jean-Yves Ravier l'a emporté devant le candidat soutenu par le maire sortant Christophe Bois (Agir-LREM).
A Dijon en revanche, l'impossible entente entre François Rebsamen et son adjointe écologiste Stéphanie Modde a coûté cher aux Verts: Mme Modde n'arrive qu'en troisième et dernière position de la triangulaire, avec moins de 22%, derrière LR (34,85%) et surtout François Rebsamen (43,52%).
"Le PS a de l'avenir", a assuré l'ancien numéro deux du Parti socialiste et ex-ministre de François Hollande, regrettant cependant le faible taux de participation (moins de 39% à Dijon).
"La crise sanitaire a pesé lourd", a-t-il estimé. "Je note d'ailleurs que le ministère de l'Intérieur n'a diffusé aucun message d'information et d'appel au vote sur les élections municipales, contrairement à l'habitude", a-t-il souligné.
Le PS n'a en revanche pas réussi à reconquérir Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire, 45.000 habitants), qui était passé à droite en 2014. La maire sortante DVD Marie-Claude Jarrot a été réélue, avec 46,57% face au socialiste Laurent Selvez (43,57%) dans la cité où était député l'ancien ministre socialiste Pierre Joxe.
La droite, elle, a poursuivi sur son élan du premier tour, créant en particulier la surprise à Auxerre, ville de gauche depuis 2001. Le maire sortant Guy Férez (PS-LREM), qui avait fusionné avec une liste verte, ne recueille que 38,43%, derrière le LR Créscent Marault (49,02%).
LR conserve Belfort, où le maire sortant LR Damien Meslot a été largement réélu avec 56,93 % des voix, tout comme Beaune (Côte d'Or), sans surprise. Le maire sortant Alain Suguenot y entame son cinquième mandat, avec 56,51% devant le LREM Eric Monnot (30,64%). 
LR se maintient également à Sens (Yonne), où la sortante Maire-Louise Fort est réélue avec 50,11%. Dans cette ville, le RN Julien Odoul réalise 13,95%, à un niveau proche du premier tour (14,7%).


Corse


Le second tour des municipales en Corse a renforcé les nationalistes avec la réélection à Bastia de Pierre Savelli et la conquête de Porto-Vecchio par Jean-Christophe Angelini qui met fin à près d'un siècle de règne de la droite dans la troisième ville corse.

"Ces victoires ont un sens politique profond, ça veut dire que la Corse, le peuple corse, continuent de vouloir avancer dans le sens de l'Histoire", a déclaré à l'AFP Gilles Simeoni, président nationaliste du conseil exécutif de l'île et ancien maire de Bastia, présent en septième position sur la liste de Pierre Savelli.
Elu maire de Bastia en 2014, il avait cédé son siège en janvier 2016 à Pierre Savelli pour rejoindre la tête de la collectivité de Corse.
Taclant ses adversaires bastiais qui "voulaient faire barrage aux nationalistes", Gilles Simeoni a vu dans ces victoires le moyen de "continuer dans le sillon qui a été ouvert en 2014 à Bastia", puis en 2015 et 2017 au niveau de la collectivité de Corse.
Dans la deuxième ville de l'île, chef lieu de la Haute-Corse, Pierre Savelli a ainsi été élu avec 49,37% des suffrages exprimés devant la liste d'union large de Jean-Sébastien De Casalta (39,73%), allant du parti radical de gauche de Jean Zuccharelli à la droite régionaliste de Jean-Martin Mondoloni, et le divers Gauche Julien Morganti (10,9%).
L'abstention a été de 36,63% dans la ville où la gauche n'est pas parvenue à s'unir.
A Porto-Vecchio, troisième ville corse et haut lieu touristique, la persévérance a payé et a permis au nationaliste Jean-Christophe Angelini d'être élu avec 54,85% des suffrages exprimés en battant le maire sortant Georges Mela (45,15%), après trois échecs consécutifs.
Emu, Jean-Christophe Angelini, dont le parti de la nation corse (PNC) est l'une des trois composantes de l'union nationaliste au pouvoir à la collectivité de Corse, a fait part de sa "satisfaction d’avoir mis un terme à un cycle qui dure depuis près d’un siècle. C’est le combat d’une vie".
Dans ce fief de la droite, tenu pendant plus de 50 ans par la famille Rocca Serra, le duel Mela-Angelini aurait pu se muer en triangulaire puisqu'un autre nationaliste Don-Mathieu Santini (Femu a Corsica de Gilles Simeoni) était arrivé en troisième position au 1er tour avec 15,41% des suffrages. Mais il avait immédiatement annoncé ne pas se maintenir sans toutefois vouloir donner de consigne de vote. 
Si des tensions sont apparues ces derniers mois entre les partis nationalistes alliés dans une coalition qui dirige la collectivité de Corse, les 900 voix que pesait Don-Mathieu Santini ont clairement profité à Jean-Christophe Angelini.
Au total, 21 communes votaient pour le 2e tour en Corse dont 15 de moins de 1.000 habitants.
A l'Ile Rousse, troisième port de commerce de l'île derrière Bastia et Ajaccio, Angèle Bastiani, ancienne élue socialiste à la tête d'une liste d'ouverture, a battu le maire sortant Jean-Joseph Allegrini-Simonetti, qui avait enchaîné trois mandats, avec 51,89% des suffrages
Mme Bastiani est l'une des rares femmes élues maire au terme d'une campagne tendue marquée notamment par l'incendie de son véhicule, une semaine avant le premier tour. Elle a également perdu son compagnon dans l'entre deux tours, emporté par le coronavirus
Le taux de participation en Corse-du-Sud pour ce second tour a été de 75,43%. Il était de 68,08% en Haute-Corse sans compter la commune de Murato, qui compte 558 inscrits et dont le taux de participation n'était pas encore connu. 
Le premier tour de ces municipales avait donné lieu à une prime au sortant avec les réélections du maire d'Ajaccio (DVD) Laurent Marcangeli, de celui de Bonifacio (LREM) Jean-Charles Orsucci et de celui de Calvi Ange Santini (DVD, 55,8%). 


Outre-mer


Une ex-ministre PS élue à La Réunion, des candidats LREM battus à Mayotte, un équilibre maintenu en Nouvelle-Calédonie avant le référendum sur l'indépendance : voici ce qu'il faut retenir du second tour des municipales en outre-mer, selon les premiers résultats.
Compte tenu du décalage horaire, plusieurs territoires (Guadeloupe, Martinique, Polynésie) découvriront leurs résultats tard dans la nuit. Les électeurs de Guyane ne se sont pas rendus aux urnes, le second tour ayant été annulé à cause de l'épidémie de coronavirus. Pas de second tour non plus à Saint-Pierre et Miquelon, où le maire de Saint-Pierre a été élu dès le premier tour, tandis qu'il n'y avait pas de candidat pour Miquelon. Enfin les habitants de Saint-Martin et Saint-Barth aux Antilles ou encore Wallis-et-Futuna dans l'océan Pacifique ne votent pas, car ils n'ont pas de communes, et donc pas de maires.  

   
NOUVELLE-CALEDONIE
Les indépendantistes, qui voulaient faire du vote un tremplin avant le deuxième référendum sur l'indépendance le 4 octobre, conservent leur portefeuille de 19 communes sur 33. Ils réussissent en revanche leur pari d'entrer ou de conforter leur présence dans les conseils municipaux de Nouméa et de sa banlieue, villes acquises à la droite.  
Après la réélection le 15 mars de Sonia Lagarde (droite, SE) à Nouméa, les trois communes du Grand Nouméa - Dumbéa, Mont-Dore et Païta - ont elles aussi réélu les sortants, tous affiliés à la coalition non indépendantiste au pouvoir, l'Avenir en Confiance. 
Sévèrement battu lors des provinciales de 2019, le parti de centre droit Calédonie ensemble (CE) poursuit sa déconfiture, avec une défaite emblématique à La Foa, remporté par Nicolas Metzdorf, ex-membre CE.
Côté FLNKS, la rivalité entre ses deux principales composantes tourne à l'avantage de l'Union Calédonienne au détriment du Palika. L'UC remporte la ville de Koné, chef-lieu de la province nord, ainsi que l'île d'Ouvéa. Mais Paul Néaoutyine, président de la province nord et homme fort du Palika, garde le fauteuil de maire de Poindimié, qu'il occupe depuis 1989.
 
LA REUNION
Plusieurs communes tenues par la droite et apparentés sont tombées dans l'escarcelle de la gauche, qui se maintient dans tous ses bastions. 
Avec 58,74% des voix, la députée PS et ex-ministre Ericka Bareigts, 53 ans, a largement battu Didier Robert, président divers droite du conseil régional (41,26%).
C'est la première fois qu'une femme est élue maire du chef-lieu de La Réunion. Au total, elles sont quatre à avoir conquis ou reconquis l'une des 24 mairies de l'île. Ce qui est une première.
A 70 ans, la députée divers gauche Huguette Bello a été largement élue maire de Saint-Paul (61,5%) face au divers droite Alain Bénard (38,5%). Elle avait déjà occupé ce poste de 2008 à 2014.
Arrivée récemment en politique, Juliana M'Doihoma, 35 ans, (divers droite) a été élue maire de Saint-Louis (sud) avec 42,3% des suffrages, tandis que Vanessa Miranville (SE) maire sortante de la Possession, (ouest) retrouve sans difficulté son siège avec 64,8 % de voix.
Un peu plus de la moitié de l'électorat s'est déplacé aux urnes (54,16%).
   
MAYOTTE
Les Mahorais se sont déplacés en masse pour voter, avec un taux de participation à plus de 70%, alors que le coronavirus continue de circuler activement dans l'île, toujours sous état d'urgence sanitaire.
Dans la commune chef-lieu Mamoudzou, le maire sortant Mohamed Majani, soutenu par La République en Marche, est battu par le LR Ambdilwahedou Soumaïla, avec plus de 41% des voix. 
Autre candidate investie par LREM, la maire sortante de Chirongui (sud), Hanima Ibrahima Jouwaou, est également battue par un candidat LR, Andhanouni Saïd. A Mtsamboro, le candidat LREM arrive également en 3e position. 
Au total, les Républicains se retrouvent dans sept majorités, sur les 17 communes qu'il fallait renouveler. Le Mouvement pour le développement de Mayotte (MDM, parti centriste), est présent dans cinq majorités. 
Plus aucune femme n'est élue maire à Mayotte.

AFP

 

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