Transports - Nice veut reprendre en régie ses transports publics

C'est un véritable pavé dans la mare qu'a lancé le député-maire UMP de Nice Christian Estrosi ce 9 juillet en annonçant son souhait de reprendre en régie municipale les transports publics de sa ville, la cinquième de France. Les négociations en cours avec Veolia-Transdev, l'opérateur actuel, et Keolis (filiale de la SNCF) sont abandonnées, a confirmé l'élu. D'ici à la décision définitive du conseil métropolitain (46 communes autour de Nice), qui devrait se prononcer en septembre, Veolia-Transdev continue à assurer le service.
"Il nous apparaît que les offres ne correspondent pas aux attentes de la collectivité (...) J'ai donc décidé de proposer au conseil métropolitain l'abandon de la délégation de service public (DSP) et que l'hypothèse d'une reprise en régie soit envisagée", a déclaré Christian Estrosi à la sortie d'une réunion du conseil des élus de la métropole niçoise, soulignant qu'il n'y avait "pas d'alternative" à ce scénario. Après la piscine et les cantines, Nice a donc décidé d'élargir la gestion publique à ses bus et son tramway. "Paris, Marseille, Toulouse administrent déjà en régie leurs transports publics. Plus j'avance et plus je suis convaincu que l'administration d'un grand service public par la collectivité elle-même apporte de l'efficacité, de la reconnaissance à l'ensemble de nos administrations et répond aux attentes de nos usagers", a ajouté l'élu.
Le contrat de transports publics niçois, dont le montant avoisinerait les 100 millions d'euros, est l'un des plus importants de l'Hexagone. Les transports de la métropole de la Côte d'Azur génèrent un chiffre d'affaires d'environ 140 millions d'euros par an. Un montant appelé à grossir avec l'arrivée de la ligne 2 du tramway, prévue pour 2016. La décision du retour en régie va impliquer un grand bouleversement pour la collectivité. Si elle est déjà propriétaire des dépôts et du matériel, elle va en effet devoir reprendre à sa charge la gestion du trafic, ainsi que les 1.700 salariés dédiés aux transports.
En France, une petite vingtaine de villes se trouvent aujourd'hui dans la même situation : leur contrat de transports urbains est arrivé à expiration au 30 juin. Régie ou DSP, la question se pose donc. A ce jour, 90% des réseaux urbains sont gérés par le privé. Comme le remarque un expert du secteur, "ce qui étonne, c'est que la décision de lundi vienne d'une municipalité de droite". Il y a quelques années, la ville de Cholet, elle aussi UMP, avait déjà marqué les esprits en choisissant la gestion publique.
  

 

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