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Occitanie : 109 millions d'euros pour l'aéronautique et le spatial

En complément du plan national de 15 milliards d'euros, l'Occitanie a lancé le 3 juillet 2020 un plan de soutien à hauteur de 109 millions d'euros pour l'aéronautique et le spatial, les deux moteurs économiques de la région actuellement en panne. La région mise notamment sur la préservation des compétences, les relocalisations industrielles avec la création d'une agence des investissements stratégiques, la diversification des activités des sous-traitants et, à plus long terme, le développement de l'avion vert.

109 millions d'euros. C'est le montant du plan de soutien 2020-2021 que la région Occitanie et la préfecture ont décidé de mettre en œuvre pour les secteurs aéronautique (100 millions) et spatial (9 millions), en complément du plan gouvernemental de 15 milliards d'euros annoncé en mai 2020 par le ministre de l'Économie.
Présenté le 3 juillet 2020, le plan régional doit permettre de surmonter la crise actuelle tout en évoluant vers une industrie aéronautique décarbonée. L'enjeu est de taille, le secteur étant un poids lourd de l'économie régionale, avec 90.000 emplois et une contribution à hauteur de 71,5% aux exportations régionales (l'Occitanie étant en 2019 la quatrième région exportatrice en France, avec 54,3 milliards d'euros d'exportation et un solde excédentaire de 12,2 milliards). Les difficultés de la filière se multiplient après la pandémie de Covid-19, le groupe Airbus ayant d'ores et déjà annoncé un vaste plan de restructuration avec potentiellement 3.500 postes concernés à Toulouse.

Conserver les emplois et les compétences

Le premier axe de ce plan régional concerne la préservation des emplois et des compétences, avec notamment la création d'un fonds régional de sauvegarde et de développement de l'emploi dans les territoires, à hauteur de 15 millions d'euros. Ce fonds doit permettre aux salariés qui basculent sur un statut de demandeur d'emploi de financer à 100% leurs coûts de formation, et, pour ceux qui visent une reconversion, à 50% du reste à charge du coût de la formation choisie lorsque leurs droits CPF (compte personnel de formation) ne comblent pas la totalité du coût, à condition que la formation soit en lien avec les besoins de l'économie régionale. À noter qu'à partir du mois d'octobre, dans le cadre de l'activité partielle de longue durée, les entreprises du secteur pourront bénéficier d'une prise en charge par l'État de 80% des frais de formation.

La région veut aussi accompagner les entreprises dans leurs projets de ressources humaines, en faisant appel à des cabinets conseil, et préparer les compétences de demain, via l'apprentissage dans le secteur industriel. "La région pourra apporter un supplément d'environ 1.000 euros aux financements versés aux CFA par les Opco pour chaque contrat d'apprentissage signé", signale le dossier de la région.

Aider les sous-traitants à diversifier leur activité 

Deuxième axe du plan : la production, la diversification et l'innovation vers l'avion vert. Doté d'un budget de 43 millions d'euros, cet axe doit aider les entreprises à identifier les leviers d'action à mettre en œuvre pour trouver de nouveaux débouchés, face à la crise que l'aéronautique est en train de vivre, et à la réduction prévisible de la production d'avions. Le "PASS Occitanie" permettrait ainsi la réalisation d'un audit flash par un expert. "La diversification apparaît comme une des solutions à privilégier pour accompagner les entreprises de la sous-traitance à passer ce cap", insiste la région dans son document, détaillant le parcours que ces entreprises pourraient suivre (identification des marchés potentiels, mise en place de référentiels sur les marchés les plus porteurs, aides au conseil individuel, adaptation des technologies sur les filières ciblées, structuration de la démarche commerciale…).

La région mise aussi sur les relocalisations industrielles, prévoyant un travail de recensement de celles qui seraient nécessaires pour assurer l'indépendance stratégique et les besoins du territoire. Dans ce domaine, elle compte s'appuyer sur un nouvel outil, l'agence régionale d'investissements stratégiques. L'agence, qui sera prochainement créée, doit "permettre à la région d'être actionnaire et de sécuriser des montages juridiques et des modèles économiques", a expliqué Carole Delga, présidente de la région, lors de la visioconférence de lancement du plan le 3 juillet. "Elle lui permettra de devenir un investisseur patient qui consolide les investissements privés." Autre idée : mobiliser l'épargne populaire, les Français ayant amassé au fil du confinement un montant élevé (autour de 100 milliards d'euros) d'épargne. "Je crois vraiment qu'en donnant la possibilité aux épargnants de voir comment leur épargne peut être utilisée, nous pourrons mobiliser cette épargne dormante au service de l'économie réelle", a précisé Carole Delga.
La présidente de la région souhaite aussi créer un fonds interrégional de 50 millions d'euros avec la Nouvelle-Aquitaine et peut-être les Pays de la Loire pour lutter contre les fonds prédateurs étrangers.

Vers des mobilités aériennes vertes

La région mise aussi beaucoup sur l'avion vert, en phase avec les projets gouvernementaux qui visent le développement d'avions électriques ou hybrides hydrogène en 2035. Le lancement d'appels à manifestation d'intérêts (AMI) sur l'aviation verte spécifiquement dédiés aux PME/ETI du territoire est une des voies choisies : des appels à compétences en lien avec des grands groupes ou des clients du secteur, des AMI pour la structuration de filières régionales (recyclage, démantèlement ou logistique industrielle, mobilité aérienne innovante) ou encore des relevés de projets et des boîtes à idées avec les PME/ETI pour faire émerger de nouvelles solutions.

Troisième axe du plan, le renforcement de la structuration financière des entreprises, qui dispose d'une enveloppe de 12 millions d'euros, abondée par le fonds européen de développement régional (Feder) mobilisé dans le cadre du plan de relance européen. Au programme : des solutions de financement des stocks, la mise en œuvre de prêts participatifs, le développement d'outils de capital-innovation.
Enfin, 9 millions d'euros seront consacrés au secteur spatial, pour que la région devienne une référence européenne sur les expérimentations en vol.

 

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