Comité Balladur - Officiellement en ligne, les propositions continuent de faire beaucoup parler...

Les 20 propositions du comité pour la réforme des collectivités locales (voir notre article d'hier), qui circulaient depuis peu, ont enfin été mises en ligne sur le site de ce même comité ce jeudi 26 février, leur donnant ainsi une valeur officielle. Reste à attendre la remise tout aussi officielle du rapport final (un document de 130 pages, dans sa version provisoire), prévue pour jeudi prochain. D'ici là, les déclarations devraient continuer à affluer. Morceaux choisis.

 

Edouard Balladur

Edouard Balladur est venu mercredi soir sur le plateau de TF1 "dissiper un certain nombre de polémiques qui prennent des allures de bobards". Il a déploré des "idées fausses qui ont été répandues un peu partout alors que personne d'ailleurs n'avait lu le rapport". Parmi elles, l'idée que l'"on voudrait autoritairement ramener la France métropolitaine de 22 à 15 régions" :  "Ce n'est pas dans le rapport", a assuré Edouard Balladur. L'objectif est certes d'avoir "des régions plus fortes, plus peuplées", "mais il est dit que ça se fera de façon volontaire" et "on n'en cite aucune". Il a encore démenti que le comité veuille "modifier l'élection régionale pour faire en sorte que la gauche qui détient la plupart des régions ne les détiennent plus. C'est faux", a dit l'ancien Premier ministre. "Dernière idée fausse : nous voudrions étrangler financièrement les collectivités locales alors qu'au contraire nous faisons des propositions précises pour que la suppression de la taxe professionnelle n'entame pas les capacités financières des collectivités locales."

 

Nicolas Sarkozy

Confirmant qu'il recevra le 5 mars à 11 heures à l'Elysée Edouard Balladur et les membres du comité pour la réforme des collectivités locales pour "évoquer avec eux le contenu de leurs travaux", le chef de l'Etat a dores et déjà tenu, dans un communiqué du 25 février au soir, à "saluer le travail remarquable accompli (...) dans le cadre de la mission qu'il leur avait confiée le 22 octobre dernier". "La qualité de ce travail, nourri par de larges consultations, et les propositions ambitieuses qui en résultent ouvrent de nombreuses pistes pour la réflexion que le chef de l'Etat a souhaité engager sur la simplification de l'organisation territoriale de la France et qui va désormais se poursuivre avec l'ensemble des élus", indique le communiqué.

 

Pierre Mauroy

"Au final, j'ai le sentiment d'une occasion manquée. Les travaux du comité cachaient une arrière-pensée politique. Elle n'est apparue que tardivement, lorsqu'un dirigeant de l'UMP a clairement indiqué sa volonté de provoquer un 'big-bang' dans l'organisation des collectivités locales", déclare aujourd'hui Pierre Mauroy, membre du comité Balladur, dans une interview au Monde daté de vendredi. "Je m'attendais à ce que les propositions du comité se situent dans le droit-fil du mouvement de modernisation et de réorganisation du territoire lancé par la gauche au début des années 1980", or "ce comité, c'est tout autre chose", assure-t-il, indiquant avoir "eu rapidement le sentiment qu'il s'agissait de refermer une porte sur la période antérieure", "avec l'impression que nous étions là pour donner des règles de bonne conduite aux élus et veiller à limiter les dépenses publiques". Selon le sénateur du Nord, "la droite est sortie humiliée des élections régionales de 2004" et "elle a voulu donner un coup de pied dans la fourmilière". "Il s'agit pour elle de reprendre le pouvoir : donc elle change tout et brouille tout", conclut-il.

 

Alain Rousset

Interrogé par l'AFP, le président de l'Association des régions de France estime que le comité "apporte un certain nombre de pistes positives comme le développement de l'intercommunalité, la réforme de la taxe professionnelle, les élections plus démocratiques des agglomérations, même si ça ne va pas jusqu'au bout". "D'un tout autre côté et c'est très paradoxal, il propose un retour en arrière, notamment sur l'élection des régions et le risque de leur disparition qui est considérable. Il y a une part de recentralisation dans ce texte qui est très inquiétante", considère Alain Rousset. Selon lui, "la fusion entre élu régional et élu départemental qui ont des compétences à 90% différentes, est une proposition grotesque et démagogique" : "Ce serait revenir 30 ans en arrière. Imaginons des élus au second degré qui viendraient à la région, ils serviraient d'abord leur territoire. C'en serait fini des politiques d'innovation, de recherche, de formation. On privilégierait la salle des fêtes à l'innovation." Et Alain Rousset de conclure que le vrai "problème", c'est "la faiblesse des moyens des régions et l'émiettement communal".

 

Ségolène Royal

Ségolène Royal a demandé jeudi d'"associer tous les Français dans une démarche de démocratie participative" : "C'est un sujet très important qui ne doit pas faire l'objet de propositions en catimini dans une commission", a-t-elle déclaré lors d'un point presse sur son plan Energie solaire en Poitou-Charentes. Interrogée sur une éventuelle disparition de la région qu'elle préside, Ségolène Royal a répondu : "je n'y crois pas. Je ne réagis pas aux propositions que je n'ai pas vues. S'il s'agit de dire que la taille des régions n'est pas toujours opérationnelle par rapport à l'enjeu des filières de développement économique, ce n'est pas totalement faux."

 

Jean-Paul Huchon

Le président du conseil régional d'Ile-de-France juge que les choix faits par le comité Balladur sont "très ringards" et visent à "démanteler les collectivités locales de gauche". "En Ile-de-France, on revient aux départements de la Seine que le général de Gaulle lui-même avait trouvés inutiles et contre-productifs", affirme-t-il dans une interview au Parisien jeudi. Selon Jean-Paul Huchon, au fil de ses auditions, Edouard Balladur "était très courtois, très poli, mais il n'écoutait rien. Il est parti avec une feuille de route tracée par Nicolas Sarkozy, qu'il a suivie jusqu'au bout". "Rien n'a changé par rapport à ce qui était envisagé dès le début sur le Grand Paris, malgré mon audition, celle de Bertrand Delanoë, de tous les conseillers généraux et même de Patrick Devedjian. On ne nous a pas écoutés", estime-t-il.

 

François Bonneau

Le président de la région Centre déclare dans un communiqué : "Avant même que ce rapport ne soit connu, et dans la droite ligne de ce que nous connaissons malheureusement depuis plusieurs semaines, les supputations vont bon train sur un hypothétique redécoupage des régions. Chacun y va de ses propositions, voire de ses surenchères. Après avoir entendu de nombreuses inepties en la matière (...), voilà que les bruits de couloirs du jour nous informent que le Loiret pourrait rejoindre l'Ile-de-France ! Les habitants du Loiret seront heureux de voir que l'on souhaite désormais faire d'eux des banlieusards ! (...) Il ne sert à rien de jouer les mieux informés en colportant des informations plus fantaisistes les unes que les autres."

 

C.M., avec AFP

 

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