Ouverture à la concurrence des trains Intercités : l'État lance un appel à candidatures pour deux lignes

Le gouvernement a ouvert le processus d'ouverture à la concurrence des trains Intercités, en publiant ce 28 janvier un appel à candidatures pour l'exploitation des lignes Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux pendant dix ans, à partir de début 2022.

L'État a engagé ce 28 janvier le processus d'ouverture à la concurrence des trains d'équilibre du territoire (TET), plus connus sous le nom d'Intercités, en publiant un avis au bulletin européen des appels d'offres (TED). Les compagnies intéressées ont jusqu'au 28 février pour manifester leur intérêt. Le gouvernement sélectionnera les candidats fin mars pour leur envoyer le dossier complet. "La date prévisionnelle de début d'exploitation des services est fixée au début de l'année 2022", sachant que le gagnant sera choisi "au minimum 16 mois" à l'avance – c'est-à-dire au début de l'automne 2020 – selon un document annexe de l'avis.

La SNCF et Transdev candidats

La SNCF, qui exploite actuellement les deux lignes, et son concurrent Transdev, co-détenu à 66% par la Caisse des Dépôts et à 34% par le Groupe Rethmann, ont déjà fait savoir qu'ils seraient candidats. Transdev a notamment fait valoir dans un communiqué qu'il était déjà l'opérateur de nombreux réseaux urbains et interurbains le long de ces deux lignes et que cela lui fournissait "une opportunité unique de proposer des offres de transports publics complémentaires pour les voyageurs". 
Le futur exploitant devra assurer une fréquence minimale de quatre allers-retours pour Nantes-Bordeaux et de deux à trois allers-retours pour Nantes-Lyon, les candidats étant "libres de proposer une offre plus importante en termes de fréquence ou de prolongement de la desserte". Il devra offrir "un haut niveau de qualité du service, de ponctualité, d'accueil, d'information et de confort".
Les trains – neufs – seront mis à disposition par l'État, l'exploitant devant s'occuper de leur maintenance, de la politique commerciale et tarifaire et de la vente des titres de transport, éventuellement en passant par des sous-traitants. La maintenance du matériel roulant pourra être réalisée soit dans le technicentre de la SNCF à Nantes, soit dans "un nouvel atelier à réaliser par le titulaire dont la propriété reviendra à l'État à la fin du contrat de service public".

Un "test" de l'ouverture à la concurrence

Le gouvernement avait annoncé en janvier 2019 le choix des lignes Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux pour "tester" l'ouverture à la concurrence des TET, qu'il subventionne. En 2018 – année marquée par la grande grève du printemps contre la réforme ferroviaire –, le déficit d'exploitation de Nantes-Bordeaux avait atteint 13,7 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 9,1 millions, et celui de Nantes-Lyon de 9 millions pour des recettes de 7,8 millions seulement. Le futur exploitant "percevra une contribution financière de l'État", mais celui-ci "attend du titulaire du contrat envisagé qu'il assume tout ou partie du risque lié à l'exploitation", précise le gouvernement.
Les autres Intercités Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (Polt), Paris-Clermont, Bordeaux-Toulouse-Marseille et Toulouse-Hendaye, de même que les trains de nuits Paris-Briançon et Paris-Rodez/La Tour-de-Carol/Cerbère, restent jusqu'à nouvel ordre exploités par la SNCF. Depuis 2017, d'autres lignes Intercités dont l’offre est fortement imbriquée avec celle des TER ont été transférées aux régions. Les dernières en date sont les lignes Paris-Caen-Cherbourg, Paris-Rouen-Le Havre, Paris-Granville, Caen-Le Mans-Tours, Paris-Evreux-Serquigny, reprises par la région Normandie au 1er janvier 2020.