Transports publics - Plateformes intermodales : élus, opérateurs et urbanistes veulent remettre la ville dans les réseaux

Le 4 mars, un colloque de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) sur la place des réseaux de mobilité dans la ville a vu se relayer une grande diversité d'intervenants. "Ce choix illustre la fin des cloisonnements dans ce domaine, la volonté d'aller au-delà du traditionnel couple exploitants de transports publics/autorités organisatrices et même de dépasser l'opposition entre transports collectifs et voiture individuelle", a expliqué Michel Cornil, président de l'UTP. L'essor de modes de déplacements comme le covoiturage, les besoins pressants en matière d'intermodalité et de transport à la demande, l'émergence d'acteurs venant de nouveaux horizons tels le groupe JC Decaux sur le marché du vélo en libre-service invitent en effet à repenser la gouvernance et les enjeux actuels.
"Les défis les plus urgents à relever se concentrent surtout sur la mobilité péri-urbaine, où les acteurs sont variés et où il faut mieux intégrer le lien entre urbanisme et transports, comme le prévoit d'ailleurs le Grenelle de l'environnement. Durant des années, de belles planifications ont masqué le fait que l'étalement urbain s'y poursuivait. S'il y a aujourd'hui de nouvelles planifications à établir, elles doivent donc être le moins figées possibles", a relevé Charles-Eric Lemaignen, président de la communauté d'agglomération Orléans-Val de Loire. "Elles doivent être souples tout en restant coercitives", a renchéri Roland Ries. Et le sénateur-maire de Strasbourg et président du Gart d'ajouter qu'il n'est "pas question de reproduire les erreurs du passé, ni d'ajouter un énième niveau au mille-feuille de responsabilités qui pose déjà problème en matière de gouvernance des transports collectifs. Ce dont les élus ont besoin, c'est de plus de coordination, d'une vision globale plus affirmée".
Renforcer cette cohérence d'approche est d'autant plus urgent que la configuration même des villes se complexifie. "Or les habitants, dont les attentes et les besoins en matière de mobilités ont beaucoup évolué ces dernières années, ont de plus en plus de mal à se repérer dans les espaces urbains. D'où l'intérêt de resserrer ces espaces autour des réseaux de transports", a éclairé Michel Bleitrach, président du directoire de Keolis. Dès lors, l'adaptation de l'offre de transport aux spécificités de chaque territoire fait figure de priorité. Selon une architecte membre du cabinet Castro, la diversification urbaine (notamment en pied de ligne d'un axe de transport structurant de type tramway), la mixité sociale et fonctionnelle, le travail sur des ensembles urbains polycentriques sont devenus les maîtres-mots des projets et chantiers actuels. Si c'est un bon signe, reste à ce que cette vision multipolaire soit répercutée dans les outils d'aménagement. C'est dans ce sens qu'Olivier Frérot, directeur de l'agence d'urbanisme de Lyon, est intervenu pour exposer les enjeux de l'Inter-Scot de l'agglomération lyonnaise. Initiée en 2002, cette démarche prônant une certaine souplesse d'approche vise à renforcer la coopération entre agglomérations dans l'élaboration de leurs politiques de planification territoriale. En pointant au passage les difficultés de l'Etat pour gérer les autoroutes urbaines, Olivier Frérot a souligné qu'il pourrait être pertinent pour les agglomérations de s'intéresser de plus près à ces voies, en vue de prendre éventuellement en main leur avenir et d'y remettre en avant le rôle des transports collectifs.

 

Morgan Boëdec / Victoires-Editions

 

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