PLF 2021 : le ministère du Travail double la mise

Avec une hausse "inédite" de 3,5%, le budget dédié à l’emploi, l’insertion et la formation professionnelle atteint 13,2 milliards d’euros en 2021, auxquels s’ajoutent les 13 milliards du plan de relance dédiés aux mêmes thématiques. Le gouvernement confirme ses engagements en faveur de la formation professionnelle des jeunes, des demandeurs d’emploi et des salariés en chômage partiel.

"L’emploi est ma priorité", a martelé Bruno Le Maire sur France inter le 29 septembre. Même si les mesures engagées depuis le début de la pandémie pour tenter de limiter la casse sociale restent de vigueur et pourraient selon les secteurs être renforcées et/ou prolongées, le projet de loi de finances pour 2021 (PLF) présenté lundi confirme cette volonté du ministre de l’Economie. Ainsi le ministère du Travail va bénéficier "d’un renforcement financier et en moyens importants", assure-t-on dans l’entourage d’Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, qui se traduit par une hausse "inédite" de 434 millions d’euros, soit un budget structurel de 13,2 milliards contre 12,8 milliards en 2020.

+1 milliard d’euros pour le PIC

La formation des jeunes, mais aussi des demandeurs d’emploi et des salariés notamment en chômage partiel, et l’insertion par l’activité économique (IAE) figurent au centre des préoccupations gouvernementales. La stratégie d’utiliser tous les leviers pour faire monter les compétences des salariés et ne laisser personne sur le bord de la route s’incarne dans la mobilisation de nouveaux crédits.

Ainsi, le Plan d’investissement dans les compétences (PIC) avec 3,3 milliards d’euros d’engagement contre 2,4 milliards cette année fait partie des grands bénéficiaires du PLF 2021, tout comme l’insertion professionnelle en faveur des personnes en situation de handicap (430 millions contre 407 millions en 2020), la montée en puissance des emplois francs (317 millions d’euros contre 224 millions en 2020 – 10.000 étaient signés à fin août 2020, selon le ministère du Travail) ou encore l’IAE avec l’objectif de conclure 65.000 nouveaux contrats sur 2020/2021. En revanche, le nombre de contrats aidés est stabilisé à 100.000, car le ministère a opté pour un "recentrage afin d’en faire moins mais mieux". 

+4,5 milliards d’euros pour l’IAE des jeunes

Ce budget confirme également le financement de la 2e phase de l’expérimentation "Territoires zéro chômeur de longue durée" (23 millions) dont la proposition de loi est en cours d’examen au Sénat. L’accompagnement des jeunes se traduit également par la lutte contre la pauvreté avec l’augmentation sensible du budget du Pacea (parcours contractualisé d’accompagnement adapté vers l’emploi et l’autonomie dispensé par les missions locales) qui passe de 65 à 82 millions d’euros.

Ce budget structurel s’entend hors contribution de 9,5 milliards à France compétences et hors plan de relance inscrit dans le "budget exceptionnel" du ministère, soit 15 milliards dont 13 milliards en 2021, les mesures ayant déjà été annoncées lors de la présentation de France Relance le 3 septembre.

L’effort en faveur de l’IAE des jeunes est confirmé avec une hausse de 4,5 milliards pour notamment augmenter le nombre de places (+30.000 places), et accroître de 50% la garantie jeunes, l’ensemble étant complété par les primes exceptionnelles à l’embauche des jeunes et d’alternants.

Faire de la formation un secteur "stratégique et d’excellence"

Concernant l’apprentissage, le versement d’une subvention exceptionnelle de 750 millions d’euros à France compétences pour "équilibrer son budget" est acté. "Les ressources de l’apprentissage sont affectées par la crise sanitaire ce qui engendre un déséquilibre conjoncturel, mais aussi structurel de France compétences", admet le ministère du Travail.

La formation bénéficie de son côté d’un budget supplémentaire de 2,3 milliards (2020/2022) dont 1,2 milliard en faveur des jeunes (100.000 formations financées par le PIC, sur les secteurs sanitaire et social, et digital), le reste étant réparti entre le renfort sur les dispositifs de Pro-A, le CPF transition et l’abondement ciblé du CPF adulte. Ambitionnant de faire de la formation un secteur "stratégique et d’excellence", le ministère du Travail annonce, outre 300 millions d’euros pour la digitalisation des formations, un budget de 160 millions d’euros du PIC pour développer des formations à distance et la mise en place d’une plateforme nationale digitale pour permettre aux organismes de formation qui n’en ont pas les moyens de disposer d’outils digitaux.

7,6 milliards d’euros pour l’activité partielle et le FNE-Formation

Enfin, l’aide aux entreprises en difficulté (activité partielle et FNE-Formation) dispose d’un budget de 6,6 milliards d’euros dont 2,2 milliards financés par l’Unedic. Le financement de l’activité partielle est réparti entre l’Etat (2/3) et l’Unedic. En 2020, l’activité partielle aura mobilisé 31 milliards d’euros avec un taux de prise en charge de 80% en APLD (longue durée) et de 70% en activité partielle de droit commun. "La logique consiste à former les salariés qui ne travaillent pas", insiste le cabinet d’Elisabeth Borne. 150.000 bénéficiaires sont prévus en 2021 au titre de l’activité partielle de droit commun pour un coût de 1.000 euros par unité, indique AEF et 100.000 autres formations seront engagées dans le cadre de l’APLD pour un coût unitaire estimé à 6.000 euros. Bien qu’il s’agisse d’un outil "souple", le FNE-formation renforcé sera désormais "davantage centré sur les salariés en activité partielle", indique le ministère du Travail.

Des effectifs ajustés en fonction des besoins

A l’instar des autres ministères, les effectifs du ministère du Travail se réduisent chaque année en moyenne de 2,5%. Toutefois, "nous avons obtenu que cette réduction soit modulée dans les services déconcentrés qui accompagnent les entreprises en difficulté afin de répondre aux besoins des territoires et disposer de renforts ciblés et temporaires", a indiqué le cabinet d’Elisabeth Borne.  

De même, Pôle emploi va bénéficier d’un "étiage plus réduit" puisque le principe prévoit que le nombre d’agents est indexé sur celui des demandeurs d’emploi. Ainsi, 250 millions d’euros sont prévus pour accroitre de 2.150 ETP les moyens humains de Pôle emploi, dont 650 dès septembre et le reste plus tard. "Si le nombre de demandeurs d’emploi continue de progresser, les effectifs seront réajustés en conséquence", assure le ministère du Travail qui annonce un point d’étape en fin d’année.

Dans le cadre du recentrage des missions de l’Afpa, la réduction de ses effectifs est plus lente que prévue, la fermeture de certains sites demandant plus de temps que prévu.

 

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