Pour prévenir les crues, Agglopolys "désurbanise" le site de la Bouillie (41)

Publié le
par
Cécile Perrin
dans

Aménagement et foncier

Loir-et-Cher

La communauté d’agglomération de Blois, Agglopolys, recrée depuis bientôt dix-sept ans une zone d’expansion des crues de la Loire sur le déversoir de la Bouillie. 143 propriétaires étaient concernés. La prochaine étape sera d’imaginer une nouvelle entrée de ville sur ce site.  

Sur la rive sud de Blois, le lieu-dit de la Bouillie, aussi appelé la Boire, est un "déversoir", c’est-à-dire une zone d’expansion des crues. Cet ouvrage aménagé au pied de la digue est conçu pour recueillir le trop-plein de la Loire en cas d’inondation. Le dispositif vise à protéger les levées contre une trop forte pression, mais l’écoulement peut y atteindre une vitesse importante et une profondeur de 4 mètres. Or la Bouillie était occupée dans les années 2000 par des maisons, des équipements sportifs dont un vélodrome, quelques entreprises et des gens du voyage. Le site est réparti sur trois communes, Blois, Saint-Gervais-la-Forêt et Vineuil, toutes trois membres d’Agglopolys, la communauté d’agglomération de Blois (43 communes, 105.000 habitants).

Démarche de longue haleine

Les premières réflexions sur le site remontent à l’année 1980, quand des inondations avaient fait huit morts en Haute-Loire. Dès 1985, le maire de Saint-Gervais-la-Forêt avait révisé le plan d’occupation des sols pour interdire toute nouvelle construction dans le val de la Bouillie. En 1999, le plan de prévention des risques Inondation (PPRI) mettait particulièrement l'accent sur ce secteur encourageant à des mesures de réduction de la vulnérabilité. Bien que politiquement délicat à mettre en œuvre, "la démarche a été facilitée par la loi Barnier sur les risques naturels qui a mis en place un fonds pour racheter les maisons", estime la vice-présidente d'Agglopolys en charge de l'aménagement de l’espace, Françoise Bailly. Le fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit fonds Barnier, a en effet été créé par loi de 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement et vise à financer les expropriations de biens.

De la difficulté de faire comprendre le danger…

En 2003 la communauté d’agglomération Agglopolys créait une zone d’aménagement différé (ZAD) de 52 hectares afin d’exercer son droit de préemption en cas de transaction immobilière. Les premières opérations liées à la ZAD commencent en 2004. "Nous avons indemnisé les personnes, mais elles n’avaient pas compris le danger, car beaucoup pensaient que les digues les protégeaient des crues, et non que le val de la Bouillie constituait un déversoir", explique la vice-présidente. Au départ, il y avait 143 propriétaires. En 2019, 126 maisons ont été démolies, la station-service le sera avant la fin de l’année. Il reste onze biens à acquérir. La communauté d'agglomération souhaite tout mettre en œuvre pour finaliser cette opération.

… jusqu’à ce que survienne la catastrophe

Au fil des années, un agent de l’agglomération était en charge de l’accompagnement social des habitants. "Il n’est jamais facile de quitter sa maison, d’autant que certaines personnes âgées  l’avaient construite elles-mêmes, indique l’élue. En 2019, il reste sept familles du voyage, à qui l’agglomération va proposer soit des maisons, soit des terrains. Mais les choses ont changé avec les inondations de 2016." L’affluent de la Loire, le Cosson, avait inondé le site et forcé les familles à quitter les lieux pour s’installer provisoirement sur les parking des centres commerciaux alentour. "Cela a constitué un gros avertissement, ils ont senti un tournant, que nous n’étions plus leurs ennemis", se souvient l’élue.

Créer une nouvelle entrée de ville

Lorsque tous les terrains seront nus,  la communauté d’agglomération souhaite y installer du maraîchage et de l’élevage, de quoi nourrir Blois. Certains terrains devront être dépollués. "Nous voulons un chemin de l’eau, des cheminements piétonniers, des espaces agricoles et naturels, ainsi qu’une mise en valeur des bords du Cosson, indique la vice-présidente. Nous construisons le cahier des charges et devrions lancer l’appel d’offres pour une prestation dans les prochains mois pour offrir une belle entrée de ville à Blois, qui le mérite."

Bilan financier mi-2019

L’acquisition des biens à la suite de la préemption par la communauté d’agglomération de Blois s’est élevée à 23,444 millions d’euros, intégralement remboursés par le fonds Barnier. Le coût de l’achat des terrains était de 395.000 euros, subventionnés à hauteur de 40 % par la région et 10 % par le département.
 

Communauté d'agglomération de Blois

Nombre d'habitants :

105000

Nombre de communes :

43
1 rue Honoré-de-Balzac
41000 Blois

Rachel Menseau

Directrice des relations publiques et de la communication
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