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Congrès AMF - Prévention : 300 communes ont mis en place un dispositif de participation citoyenne

Né aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne il y a plusieurs décennies, le "neighbourhood watching", connu en France sous le nom de "participation citoyenne", se répand depuis sept ans. "Environ 300 communes l'ont mis en place", a indiqué Jean-Pierre Blazy, député-maire PS de Gonesse, mercredi 26 novembre, lors d'une table ronde sur la prévention de la délinquance organisée dans le cadre du 97e Congrès des maires.
Le député est l'auteur d'un rapport récent sur la lutte contre l'insécurité sur tout le territoire présenté le 22 octobre, dans lequel il appelle justement à une évaluation du dispositif apparu en 2007 dans les Alpes-Maritimes et encadré par une circulaire du 22 juin 2011. Jean-Pierre Blazy estime que cette pratique anglo-saxonne a "un mérite : mettre en avant les citoyens eux-mêmes". Elle est selon lui particulièrement adaptée en matière de cambriolages pour lesquels "les chiffres sont clairs", dans la mesure où ils sont presque systématiquement déclarés pour cause d'assurance. Or "seulement 10% des cambriolages sont élucidés", a-t-il souligné.
Dans son rapport, le député se dit favorable à une extension du dispositif mais rappelle qu'il est "impératif de bien l'encadrer afin de prévenir toutes dérives". "Il convient de veiller, notamment, à ce que les parties prenantes ne s'arrogent pas des prérogatives dont seule la puissance publique est détentrice", y développe-t-il, les habitants devant s'en tenir à la surveillance de la maison d'un voisin en l'absence d'occupant, au signalement de "démarcheurs trop insistants", au "signalement d'incivilités".
Lors de cette table ronde, le colonel de gendarmerie Jérôme Bisognin, chargé de projets auprès du sous-directeur de la sécurité publique et de la sécurité routière (DGGN), a rappelé aux élus la démarche à suivre : le projet doit d'abord faire l'objet d'une délibération en conseil municipal, puis d'une réunion publique avec une large présentation à la population avant la désignation de personnels ressources faisant l'objet d'une formation spécifique. Un protocole recensant "les droits et devoirs, le suivi et la temporalité du dispositif" est ensuite signé entre le maire, la gendarmerie (ou la police) et le préfet. "Le parquet n'est pas partie prenante", a précisé Florent Boura, chef du bureau de la politique d'action publique générale à la direction des affaires criminelles et des grâces (ministère de la Justice).
Jérôme Bisognin a invité à distinguer le dispositif officielle de "participation citoyenne" avec celui de "voisins vigilants", ce dernier étant proposé par une association dans une "démarche commerciale".
Alors qu'une élue du Périgord a attiré l'attention de la salle sur la recrudescence des vols au sein des exploitations et sur le "ras-le-bol" des agriculteurs de sa commune "tous armés", le colonel a rappelé que le dispositif de participation citoyenne avait inspiré une démarche dite "d'agriculteurs vigilants". Celle-ci fait partie des mesures du plan d'action pour lutter contre les vols dans les exploitations agricoles lancé en début d'année. Le but est de "permettre une chaîne d'alerte et de vigilance", a souligné Jérôme Bisognin.
 

 

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