Environnement - Qualité de l'eau potable : situation préoccupante en Seine-et-Marne

Malgré les pluies abondantes ces dernières semaines en Ile-de-France, l'état de la nappe d'eau potable du Champigny, l'une des plus importantes de la région Ile-de-France, reste critique. La nappe, qui alimente un million de personnes dont la moité en Seine-et-Marne et le reste à Paris et dans la petite couronne, a atteint son plus bas niveau historique. Depuis quelques années, la sécheresse estivale a contraint la préfecture de Seine-et-Marne à fixer par arrêté des consignes de restriction d'usage pour résoudre d'urgence la pénurie. Mais la préfecture constate qu'elles sont loin d'être respectées par toutes les communes du territoire. A l'arrêté de restriction fixé le 30 avril dernier devrait donc s'ajouter en fin du mois de nouvelles mesures d'économies d'eau encore plus drastiques afin de préserver la nappe, dont l'intense sollicitation est par ailleurs due à l'urbanisation galopante du département.

Parmi les solutions trouvées, l'opération de pompage et de potabilisation des eaux de la Seine, évaluée à 10.000 m3 par jour, souffre d'un coût trop élevé  (0,50 euro par m3). L'effort du département pour reconquérir la qualité de l'eau doit donc dépasser cet obstacle et oblige, comme l'a déclaré Jacques Barthélemy, préfet de Seine-et-Marne, "à forer de nouveaux captages, à développer des interconnexions et à installer de nouvelles unités de traitement des eaux". C'est notamment le cas pour les nombreuses communes éloignées des zones urbanisées où les eaux présentent, tout comme dans la nappe du Champigny, de forts taux de nitrates, pesticides, sélénium et fluorures. Près de 300.000 habitants sont ainsi desservis par une eau qui dépasse les seuils réglementaires de qualité. Au point que 178 des 514 communes du département ont dû obtenir des dérogations pour fournir malgré tout de l'eau, même non conforme à la législation. Comme l'a prescrit le schéma départemental d'alimentation en eau potable mis en place par les services de la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt (DDAF 77), il y a donc urgence à déployer des actions préventives à destination du monde agricole, principal responsable de la pollution aux nitrates et pesticides, et à développer de nouvelles solutions techniques pour garantir à la population une eau conforme.

A ce titre, dans le secteur Bassée Champagne situé à l'est du département, une opération est en passe de devenir exemplaire. En effet, des élus d'une cinquantaine de petites communes se sont regroupés et se sont accordés sur la faisabilité d'une étude d'interconnexion réalisée par les services de la DDAF 77. La maîtrise d'ouvrage de ce vaste projet est en cours. Plus de 16.000 habitants de la communauté de communes du Provinois sont concernés : à Lescherolles, La Ferté-Gaucher, Villiers St Georges, Saint-Brice, Chenoise... "Des communes, des hameaux très disséminés dont il s'agit de mailler l'alimentation en eau par le biais d'interconnexions créées à partir d'un pompage existant dans la ville de Provins", explique Muriel Gonzal à la police de l'eau de Seine-et-Marne. A partir de ce champ captant, constitué de 4 forages, dénommé dans ce projet "dorsale de Provins", 40 kilomètres de canalisations devront être tirées pour desservir arête par arête toutes ces communes, dont l'eau n'est pas conforme à la réglementation. "Les premières études du projet remontent à 1999. La principale difficulté a été de trouver un point d'accord entre communes. D'autant que le coût de l'opération sera élevé", ajoute Muriel Gonzal. Dans le même département, deux autres projets d'interconnexion en cours concernent des regroupements de communes plus modestes.

 

Morgan Boëdec / Victoires Editions

 

 

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