Quarante ans après Tchernobyl, certaines régions françaises enregistrent toujours une radioactivité "plus élevée"

Quarante ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, la radioactivité mesurée dans les sols et herbages et certaines denrées telles que le lait, les fromages et la viande bovine est toujours "plus élevée qu'ailleurs" dans certaines régions françaises dites "zones de rémanence élevée" (ZRE), a indiqué ce 23 avril l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Ces zones sont situées dans les Vosges, en Alsace, la vallée du Rhône, le Puy-de-Dôme, l'est de la Corse, les Alpes-de-Haute-Provence et les Pyrénées-Atlantiques.

L'ASNR a expliqué avoir constaté "depuis plusieurs décennies" une "diminution des concentrations de césium 137 et de strontium 90", éléments chimiques radioactifs, notamment dans les sols, le lait et la viande bovine. En revanche, les denrées forestières, comme les champignons et les viandes de gibiers, peuvent conserver "des niveaux élevés de césium 137 durant des années".

Dans les forêts concernées, la radioactivité "présente une très grande variabilité spatiale, y compris à l'échelle d'une même commune", précise encore l'ASNR. Il n'y a en revanche pas de différence perceptible entre des denrées agricoles telles que les légumes-feuilles, la pomme de terre ou le blé issues de ZRE et des équivalents du reste du territoire.

Dans un rapport publié en 2025, l'ASNR estimait qu'en 2020, la "dose efficace moyenne due aux retombées de l'accident de Tchernobyl" en France était "de l'ordre de 1 microsievert par an" pour un adulte résidant en ville, travaillant en intérieur et ne consommant pas de champignons sauvages ou de gibiers, mais pouvait monter jusqu'à 20 microsieverts sur les communes où les dépôts radioactifs de mai 1986 ont été les plus importants, "si la personne passe plusieurs heures par jour" dans "des espaces naturels ou boisées".

La valeur limite d'exposition aux rayonnements ionisants est d'1 millisievert (soit 1.000 microsieverts) par an pour le grand public, selon le site de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Un aller-retour Paris-New York en avion représente une exposition de 80 microsieverts et une radio du thorax, de 58 microsieverts, selon cet organisme.

 

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