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Attentats - Radicalisation : l'Etat et les maires veulent renforcer leur coopération

Publié le
par
Michel Tendil
dans

Organisation territoriale, élus et institutions

Sécurité

Dix jours après la présentation d’un second plan contre la radicalisation et le terrorisme, le Premier ministre Manuel Valls a signé une convention avec le président de l’Association des maires de France (AMF) François Baroin, le 19 mai, pour renforcer la coopération de l’Etat et des maires dans ce domaine. "Toute politique publique ambitieuse a besoin de se faire en partenariat étroit avec les collectivités territoriales. Les maires sont en première ligne", a-t-il déclaré à l’occasion de cette signature, à Matignon.
La convention, également signée par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et le ministre de la Ville Patrick Kanner, va permettre de "structurer les relations entre les collectivités et l’Etat", a souligné le Premier ministre, précisant qu’elle se déclinerait dans les contrats de ville et les conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance. Elle vise essentiellement deux objectifs : la formation des élus et des agents communaux et l'amélioration du relai de l’information auprès des habitants.
Au plan national, les élus et les personnels pourront ainsi "suivre des sessions d’information qui sont dispensées par le secrétaire général du Comité interministériel de la prévention de la délinquance et de la radicalisation", précise la convention. Les associations départementales de maires diffuseront parallèlement localement des informations aux maires et présidents d’intercommunalités, en partenariat avec les préfets. Le SG-CIPDR a également développé des kits de formation téléchargeables sur son site (www.prevention-delinquance.gouv.fr). Par ailleurs, 12 modules relatifs à la compréhension du phénomène, à sa détection, à son signalement, au suivi des personnes radicalisées ou à l’accompagnement des familles, sont accessibles depuis la page internet du Centre des hautes études du ministère de l’Intérieur (CHEMI).
Les maires seront désormais en possession de tous les éléments qu’ils seront susceptibles de communiquer à la population, sur la détection, les signalements.

Partage de l'information

La convention ne répond en revanche que partiellement à la principale préoccupation exprimée par les élus au lendemain des attentats du Bataclan, lors du grand rassemblement des maires aux Palais des congrès, le 18 novembre : à savoir le partage d’information sur les individus dangereux présents sur leur commune. L’article 4 indique seulement que le préfet peut, avec l’accord du procureur, "informer le maire des situations de radicalisation concernant le territoire de sa commune". "Les élus souhaitent être mieux informés sur la présence dans leur commune d’individus présentant une forte présomption de dangerosité", a rappelé François Baroin. Cette volonté a été "reconnue" mais les élus souhaitent "pouvoir aller plus loin", a-t-il dit, comprenant cependant les impératifs de secret défense ou de secret de l’instruction dans les affaires en cours. Selon lui, il faudra réfléchir "à un véhicule d’ordre législatif pour améliorer les choses".
Le Premier ministre a pour sa part dit qu’il s’agissait d’une "première étape" et qu’une journée d’échanges se tiendrait "en septembre par exemple, avec l’AMF, l’ADF ou France urbaine" pour traiter de ces questions.
A noter que le 1er juin, dans le cadre du Congrès des maires, un atelier sera spécifiquement dédié à la prévention de la radicalisation. Lors de ce congrès, l'AMF et le SG-CIPDR présenteront un nouveau guide à destination des maires.
 

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