Une réalisation Banque des Territoires

Gadji Energie, la première centrale biogaz de Nouvelle-Calédonie

En s’associant, la Banque des Territoires et Enercal Énergies Nouvelles donnent naissance à Gadji Energie, la première centrale biogaz de Nouvelle-Calédonie, un projet pionnier dans la revalorisation des déchets.

En bref

Frise chronologique

Chiffres clés

Déchets non dangereux consommés 150 k tonnes/an

Gaz produit par la décomposition des déchets 3 M Nm²/an

Alimentation en électricité renouvelable 2400 foyers/an

A retenir

Une gestion des déchets vertueuse, génératrice de biogaz

Une production d’énergie renouvelable complémentaire à l’énergie photovoltaïque intermittente

Un modèle de coopération entre acteurs publics, privés et autorités coutumières

Montage du projet

  • Apport en fonds propre : 100 000 €/ 49 % de la part totale de la société Enercal (200 000 €), elle-même détentrice de 51 % de la centrale biogaz Gadji Energie.

ZOOM

Gadji Energie : un jalon dans l’évolution du mix énergétique calédonien

Première centrale biogaz de Nouvelle-Calédonie, Gadji Energie s’inscrit dans la trajectoire fixée par le Schéma pour la transition énergétique du territoire (STENC). L’objectif est de viser une production d’électricité 100 % renouvelable sur le réseau public à l’horizon 2030.

Le territoire atteint déjà près de 65 % d’électricité d’origine renouvelable. Les périodes de pointe maintiennent toutefois une dépendance aux énergies fossiles. La centrale biogaz apporte une réponse concrète à cet équilibre fragile en fournissant une énergie locale et continue.

Au-delà de l’enjeu énergétique, le projet répond aux problématiques de gestion durable des déchets et de réduction des émissions de gaz à effet de serre, avec une approche directement ancrée dans les réalités du territoire.

Quand les déchets deviennent une ressource énergétique

La centrale repose sur un principe éprouvé : valoriser le biogaz issu de la décomposition de 150 000 tonnes de déchets enfouis chaque année. Jusqu’alors, ce gaz riche en méthane faisait l’objet d’un brûlage partiel ou se dissipait dans l’atmosphère.

Gadji Energie s’appuie sur un processus de transformation énergétique structuré et maîtrisé :

  • les déchets organiques enfouis dans l’Installation de Stockage des Déchets (ISD) produisent un gaz riche en méthane ;
  • ce gaz est capté via un réseau de puits et conduites intégrés à l’ISD ;
  • il est ensuite préparé et purifié pour être exploitable  ;
  • acheminé via des moteurs qui transforment l’énergie chimique du biogaz en énergie mécanique ;
  • converti en électricité et injecté dans le réseau de distribution publique.

Avec une production annuelle de 8 GWh, la centrale couvre la consommation de près de 2 400 foyers et évite l’émission de 6 000 tonnes de CO₂ chaque année. La gestion des déchets devient ainsi un levier de transition énergétique et environnementale.

Gadji Energie : une centrale biogaz née de la coopération territoriale

Le succès de l’opération repose sur une coopération multipartite entre acteurs publics, privés et coutumiers.

Enercal est le pilote technique et opérationnel du projet. L’entreprise a mené les études préalables, la conception, l’ingénierie, le financement, la construction et assure l’exploitation du projet. Elle a également raccordé la centrale au réseau public. Enercal détient 49 % des parts de la société exploitante Gadji Energie.

La Banque des Territoires, qui détient 51 % du capital d’Enercal, a investi 100 000 € en fonds propres dans le projet Gadji Energie. Ainsi, elle confirme son rôle d’investisseur de long terme au service des territoires.

Winéo, société locale spécialisée dans les énergies renouvelables, a participé à la conception et à l’assemblage des modules de production. Elle détient 24,9 % des parts de Gadji Energie.

Aussi, Katchii 2 représente quatre tribus coutumières de Païta. Cette structure détient 24,1 % des parts de Gadji Energie et permet d’ancrer le projet dans le tissu local, respectant les dynamiques coutumières et créant de l’adhésion sociale et des retombées économiques au niveau communautaire.

Enfin, le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, le Syndicat intercommunal du Grand Nouméa (SIGN) et la Calédonienne de services publics (CSP) ont conjugué leurs efforts pour rendre ce projet réalisable.

Une inauguration symbolique et un modèle réplicable pour l’avenir

Inauguré le 5 décembre 2024, Gadji Energie offre une source d’énergie renouvelable complémentaire à l’énergie photovoltaïque (intermittente). Le projet s’intègre également dans une logique d’économie circulaire grâce aux déchets devenant une ressource énergétique.

Bien plus qu’une infrastructure, la centrale biogaz sert un modèle de coopération entre acteurs publics, privés et autorités coutumières. Gadji Energie ouvre la voie à d’autres initiatives de valorisation des ressources locales et à un mix énergétique durable.

C’est une véritable réponse locale et innovante aux enjeux de gestion des déchets et de production d’énergie renouvelable portée par une coalition d’acteurs qui allie expertise technique, ancrage territorial et objectifs publics de transition énergétique.

C’est un groupe électrogène classique avec une création d’électricité, puis une injection dans le réseau public calédonien. La production correspond à la consommation moyenne annuelle de 2 400 foyers urbains du Grand Nouméa. Ce n’est pas négligeable. Et la grande valeur de ce type de technologie, c’est de produire de l’électricité jour et nuit, contrairement au photovoltaïque. C’est un bon complément.

Jean-Gabriel Faget, Président d’Enercal Energies Nouvelles

Partenaires du projet

Enercal Energies Nouvelles

https://www.enercal.nc/     

Winéo

Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

https://gouv.nc/