Réindustrialisation : en 2030 la France n’aura toujours pas rattrapé son retard

Les différents plans déployés actuellement comme France 2030 devraient permettre à l’industrie de gagner deux points de part de PIB d’ici à 2030, selon une étude de PWC Strategy&. Pas de quoi cependant totalement rattraper le retard vis-à-vis des partenaires européens.

Plan de relance de 100 milliards dont 35 consacrés à l’industrie, plan France 2030 doté de 34 milliards d’euros pour positionner la France dans 10 domaines de rupture, sécurisation des chaînes d’approvisionnement, sans parler du plan de "résilience" destiné à limiter l’impact de la hausse des prix sur l’économie. Les initiatives appelant à une "reconquête industrielle" n’ont pas manqué ces derniers mois. Mais derrière les effets de manche quelle sera la situation de la France en 2030 après des décennies de désindustrialisation ? C’est ce qu’a voulu savoir PWC Strategy&. Dans cette étude non encore publiée mais dont les principaux résultats ont été rendus publics, Olivier Lluansi (ancien délégué aux territoires d'industrie) et Vladislava Iovkova ont dressé trois scénarios : l’un "conservateur", l’autre dit "de référence" et un troisième plus "offensif". Le scénario médian table sur l’hypothèse la plus probable : pour un euro public investi, le privé apportera 2,5 euros. Un calcul qui se fonde sur les montant investis dans le plan hydrogène. Il correspond à la moyenne de ce que McPhy a reçu pour l’hydrogène, ACC pour les batteries et Arcelor Mittal pour la décarbonation… Dans cette optique, l’industrie recevrait 100 milliards d’euros d'investissements publics et privés supplémentaires d’ici à 2030, la valeur ajoutée de l’industrie augmenterait de 70 milliards d’euros et le déficit commercial des biens manufacturés, qui va de record en record, passerait de 61 à 12 milliards d’euros (sur un an, le déficit global se monte à 100 milliards d’euros). Et 430.000 emplois directs et indirects seraient créés. La part de l’industrie dans le PIB passerait de 10,1% en 2019 à 12% en 2030. Une inversion de tendance appréciable mais qui laisserait la France encore loin de la moyenne européenne à 16%. Rappelons qu’elle est à 22% en Allemagne.
L’industrie a retrouvé des couleurs en 2021 avec un solde de 120 nouvelles usines (176 ouvertes pour 56 fermées), selon les dernières données de Trendeo (voir notre article du 11 avril 2022). Mais plusieurs nuages assombrissent le ciel de la reprise : montée des taux d'intérêt, endettement public, inflation et risques de ruptures d'approvisionnement dans le contexte de guerre en Ukraine… Près de la moitié des PME et TPE prévoient que le conflit "pénalisera fortement leur activité", d’après le baromètre trimestriel Rexecode et Bpifrance Le Lab. Pour plus de 70% d'entre elles, le problème vient de la hausse des prix de l’énergie et des difficultés d’approvisionnement énergétiques et non-énergétiques (délais de livraison, pénuries, coût du transport) engendrés par la guerre.

 

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