Reprise du verrier Arc : les élus des Hauts-de-France interpellent Emmanuel Macron
Les élus des Hauts-de-France craignent que des licenciements secs aient lieu dans le cadre de la reprise du verrier Arc, en difficulté. Dans une lettre adressée le 18 février 2026 à Emmanuel Macron et consultée par l'AFP, ils avertissent le président de la République de "conséquences humaines et territoriales dévastatrices" et réclament des réponses précises et opérationnelles pour "atténuer l'impact d'une restructuration inéluctable".
Le géant mondial des verres pour les arts de la table, qui compte 3.500 salariés à Arques dans le Pas-de-Calais, et 5.700 dans le monde (avec trois usines, aux États-Unis, en Chine et aux Émirats arabes unis) a été placé en redressement judiciaire le 7 janvier 2026. Une offre de reprise, initiée par Timothée Durand associé à Matthieu Leclercq, ancien patron de Décathlon, prévoit la suppression de 800 postes, dont 400 départs en préretraite, 100 autres départs volontaires et au moins 300 licenciements. Une précédente offre, de Patrick Puy, ancien président d'Arc, n'a pas pu aboutir faute de temps et a été retirée récemment. Elle n'envisageait aucun licenciement.
Le groupe a bénéficié de plusieurs plans de refinancement. Côté État, cela représente 138,5 millions d'euros de 2020 à 2023, 38 millions d'euros de créances, 80 millions de prêts non remboursés et, il y a un an, un nouveau prêt de 30 millions d'euros. Les collectivités ont quant à elles apporté quelque 4 millions d'euros.
"Même si cette proposition assure une forme de continuité, ses conséquences sociales seraient lourdes et durables pour un bassin d'emploi déjà fragilisé", insistent les élus dans leur lettre. Des réunions ont eu lieu à Bercy pour analyser les modalités de la reprise. Mais les élus demandent un soutien renforcé de l'État avec la mise en place de dispositifs d'accompagnement des départs volontaires et des préretraites.