Requalifiées et vertes, les zones d’activités d’Agen Agglomération attirent de nouvelles entreprises (47)

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Claire Lelong
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Aménagement et foncier

Lot-et-Garonne

Première concernée en 2017, la zone industrielle de Boé a accordé une place nouvelle aux modes doux. Des espaces verts rafraîchissent l'air et l'éclairage a été revu. Deux ans après ces travaux, six nouvelles entreprises sont arrivées sur le site.

Avant d'être réaménagée, la zone industrielle de Boé était une "zone - rue" comme on en croise souvent aux abords des agglomérations françaises. 18 à 27 mètres de large, des bords de route sans affectation précise, aucune aménité pour y circuler autrement qu'en véhicule motorisé. "Même si la vacance était faible, 61% des entreprises présentes sur le site en avaient une mauvaise à très mauvaise image lorsque nous les avons questionnées en 2015", indique le directeur général des services d'Agen Agglomération, Olivier Lamouroux. Depuis la mi-2017, c'est la métamorphose : la voirie n'occupe plus que 7 mètres de large et a été dotée d'une piste cyclable à double sens. 91 arbres ont été plantés sur des noues vertes. Éclairage public LED et nouvelle signalétique complètent la réalisation de 2,5 M€ prise en charge par l'intercommunalité (voir encadré). Suite à la requalification, les six parcelles vacantes ont trouvé preneurs.

Requalifier pour fixer les entreprises

En 2013, la communauté d'agglomération d'Agen a fusionné avec la communauté de communes du canton de Laplume-en-Bruilhois située sur l'autre rive de la Garonne, côté autoroute, pour devenir Agen Agglomération. Le projet prévoyait de profiter de l'attractivité de ce secteur pour y créer un nouveau parc économique : le Technopole Agen Garonne qui a ouvert ses portes en 2017. Pour éviter de créer un appel d'air des zones existantes vers cette nouvelle offre foncière, un programme de requalification de plusieurs zones d'activités existantes a été mené en parallèle. "Il s'agissait de fixer les entreprises sur les sites existants, à moins qu'elles n'aient de perspectives de croissance nécessitant une relocalisation", souligne le directeur général des services. La zone de Boé, qui se déploie le long d'un axe de 1,8 kilomètre est la première réaménagée. Née dans les années 1960, elle héberge alors 60 entreprises et 900 emplois.

Projet conçu en consultant les entreprises

"L'enjeu étant de maintenir les entreprises sur le site, nous avons conçu le projet en concertation avec le tissu économique en place", précise le DGS. Un questionnaire pour connaître leurs attentes leur a été adressé, auquel 75% des entreprises ont répondu. Si les questions d'accès et la facilité de stationner sur le site étaient globalement appréciés, les dirigeants pointaient cependant des problèmes de signalétique, d'espaces verts et d'éclairage. Plus généralement, la conception du site - des voies larges sans affectation claire - générait un sentiment d'insécurité. "Une année de travail avec les entreprises en amont du projet a permis de coller au mieux à leurs attentes, souligne le directeur. Et de tisser du relationnel : échanger sur un projet permet de se connaître plus facilement que lorsque nous rencontrons les chefs d'entreprises sans intention précise."

Pistes cyclables et éclairage performant

Au-delà des enjeux locaux des entreprises, l'agglomération a également déployé des politiques publiques qui dépassent le site proprement dit. Le nouveau tronçon de piste cyclable de 1,8 kilomètre vient se connecter à la voie verte toute proche du canal latéral à la Garonne et complète ainsi le schéma cyclable global d'Agen Agglomération. Les solutions en matière d'éclairage public ont été particulièrement travaillées. "Nous avons notamment étudié la possibilité du photovoltaïque. Si nous avons finalement choisi un éclairage LED car le photovoltaïque n'était pas rentable du fait de l'existence préalable de fourreaux, ce travail nous a permis d'intégrer désormais une option photovoltaïque dans tous nos appels d'offres", précise le directeur. L'agglomération a également mené dans la foulée un audit global de l'éclairage public, avec l'enjeu de diminuer de 50% la facture sur le territoire.

Espaces verts pour rafraîchir la ville

L'innovation la plus importante concerne les espaces verts. Des sondes implantées dans des noues permettent de déclencher un arrosage automatique en goutte à goutte des arbres lors de fortes chaleurs. L'enjeu est d'augmenter leur évapotranspiration pour qu'ils jouent un rôle de climatisation naturelle. Le reste de l'année, à l'inverse, drains et puisards favorisent un retour plus important des eaux de surface vers la nappe phréatique, mieux alimentée. Cette expérimentation est menée avec le soutien du cluster Eau et changement climatique qui fédère une cinquantaine d'entreprises et des laboratoires locaux et l'université de Bordeaux. "L'enjeu des recherches en cours, dont fait partie l'expérimentation sur Boé, est de voir comment l'arrosage des espaces verts en été peut contribuer à mieux climatiser les villes." Une question essentielle à Agen, "cuvette" géographique qui connaît des épisodes réguliers de très fortes chaleurs.

Volet financier du projet

L'ensemble du projet de requalification de la zone de Boé se monte à 2.510.205 € hors taxes, intégralement pris en charge par Agen Agglomération. Les voiries et réseaux divers (VRD) constituent la majeure partie de l'enveloppe (2.316.594 €) du fait du linéaire traité, long de 1,8 km. Le volet éclairage public se monte à 110.312 € et les espaces verts à 83.299 €. Les innovations nécessaires à l'expérimentation "climatisation naturelle" ont généré un surcoût de 111.200 € réparti entre les lots VRD et espaces verts, soit 4,8% de l'enveloppe totale.
 

Agen Agglomération

Nombre d'habitants :

96660
8 rue André Chénier
47916 Agen Cedex

Olivier Lamouroux

Directeur général des services
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