Localtis
Virginie Fauvel

Sapeurs-pompiers : la FNSPF réclame trois mesures en cas d'interventions à risque

Sécurité

La Fédération nationale des sapeurs-pompiers (FNSPF) réclame trois mesures suite à la mort du sapeur-pompier de 1re classe Geoffroy Henry, âgé de 27 ans, agressé le 4 septembre à l'arme blanche à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) : la mise en place d’un numéro unique, un accompagnement par les forces de sécurité dans les situations à risque et des formations adaptées en cas de violence. Le ministre de l'Intérieur a appelé les préfets à appliquer la circulaire du 13 mars qui prévoit notamment que les sapeurs-pompiers soient accompagnés par des policiers dans les situations difficiles.

L'amélioration de la coopération entre police, pompiers et Samu passe d'abord, selon la FNSPF (Fédération nationale des sapeurs-pompiers), par la mise en place d'un numéro d'appel d'urgence unique, le 112, à la place de tous ceux existant actuellement en France : 15, 17, 18, 112 et 115. "En effet, la dispersion actuelle des numéros et des plateformes complexifie le traitement des appels, générant transferts, perte de temps et perte potentielle de précieuses informations", argumente la FNSPF dans un communiqué du 5 septembre publié en réaction à la mort du sapeur-pompier de 1re classe Geoffroy Henry, âgé de 27 ans, agressé le 4 septembre à l'arme blanche à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Un drame qui intervient dans un contexte de recrudescence des agressions contre les sapeurs-pompiers. Les déclarations d'agression ont progressé de 18% en 2016 touchant 2.280 sapeurs-pompiers.
La fédération réclame également la systématisation de l’accompagnement des équipes de sapeurs-pompiers par les forces de l’ordre pour certains types d’intervention ou lorsqu’un risque est pressenti, ainsi que des formations adaptées pour faire face aux situations violentes : "les sapeurs-pompiers ont besoin désormais d’une meilleure formation à la détection, l’appréhension et la réaction face aux situations de conflit et de violence, pour leur propre sécurité comme pour celle des autres", poursuit-elle.

Accompagnement

Même écho chez André Goretti, président de la Fédération autonome, premier syndicat chez les sapeurs-pompiers. "Ce que nous réclamons depuis de nombreuses années, c'est l'accompagnement par les forces de l'ordre (...) lorsqu'il y a intervention à risque sur des cas de démence, des feux de poubelles, des feux de véhicules dans des zones prioritaires ou autre organisation de guet-apens", a-t-il déclaré sur Franceinfo, mercredi 5 septembre. "Mais il n'y a pas de réponse de la part du ministère de l'Intérieur et pour autant, on nous demande d'intervenir."
La FNSPF avait déjà lancé un cri d’alerte via la campagne de sensibilisation digitale #TouchePasAMonPompier et appelé les pouvoirs publics à prendre des mesures concrètes pour "protéger ceux qui protègent". Dominique Bussereau, président de l'Assemblée des départements de France (ADF) et Olivier Richefou, président de la Conférence nationale des services d'incendie et de secours (CNSIS) ont exprimé leur solidarité après ce drame, sur Twitter.

Circulaire du 13 mars 2018

Le gouvernement dit travailler pour améliorer la coopération entre les pompiers et les forces de l'ordre, mettant en avant les mesures prises pour favoriser le dépôt de plainte des pompiers et le renforcement en 2017 des sanctions pénales contre les auteurs de violences envers eux. Le ministère de l'Intérieur veut aussi mettre l'accent sur la formation des pompiers à la négociation et aux techniques de défense face à une personne agressive. Lors de sa conférence de rentrée le 6 septembre, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb a assuré qu’il fallait faire en sorte que les sapeurs-pompiers "ne suppléent pas les carences ambulatoires". Il a par ailleurs indiqué avoir demandé par "télégramme" aux préfets d'appliquer "dans tous les départements" la circulaire le 13 mars 2018 visant à ce que les sapeurs-pompiers soient accompagnés par des policiers dans les situations difficiles. Le locataire de la place Beauvau a aussi demandé à ce qu’un contact permanent entre les préfets et les ARS soit établi, "de manière à ce qu’on ait le signalement tout le temps des personnes sortant d’un hôpital psychiatrique".

Exemptés de péage uniquement en cas d’intervention sur l’autoroute
L'Etat continue de discuter avec les sociétés concessionnaires d'autoroute "pour trouver ensemble une bonne solution" afin d'exonérer de péages les forces de l'ordre lors de leurs interventions en urgence, a-t-on appris le 6 septembre auprès du ministère des Transports.
Un amendement à la dernière loi de finances, adopté à l'unanimité en octobre 2017, prévoit que les services d'urgences soient exemptés des droits autoroutiers dans certaines conditions. Mais il n'est pas entré en vigueur, en l'absence de décret d'application. "Depuis l'adoption de cet amendement, nous travaillons pour trouver les bonnes modalités d'application permettant de mettre en œuvre cette mesure en pratique", a indiqué le ministère. "C'est pourquoi le décret d'application n'est pas encore publié. Nous avons une discussion avec les sociétés concessionnaires et travaillons avec elles pour trouver ensemble une bonne solution, afin de pouvoir mettre en œuvre la mesure dans les meilleurs délais comme le souhaite le gouvernement", selon la même source. "Les services prioritaires type pompiers et forces de sécurité civile ne payent pas le péage quand ils utilisent l'autoroute pour intervenir sur l'autoroute", a expliqué Thomas Pertuiset, directeur du transport routier de voyageurs et des autoroutes à l'Arafer, l'autorité de régulation des activités ferroviaires et routières. "Par contre, quand ils utilisent l'autoroute pour intervenir en dehors, ils s'acquittent du péage a posteriori", a-t-il ajouté. En attendant la publication du décret, les pompiers, la police, les gendarmes et les ambulances doivent donc continuer de verser aux concessions autoroutières, selon la nature de leur déplacement, des sommes loin d'être négligeables dans leurs budgets de fonctionnement.
AFP

 

Haut de page