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Solidarités par temps de Covid-19 : le gouvernement ouvre sa plateforme de mobilisation citoyenne

Alors que les associations de solidarité doivent se passer d'une partie de leurs bénévoles, à commencer par les plus âgés, le gouvernement lance sa plateforme de mobilisation citoyenne sur le site de la réserve civique. L'objectif : centraliser les besoins en volontaires des associations, communes et autres opérateurs publics, pour "qu’aucun territoire ne soit oublié". Quatre domaines d'action ont été mis en avant : aide alimentaire et d'urgence, garde exceptionnelle d'enfants, maintien du lien avec les personnes isolées, solidarités de proximité.

"Nous avons des associations qui manquent de bras aujourd'hui", a déclaré Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, le 19 mars à l'Assemblée nationale. Il a notamment rappelé qu'une part importante des bénévoles d'associations de solidarité avait plus de 70 ans – ce serait un tiers des bénévoles pour les Restos du cœurs, la moitié pour d'autres associations – et devait aujourd'hui rester chez soi. "Plusieurs points de distribution pour les plus démunis ont déjà dû fermer leurs portes ces derniers jours faute de bénévoles", alerte le gouvernement dans un communiqué du 22 mars.

Pour limiter "l’impact social de la crise sanitaire" et répondre aux besoins "dans un certain nombre de secteurs absolument vitaux", le gouvernement lance donc un "appel à la mobilisation des Français" à travers la plateforme de la réserve civique.

Collectivités et associations peuvent publier leurs besoins en volontaires

Accessible aux adresses "jeveuxaider.gouv.fr" et "covid19.reserve-civique.gouv.fr", la plateforme propose quatre domaines d'engagement : aide alimentaire et d'urgence (distribution de produits de première nécessité et de repas), garde exceptionnelle d'enfants (enfants de soignants ou d'une structure de l'aide sociale à l'enfance), lien avec les personnes isolées (par téléphone notamment), solidarité de proximité (de voisinage).

Associations, collectivités, centres communaux d'action sociale, maisons départementales des personnes handicapées, ou autres opérateurs publics peuvent y "faire état de leurs besoins de renforts". La commune de Montflanquin (Lot-et-Garonne), 2.300 habitants, a ainsi publié trois requêtes pour trouver : 20 volontaires pour faire les "courses de produits essentiels pour [leurs] voisins les plus fragiles", 20 autres volontaires pour des gardes d'enfants et 50 volontaires pour "maintenir un lien (téléphone, visio, mail…) avec des personnes fragiles isolées (âgées, malades, situation de handicap, de pauvreté, de précarité, etc." La plateforme fournit des supports, tels qu'une fiche de "pistes pour l'écoute téléphonique" réalisée par l'association Les Petits Frères des pauvres. À Lyon, c'est près de 300 volontaires qui étaient recherchés ce 23 mars par l'association Entourage pour cette mission de maintien du lien ; "six places restantes", pouvait-on lire sur la plateforme en début d'après-midi.

Mobiliser en particulier les jeunes en service civique ne pouvant plus exercer leurs missions habituelles

"La centralisation de ces missions essentielles sur le site jeveuxaider.gouv.fr garantit leur visibilité, et donc le fait qu’aucun territoire ne soit oublié", insiste le gouvernement dans son communiqué, alors que d'autres plateformes ont été lancées ces derniers jours (voir notre article du 18 mars 2020).

La plateforme vise notamment à mobiliser les jeunes en service civique ne pouvant plus assurer leurs missions dans le contexte du Covid-19 ; il y en aurait actuellement 58.000, a indiqué Gabriel Attal à l'AFP. Au-delà, toute aide serait la bienvenue, les personnes de plus de 70 ans ou atteintes d'une maladie chronique ne pouvant toutefois s'engager "que dans des missions à distance, depuis [leur] domicile". Une rubrique rappelle les "règles de sécurité" à respecter pour limiter les risques liées à ces formes d'engagement.

Si les associations sont en manque de bénévoles, elles ont aussi besoin de soutien financier. En témoignent les nombreux appels aux dons lancés ces derniers jours, pour leur permettre d'adapter les modalités d'intervention au contexte de crise sanitaire. La fondation Abbé-Pierre et Emmaüs Solidarité comptent ainsi sur la générosité du public pour "financer des tickets-service par dizaines de milliers" et permettre aux personnes démunies de faire elles-mêmes les courses de première nécessité. Au Secours populaire français, la poursuite de l'aide alimentaire revêt plusieurs formes selon les endroits : distribution de colis plus fournis une fois tous les 15 jours plutôt qu'une fois par semaine, distributions mobiles, envoi de bons d'achat.

Sur l'aide à distance, à noter que sept associations de promotion du bénévolat ont lancé ce 23 mars un portail destiné à proposer des missions à distance pour soutenir les associations.

Des centres de santé dédiés au Covid-19 ouvrent en Haute-Garonne

À ce stade, la réserve civique ouverte par le gouvernement porte uniquement sur des missions de solidarité sociale, parallèlement à la réserve sanitaire qui mobilise des professionnels de santé pour prêter main forte aux besoins chaque jour plus prégnants dans les hôpitaux - avec une coordination notamment effectuée par les agences régionales de santé, comme en Île-de-France.

À Colomiers (Haute-Garonne), la municipalité a cependant pris l'initiative d'ouvrir un centre médical dédié à l'accueil de personnes présentant des symptômes du Covid-19, comme s'en est fait l'écho le journal Le Parisien le 20 mars. Cela afin de désengorger les hôpitaux comme les cabinets médicaux de ville et de limiter les risques de contagion en salle d'attente. Dans ce centre dédié, des agents municipaux volontaires distribuent des masques et assurent l'orientation des personnes vers des box d'attente organisés selon les mesures de sécurité en vigueur. Ces personnes sont ensuite examinées par des médecins généralistes également volontaires. Selon France Bleu Occitanie, quinze centres de ce type devaient ouvrir ce 23 mars à Toulouse, sur l'exemple de celui de Colomiers, dans des locaux mis à disposition par la mairie tels que des maisons de jeunes et des espaces culturels.    

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