Souveraineté et transition écologiques désormais dans les priorités des élus au numérique

Le 7 octobre 2021 s’est tenue la troisième édition du congrès national des élus au numérique, organisé par l’association Villes Internet. Dans la perspective de l’élection présidentielle, les élus ont fait part de leurs priorités numériques. Aux enjeux, peu nouveaux, de la lutte contre les fractures numériques s’ajoutent désormais la souveraineté et le verdissement du numérique.

Une centaine d’élus délégués au numérique, représentant essentiellement des communes, s’est réunie le 7 octobre 2021 pour débattre des priorités numériques pour les années à venir. L’originalité de la démarche est d’avoir été nourrie de 727 contributions ayant fait l’objet d’une analyse sémantique pour en tirer toute la substance. Le congrès du 7 octobre a en outre permis de prioriser les sujets, les axes thématiques étant divisés par deux, par rapport à la motion 2020.

Le bon niveau pour mutualiser

Qu’est-il sorti de cet exercice collaboratif ? Quatre grandes priorités dont certaines soutenues de longue date par Ville Internet. On retrouve ainsi la lutte contre les fractures numériques, sur laquelle les élus invitent à davantage de "volontarisme". On remarquera cependant, accélération de la fibre oblige, que le volet accès a disparu au profit de l’acculturation de tous au numérique, des citoyens aux agents en passant par les jeunes. L’internet citoyen, axe majeur de l’association depuis sa création, figure également en bonne place. Les élus appellent cependant à une "clarification des compétences" et à mutualiser les moyens "dans le respect des compétences et responsabilités locales".  Une proposition à mettre au regard des projets quelque peu colbertistes de l’État en matière de services numériques (passage obligé par des plateformes nationales, "Apification" à marche forcée des services publics…) et du fléchage de l’essentiel des financements du plan de relance vers des projets d’envergure nationale.

Datacenters locaux et logiciels libres

Les débats récents autour de l’utilité de la 5G et de l’impact environnemental du numérique sont également passés par là. Les élus défendent ainsi un "numérique raisonné" et demandent des "référentiels communs" pour mesurer l’empreinte carbone du numérique. Ils invitent aussi à soutenir davantage l’innovation au service de la sobriété numérique et les filières de reconditionnement de matériels informatique. En matière de souveraineté numérique enfin, face à la toute-puissance des Gafam, ils souhaitent la création de "centre territoriaux des données" (data center) proposant des solutions de cloud souverain. Ils incitent aussi à la création de services publics locaux des données – sur le modèle de celui de la ville de Rennes – compilant données publiques et privées dans le strict respect du RGPD. Enfin, ils invitent à "systématiser" les développements informatiques mutualisés sur la base de logiciels libres.

Cette motion va être diffusée aux candidats à la présidentielle avec comme objectif central de faire des collectivités un pivot incontournable des politiques numériques de l’État.

 

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