Sur la plage du Porge, la fin des poubelles signe celle des déchets (33)

Depuis 2014, la commune a engagé une politique zéro déchet qui a entraîné une baisse de plus de 90% du volume de déchets issus de la plage.

Supprimer les poubelles pour limiter les déchets jetés par les habitants et les touristes sur les plages. Le pari, pris en Gironde en 2014 par la commune du Porge (3.030 habitants), apparaît réussi. "Pour préserver ce site naturel et faire face à l'augmentation du volume de déchets à traiter, qui a un coût important pour la commune, nous avons testé une approche radicale. Nous nous sommes inspirés des refuges de montagne où il n'y a pas de poubelles et où l'on doit redescendre avec ses déchets", explique le responsable du pôle Technique et Environnement du Porge, Valentin Désiré.
Parallèlement au retrait des poubelles, la commune met en place des actions de communication pour expliquer ce choix et installe des panneaux aux abords des plages, mettant en scène des enfants d'école primaire expliquant : "Je ne veux pas ramasser les déchets pour toi." "Notre crainte, c'était un report des volumes de déchets vers les poubelles des parkings. Il en existait environ 120. Mais ce n’a pas été le cas", note le responsable du pôle Technique et Environnement

Miser sur l’éducation à l’environnement

"Nous avons décidé de changer de paradigme, de miser sur l’éducation à l’environnement et d’opter pour des mesures assez radicales. L’empreinte humaine sur les sites naturels est devenue trop importante, il faut réagir avant qu’il ne soit trop tard", explique le maire du Porge, Martial Zaninetti. Grâce au soutien de l’Ademe, la plage du Porge devient un site pilote, ce qui permet en 2018 de financer un système de dépose poubelle. Des containeurs semi-enterrés sont installés sur une bretelle d'accès aux parkings de la plage. Ce dispositif, dont 20% du coût a été pris en charge par la commune (soit environ 25.000 à 30.000 euros), s'inscrit une politique globale, est précisé dans un plan plage en 2018 et doté d'un budget d'un million d'euros, financé par la commune, l'État, la région et le département.

D’autres communes suivent le mouvement

Malgré la réticence initiale de l’opérateur de collecte et traitement des déchets sur ce projet et quelques retours négatifs d'habitants et touristes au départ, le changement a été accepté et des estivants en viennent même aujourd'hui à demander aux commerçants de la zone de proposer des produits sans emballage. "On est passé de 27 tonnes à moins de 200 kg de déchets par an sur la plage et de 90 tonnes à moins de 6,4 tonnes sur les parkings. Il n’y a presque plus de dépôts sauvages. Et le tri s’est amélioré, avec 40 % des volumes qui partent vers les cartons, plastiques et verres. C'est un succès, et d'autres communes en Bretagne et dans les Landes suivent le mouvement", observe le responsable du pôle Technique et Environnement.

Soutien politique et adhésion des équipes techniques

Pour lui les facteurs de succès sont liés tout d’abord au portage politique de ce projet par plusieurs élus ; ensuite, au fait qu’il est en cohérence avec d'autres actions de la commune inscrites dans un Agenda 21 ; enfin, l'adhésion des équipes techniques, le caractère naturel et protégé de la plage et ses abords, ainsi que la communication, contribuent également à la réussite. "C'est une initiative duplicable, même s'il y aurait quelques précautions d'usage à prendre dans les grandes stations balnéaires", prévient-il. Enfin, les économies réalisées sur les coûts de ramassage et de traitement des déchets ont été investies dans différentes infrastructures et une partie du travail des agents municipaux a été réorienté vers d'autres missions, notamment la prévention.

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