Environnement - Un nouveau plan d'action gouvernemental contre les algues vertes

Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, et Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'écologie, ont présenté ce 3 février en Conseil des ministres une communication sur un nouveau plan d'action sur les algues vertes dont le coût est estimé à 134 millions d'euros sur la période 2010-2014. Ce plan "répond à un engagement" pris par François Fillon lors de son déplacement à Saint-Michel-en-Grève le 20 août dernier, suite à la mort d'un cheval et au malaise de son cavalier sur une plage des Côtes-d'Armor en juillet 2009. Il a été élaboré sur la base d'un rapport interministériel remis le 20 janvier et dont les recommandations n'ont pas été rendues publiques.

Le plan concerne les vingt-trois bassins versants associés aux huit baies à "algues vertes" (1) identifiées dans le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage) du bassin Loire-Bretagne. Il vise en premier lieu à "assurer une gestion irréprochable des algues vertes échouées, par l'amélioration de leur ramassage et de leur traitement, en vue de supprimer tout risque sanitaire et de réduire les nuisances", indique le communiqué du Conseil des ministres. Il entend aussi réduire les "flux de nitrates de toutes origines vers les côtes". A cette fin, il prévoit de "préserver ou de réhabiliter les zones naturelles". Il s'agira ainsi de récréer des espaces naturels tampon pour ménager les cours d'eau qui se jettent dans la mer : en baie de Saint-Brieuc, par exemple, l'objectif sera de réhabiliter 20% du territoire en zones humides, prairies, haies...

Surtout, le plan mise sur un changement des pratiques agricoles dans les bassins versants concernés. Une "traçabilité des flux d'azote" sera mise en place, ainsi qu'un renforcement des contrôles, ajoute le communiqué du Conseil des ministres, précisant que certaines mesures "seront mises en oeuvre sous forme d'appel à projets territoriaux". Le phénomène des "marées vertes" est en effet directement lié aux déversements de nitrates issues des engrais agricoles dans les cours d'eau. Selon le secrétariat d'Etat à l'Ecologie, "le volume des engrais minéraux azotés achetés par les agriculteurs bretons est égal au volume des excédents d'azote en Bretagne". Le plan pourrait donc limiter le taux de nitrates à 10 mg par litre dans les rivières, au lieu des 50 mg admis pour la consommation humaine et les agriculteurs devront modifier leurs pratiques en matière d'engrais.

Le plan comporte par ailleurs un volet portant sur l'amélioration des connaissances sur le phénomène de prolifération des algues vertes et sur les moyens de leur valorisation.
Enfin, l'Etat souhaite encourager la méthanisation des algues collectées, afin d'en produire de l'énergie.

Le plan sur les algues vertes sera mis en oeuvre sous la responsabilité d'un comité de pilotage présidé par le préfet de la région Bretagne et associant la région, l'Agence de l'eau Loire-Bretagne, l'Ademe, "ainsi que l'ensemble des acteurs concernés", sans plus de précisions sur la nature de ces acteurs. Chantal Jouanno se rendra vendredi 5 février à Rennes pour le présenter aux élus, aux associations et aux agriculteurs.

 

Anne Lenormand avec AFP
 

(1) Baies de La Fresnaye, de Saint-Brieuc, de Douarnenez et de Concarneau, grève de Saint-Michel, anses de Locquirec, de l'Horn-Guillec, de Guisseny.

 

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