Jean-Noël Escudié / P2C

Service sanitaire - Un renfort pour la prévention dans les Ehpad et les établissements médicosociaux

Social

Santé, médico-social, vieillissement

Jeunesse, éducation et formation

Si le service national universel voulu par le chef de l'Etat reste encore incertain dans ses contours, le service sanitaire a en revanche été présenté, le 26 février, par Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, et par Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. Le service sanitaire "s'adresse à tous les étudiants en santé avec pour but de les familiariser avec les enjeux de prévention en santé". Son principe avait été posé en janvier 2017 par Emmanuel Macron, alors candidat à la présidentielle. Sa mise en œuvre s'appuie sur les préconisations du rapport commandé au professeur Loïc Vaillant - ancien président de l’université François Rabelais de Tours et de la commission santé de la Conférence des présidents d’université - et remis officiellement le 26 février.

Une composante de la stratégie nationale de santé

L'instauration de ce service sanitaire s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de santé (voir nos articles ci-dessous) et plus particulièrement son axe relatif au développement de la prévention. Sa mise en œuvre doit concerner les 47.000 étudiants en médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, kinésithérapie et soins infirmiers.
Le service sanitaire prendra la forme d'un module de trois mois - continu ou discontinu -, intégré aux cursus de formation respectifs de ces professions et obligatoire pour l'obtention du diplôme. Il comprendra plusieurs temps. Tout d'abord, un temps de formation spécifique pour permettre aux étudiants d'acquérir les connaissances, les compétences et les savoir-être nécessaires à l'intervention auprès du public. Ensuite une intervention des étudiants dans un lieu donné afin de "délivrer les messages de prévention adaptés au public, animer des ateliers et participer à des actions". Enfin, un temps de débriefing et d'évaluation pour échanger sur cette expérience avec les référents du programme.

Des lieux d'intervention et des thématiques très variés

Les interventions de prévention réalisées par les étudiants dans le cadre de ce module se feront - le plus souvent sous forme collective - dans différents lieux : écoles, collèges en zone d'éducation prioritaire, lycées (y compris en zone rurale), entreprises, Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), établissements médicosociaux, lieux de privation de liberté...
Les thématiques abordées seront "choisies pour leur impact sur la santé, articulées avec les priorités nationales de santé publique et avec les politiques régionales". Elles pourront ainsi concerner, dès 2018-2019, des thèmes prioritaires de santé publique, comme la vie affective et sexuelle, les comportements d'addiction, l'activité physique, la nutrition... Le rapport du professeur Vaillant évoque aussi d'autres thèmes possibles, comme les troubles du sommeil, les écrans, l'hygiène, les caries, l'aide à la parentalité ou les gestes qui sauvent.

Un calendrier ambitieux

Le calendrier de mise en œuvre du service sanitaire est ambitieux. Alors que le comité de pilotage du projet a été installé le 22 décembre dernier, les premières expérimentations se mettront en place dès mars 2018 à Angers, Caen, Clermont-Ferrand et Dunkerque. Les dispositifs de coordination et les textes réglementaires nécessaires à la mise en place du service sanitaire seront, pour leur part, déployés en juin 2018. Dès la rentrée 2018, il est prévu le "déploiement à large échelle à partir des initiatives expérimentées depuis le mois de mars, pour les formations de kinésithérapie, maïeutique, médecine, odontologie, pharmacie, soins infirmiers". La généralisation du service sanitaire à toutes les formations de santé devrait ensuite intervenir à la rentrée 2019.
Selon l'éditorial des deux ministres dans le dossier de présentation, "le rapport qui nous a été remis par le professeur Vaillant montre une large adhésion des étudiants et des formateurs, et l'existence d'expériences qui peuvent dès ce mois de mars évoluer et prendre la valeur d'expérimentations du service sanitaire".

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