Alpes-Maritimes : labellisation de la stratégie territoriale pour la prévention des risques en montagne

Après les tempêtes Alex et, plus récemment, Aline, qui ont durement touché les Alpes-Maritimes, l'Etat a labellisé la stratégie de reconstruction résiliente présentée par la communauté d'agglomération de la Riviera française (CARF).  Dans le cadre de l'appel à projets Stratégies territoriales pour la prévention des risques en montagne (STePriM), elle va notamment bénéficier d'un soutien du fonds Barnier et des collectivités qui s'ajoutent aux actions déjà engagées depuis la tempête Alex il y a trois ans.

Réunie à Nice ce 12 décembre, la commission nationale de labellisation des Stratégies territoriales pour la prévention des risques en montagne (STePriM) a accordé son label à la stratégie présentée par la communauté d'agglomération de la Riviera française (CARF), qui englobe notamment la vallée de Roya, dont le territoire a été durement touché par les tempêtes Alex en octobre 2020 et plus récemment Aline en octobre dernier.

33,5 millions d'euros d'investissements sur six ans

Face à ces événements, le ministère de la Transition écologique s'engage aux côtés des collectivités territoriales pour les accompagner dans des actions de reconstruction résiliente, a-t-il indiqué dans un communiqué. Un soutien financier est apporté via le fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit fonds Barnier, et le lancement d'un appel à projets de STePriM. La stratégie élaborée par la CARF avec le soutien du syndicat mixte pour les inondations, l'aménagement et la gestion de l'eau maralpin (SMIAGE) a ainsi été retenue. Elle prévoit un investissement de 33,5 millions d'euros sur six ans. Près de la moitié des financements (16,2 millions d'euros) provient de l'Etat dont 13,3 millions du seul fonds Barnier. Le conseil départemental des Alpes-Maritimes apporte 10,2 millions d'euros, le SMIAGE 4,9 millions d'euros, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur 1,8 million d'euros et les communes de la CARF 0,5 million d'euros.

La stratégie labellisée comporte 55 actions fondées notamment sur l'amélioration de la connaissance et de l'information sur les risques, la surveillance des phénomènes, l'alerte et la gestion de crise, la prise en compte des risques dans l'urbanisme, la réduction de la vulnérabilité et les travaux de protection. Ces actions couvrent les phénomènes de pluies torrentielles, de glissements de terrain, de chutes de blocs rocheux, de séisme, d'avalanche, de feux de forêt et de végétation.

Elle complète celles déjà engagées par l'Etat depuis la tempête Alex, qui ont fait l'objet d'un point d'étape ce 5 décembre, lors du 4e Conseil de la reconstruction des vallées sinistrées dans les Alpes-Maritimes. Présidée par le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, la réunion à laquelle étaient conviés des parlementaires et des représentants des collectivités territoriales dont les 27 maires des communes touchées par la tempête Alex, a permis de constater que la quasi-totalité des crédits de l'Etat dédiés à la reconstruction, soit 300 millions d'euros, ont été engagés. Ils ont servi en particulier à la restauration des infrastructures endommagées par la tempête (routes, ponts, réseaux d'eau et d'assainissement, protection des berges).

Soutien au développement des vallées

Le ministre a déclaré que les fonds exceptionnels de reconstruction seront mobilisés sur les deux prochaines années, en 2024 et 2025, afin de finaliser les projets en cours. Un bureau d'études indépendant sera également mandaté pour effectuer des contrôles en 2024, afin de garantir la qualité des travaux. Si elle a entraîné des dégâts moins importants qu'Alex il y a trois ans, la tempête Aline a entraîné la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle dans 10 communes et l’État, à travers un arrêté, a justifié le caractère d’urgence de certains travaux à réaliser dans les cours d’eau, qu'il s'agisse de réparer les conséquences d’Aline ou d'accélérer des travaux définitifs de sécurisation des berges, a aussi relevé le ministre.

Christophe Béchu a également annoncé le lancement dans les prochaines semaines d’une mission interministérielle d’appui pour l’évaluation des dégâts et le calcul de la dotation de solidarité post-Aline. Cette mission sera aussi chargée de procéder rapidement à un retour d’expérience de la reconstruction des vallées sinistrées et de faire des propositions pour lever des blocages d’ordre opérationnel, mais aussi réglementaire.  

Au-delà de la reconstruction des infrastructures, le ministre a souligné l'importance de soutenir le développement des vallées. Dans ce cadre, l’État a mené en 2022 une concertation citoyenne auprès des habitants et des maires des vallées. Sur la base de leurs propositions, un travail collectif avec des représentants des collectivités territoriales et des acteurs économiques a permis d’identifier des projets concrets à soutenir. L'Etat leur apportera une enveloppe de 50 millions d'euros, complétée par les collectivités territoriales. Les 10 premiers projets validés, qui concernent toutes les vallées sinistrées et couvrent des domaines variés (tourisme, agriculture, mobilité, habitat) recevront un soutien de l’État de près de 6 millions d'euros, a indiqué le ministre. Christophe Béchu prévoit de se rendre dans les Alpes-Maritimes au premier trimestre 2024 pour rencontrer les maires et les habitants ayant participé à la concertation citoyenne, lors d'un événement de présentation des projets.