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Rénovation urbaine - Anru : "ça décolle"

L'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) serait en passe de rattraper les retards enregistrés sur les premières années du programme 2005-2013, avec une accélération du nombre de projets sortis de terre. Le plan de relance a d'ailleurs été un facilitateur.

Retards, financement insuffisant ou fragile, rouages et modalités de paiement trop complexes… telles sont à peu près les critiques que l'on a pu entendre régulièrement sur la réalité du Programme national de rénovation urbaine (PNRU) et sur le fonctionnement de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). Notamment à l'automne dernier, lorsque le Comité d'évaluation et de suivi de l'Anru évoquait lui-même, dans un rapport, la nécessité de "simplifier les procédures", des engagements financiers "incertains", des objectifs parfois revus à la baisse, un "décalage temporel entre les démolitions et les reconstructions de logements sociaux", un "retard général des engagements et des livraisons" et donc un taux de réalisation insuffisant... Ces critiques, le directeur général de l'Anru, Pierre Sallenave, à ce poste depuis août 2008, les connaît et n'en nie pas le bienfondé. "Nous étions imparfaits et légitimement critiquables sur nos modalités de paiement. Les choses sont loin d'être parfaites, mais il y a eu de gros progrès", indique-t-il par exemple. Et, surtout, assure-t-il, l'avancée du PNRU lui-même aurait elle aussi réussi son tournant : "Le programme avait pris du retard dans ses débuts. Aujourd'hui, ça décolle. On le voit partout. Les bâtiments sortent de terre, ce qui fait d'ailleurs que le regard des habitants n'est plus celui de l'incrédulité initiale. Oui c'était dur, compliqué. Mais quelque chose est en train de changer." Pierre Sallenave s'exprimait ce vendredi 11 septembre lors d'un point de presse organisé, notamment, à l'occasion de la parution du rapport d'activité 2008 de l'Anru. Ses propos concernent donc l'année 2008, avec des résultats que ne démentent pas les premiers chiffres de 2009.

 

Coup d'accélérateur

Au 31 décembre 2008, les opérations engagées représentaient 36% du montant global promis au PNRU - qui, rappelons-le, porte sur la période 2005-2013 - pour un montant total payé de 1,4 milliard d'euros, avec une progression des paiements de plus de 50% par rapport à 2007. Et pour 2009, cette progression par rapport à l'année précédente est d'ores et déjà de 62%. "Ces résultats de 2009 sont tirés par les objectifs très forts du plan de relance", commente Catherine Lacaze, directrice financière de l'Anru, en notant que le mois d'août sera "un mois record", avec 117 millions d'euros versés aux maîtres d'ouvrage.
Les 350 millions d'euros supplémentaires dont bénéficie l'Anru au titre du plan de relance ont en effet donné un vrai "coup de boostage", confirme Pierre Sallenave : "Ces crédits vont permettre d'accélérer et de lancer, dès 2009, 1.200 opérations sur 211 communes. Le plan de relance bénéficie en fait à des projets qui étaient prêts mais étaient un peu encarafés, un peu fragiles. L'instruction de tous les dossiers est terminée et 400 opérations ont effectivement démarré". Au total, 12.000 constructions de logements sociaux sont prévues grâce aux crédits du plan de relance (un nombre important comparé aux 18.000 logements construits depuis les débuts du PNRU), ainsi que 28.000 réhabilitations et 21.500 "résidentialisations". En notant que l'"effet de levier" du plan de relance devrait générer plus de 4 milliards de travaux et créer ou maintenir, selon les estimations de la Fédération nationale du bâtiment, 48.000 emplois.
En cumulant tout cela, au 1er septembre 2009, l'Anru pouvait afficher 335 conventions signées portant sur 460 quartiers (sur 557 quartiers éligibles pour l'ensemble de la période) et 40 milliards d'euros de travaux programmés, dont 11 milliards affectés et 2 milliards payés.

 

Le maire, "acteur central de la rénovation urbaine"

Au-delà de ces chiffres, Pierre Sallenave met l'accent sur les effets concrets de cette accélération, avec des "transformations urbaines spectaculaires". Il évoque aussi le renforcement, en 2008, du partenariat avec l'Acsé, reflet d'une meilleure prise en compte de la dimension sociale et humaine des projets, qu'il s'agisse d'éducation, d'insertion, de prévention de la délinquance...
Autre aspect mis en avant dans le travail de l'Anru : l'accompagnement des porteurs de projets. Centres de ressources Anru, interventions du Pôle d'appui opérationnel (missions de conseil réalisées à la demande des maires, par exemple pour l'aide au recrutement d'un chef de projet), édition d'un référentiel métier et d'un "Guide du tandem de la rénovation urbaine" destiné à améliorer la collaboration entre les élus et les directeurs de projets... "Nous devons leur simplifier la vie", estime Pierre Sallenave pour qui, si le maire est bien "l'acteur central de la rénovation urbaine", "les services de la ville sont rarement organisés pour un tel projet".
Les premières conventions quinquennales arrivant à échéance fin 2009 (à Bordeaux, Boulogne-sur-Mer, Châteauroux, Le Havre, Meaux, Montauban...), "nous devons nous poser dès maintenant, avec les maires, la question de ce qui se passe après", entre autres en envisageant les choses "à une autre échelle, à l'échelle de l'agglomération", esquisse le directeur général. Celui-ci a par ailleurs rappelé que l'année 2010 sera notamment marquée par la mise en œuvre, sur l'ensemble des départements, d'une délégation élargie aux préfets et aux DDE... mais ne s'est en revanche pas directement exprimé sur la possibilité d'un "Anru 2" post-2013 déjà réclamé par de nombreux élus locaux ainsi que par l'Union sociale pour l'habitat.

 

Claire Mallet
 

 

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