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Anticiper et répondre aux besoins d'emploi de secteurs en tension : une mission remplie par la plate-forme des métiers de l'agglomération de Châteauroux

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Pour renforcer l'accès à l'emploi et remédier aux difficultés de recrutement des entreprises, la communauté d'agglomération castelroussine a créé une plate-forme des métiers. Ciblée sur les métiers du bâtiment, forte de son succès, elle s'ouvre aujourd'hui à d'autres métiers en tension : hôtellerie, restauration, industrie. Sa mission de base est d'informer, former et faire connaître aux chômeurs et salariés les métiers de ces secteurs. Et d'aider les entreprises à trouver la main-d'oeuvre recherchée.

Alors que des entreprises peinent à recruter une main-d'oeuvre qualifiée et que, de l'autre côté, des demandeurs d'emploi ne demandent qu'à travailler, comment réunir les deux intelligemment ? La solution choisie par la communauté d'agglomération castelroussine a été de créer une plate-forme des métiers en tension, ciblée au départ sur les entreprises du BTP.
Concrètement, il s'agit d'offrir un parcours d'un point A à un point Z, facilitant l'accès à un emploi durable, en mettant en relation les chômeurs ou salariés en recherche d'un nouvel emploi et les entreprises en besoin de main-d'oeuvre. Pour être pertinente, cette réponse suppose un travail préalable et continu de connaissance des besoins d'emploi des entreprises du BTP, à court et moyen termes. Et de l'autre côté, d'informer les chômeurs ou salariés sur les métiers et les perspectives d'emploi dans ce secteur. Un rôle assumé par Annick Ciret, responsable de la plate-forme.
Tous les mardis matin, elle reçoit un groupe de personnes venues soit spontanément soit sur recommandation de l'ANPE ou de la mission locale. "J'explique l'objectif de la plate-forme puis je reçois chacun en entretien individuel, présente Annick Ciret. En fonction du projet de la personne, de son expérience, de ses motivations, je peux proposer une période d'immersion en milieu professionnel de 15 jours pour confirmer son orientation, une formation courte d'adaptation pour pallier un manque de savoir-faire, ou je peux orienter vers un contrat d'apprentissage qui pourra intéresser une entreprise que je connais, etc."

Logique d'anticipation et de mise en relation

"Ce projet est né d'un faisceau de circonstances", résume Sophie Monestier, vice-présidente de la communauté d'agglomération déléguée à la politique de la ville. Fin 2004, la collectivité s'apprête à contracter un programme de renouvellement urbain avec l'Anru. "Il nous a semblé pertinent de mesurer l'impact de cette commande publique à venir sur les entreprises du BTP, et ce en fonction de leur personnel et de l'évolution de leur courbe démographique." Or, il a été rapidement confirmé que celles-ci auraient des difficultés à recruter (la commande publique passant de 5 à 10% de leur chiffre d'affaires) et donc à répondre aux appels d'offres. "D'où l'idée de réfléchir à un système simple permettant d'anticiper et d'être d'être réactifs en mobilisant des publics en recherche d'emploi", poursuit Gilles Coatrieux, directeur du développement solidaire à la CA (1), service auquel est rattachée la plate-forme. "Pour démarrer cette réflexion, nous avons mené, avec la direction départementale du travail et de l'emploi (DDTEFP), un tour de table des partenaires institutionnels et des entreprises et il s'avérait que chacun disait : on a une solution ou des outils mais il manque un lien entre tous. La plate-forme joue aujourd'hui ce rôle, en centralisant les besoins et en mobilisant les outils au cas par cas", souligne Sophie Monestier.
"Les chantiers ne devaient démarrer que quelques mois plus tard, ce qui nous laissait le temps de réaction nécessaire pour rencontrer les entreprises afin de définir leurs besoins, étudier les profils souhaités, ce qu'elles envisageaient ou non en terme de formation éventuellement et ensuite à nous de leur proposer des candidats pouvant correspondre", complète Annick Ciret.

Un partenariat judicieux : la complémentarité

La plate-forme ne se substitue ni à l'ANPE ni aux agences d'intérim, insiste Gilles Coatrieux. "Les agences d'intérim placent des gens proches de l'emploi, tandis que l'ANPE est en difficulté pour placer des candidats qui n'apparaissent pas aptes à répondre aux offres. Il fallait mener un travail plus qualitatif que quantitatif, pour parfois pondérer les exigences de entreprises, en quête du mouton à cinq pattes, mais aussi inciter des demandeurs d'emploi à se tourner vers ce secteur du BTP à priori peu attractif en les accompagnant par le biais de formations rapides", développe Gilles Coatrieux. "Il est bien évident que cela a pu provoquer quelques tensions car tout changement dérange, mais la plate-forme joue bien sur la complémentarité et a réussi à mobiliser des partenaires volontaires, chacun ayant compris que nous avons tous besoins les uns des autres", pondère Sophie Monestier.

"Sur-mesure" et réactivité ! 

Et chacun d'insister sur la valeur ajoutée de la plate-forme : le sur-mesure. "Lorsque l'on propose un candidat à une entreprise, c'est parce qu'on estime qu'il a des atouts. On garantit un accompagnement dans l'entreprise, mais également le suivi de formation si besoin. On a étudié en amont parmi les mesures pour l'emploi celle qui s'adapte à l'entreprise, précise Annick Ciret. Ainsi, si je propose un contrat de professionnalisation à une entreprise, on a déjà choisi l'organisme de formation et programmé les dates, il ne lui reste plus qu'à dire oui !"
La plate-forme bénéficie d'une marge de manoeuvre appréciable pour cela : une souplesse d'action et de mobilisation des financements. L'équipe est réduite au duo formé d'Annick Ciret et de sa collaboratrice administrative (passée à temps plein suite à l'élargissement de la plate-forme en septembre). "J'ai une liberté d'action qui me permet de réagir vite à une demande d'entreprise et je dispose d'une enveloppe financière qui me permet rapidement d'enclencher une formation si une entreprise est demandeuse", évoque Annick Ciret.
D'un budget de 70 000 euros la première année (financé à plus de 70% par des crédits politique de la ville et Anru, auxquels s'ajoutaient des financements de la DDTE et de la CA), le budget a été multiplié par deux (150.000 euros), grâce à la participation du Fonds social européen, du contrat de projet Etat-région, et du soutien confirmé d'autres financeurs (comme la Mission droits de femmes pour soutenir l'emploi féminin ou encore la Caisse des Dépôts). La CA participe actuellement à hauteur de 20% du budget total. Un comité de pilotage associant les principaux partenaires (2) se réunit tous les trois mois. Un comité technique, restreint, tous les mois.

Des résultats probants

Depuis son lancement en janvier 2005, la plate-forme a suivi environ 250 personnes par an. Avec un placement de près de 8 personnes sur 10. "Nous avons des résultats probants pour les personnes proches de l'emploi, mais alors que le chômage a fortement baissé sur le territoire (de 9,7 % en 2006 à 7,3 % aujourd'hui), nous sommes dans un contexte différent et avec un noyau dur de personnes qui ne sont pas directement employables et qui nécessitent un accompagnement social ou tout au moins d'avoir des réponses graduées au cas par cas", constate Gilles Coatrieux. D'où l'idée d'utiliser d'autres outils tels que des chantiers d'insertion, de façon à remettre certaines personnes dans le bain d'une ambiance et des contraintes de travail.
La plate-forme a certainement aidé à ce que les entreprises soient en capacité de satisfaire ici à la clause d'insertion exigée depuis par l'ANRU sur tous les chantiers de renouvellement urbain : le principe étant de réserver un quota d'heures pour l'emploi d'habitants des zones concernées. "Entre la plate-forme et le travail conjoint mené par le PLIE (plan local d'insertion par l'emploi), nous disposons des outils ad hoc pour épauler les entreprises et accompagner les publics plus en difficultés vers ces emplois", assure Gilles Coatrieux.

A suivre : hôtellerie, restauration, logistique...

La décision a été prise en septembre 2007 d'élargir la plate-forme à d'autres secteurs en tension sur le département : hôtellerie, restauration, industrie. "L'ANPE qui couvre le secteur de l'industrie a réalisé avant l'été un état des offres et il s'avère que 260 étaient non pourvues. Elle nous a alertés et nous avons considéré qu'il fallait élargir notre champ d'action", justifie Gilles Coatrieux. Le secteur des services à la personne, sur lequel le conseil général a également recensé de nombreux besoins, est également visé, mais avec prudence ; la solvabilité de ces emplois étant liés aux capacités financière des personnes à financer ces services...

 

(1) Direction regroupant politique de l'habitat, de la ville, renouvellement urbain et emploi.
(2) La direction départementale du travail, le Fond social européen, la chambre de commerce et de l'industrie, la chambre des métiers, l'Agence nationale pour la rénovation urbaine, le conseil régional, le conseil général, l'Assedic de l'Indre, la Capeb et la FFB, l'Afpa.

 

Emmanuelle Stroesser, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis


 

Contact(s)

Plate-forme départementale des métiers

5, rue du 8 mai 1945- Espace Initiatives
36000 Châteauroux
02 54 34 32 53

Annick Ciret

Responsable de la plate-forme
plateformebtp36@agglo-chateauroux.fr

Communauté d'agglomération Castelroussine

24, rue Bourdillon- BP 547
36018 Chateauroux Cedex
02 54 08 70 30
Nombre d'habitants : 85000
Nombre de communes : 15
Nom de la commune la plus peuplée : Châteauroux (46140 hab.)

Sophie Monestier

Vice présidente en charge de la politique de la ville
sophie.monestier@gan.fr

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