Attractivité des métropoles françaises : l’Occitanie confirme son leadership

Selon la 9e édition du baromètre Arthur Loyd de l’attractivité et de la résilience des métropoles françaises publié le 20 janvier 2026, l’Occitanie reste la région la plus attractive de France, avec Toulouse et Montpellier sur le podium. Une attractivité durable, fondée sur le capital humain et la qualité de vie, mais qui est confrontée à la hausse des coûts du logement et aux limites de l’offre immobilière.

L’Occitanie s’impose comme la région la plus attractive de France, avec près de 19.000 nouveaux habitants par an à Toulouse et 11.000 à Montpellier, selon la 9e édition du baromètre Arthur Loyd publié le 20 janvier 2026 et établi à partir de 75 indicateurs statistiques (Insee, Banque de France, Inpi…). Présentes de longue date sur le podium, les deux villes confirment leur statut : Toulouse conserve son leadership dans la catégorie des "très grandes métropoles", tandis que Montpellier reprend la première place parmi les "grandes métropoles". Angers retrouve la tête des métropoles intermédiaires, devant Dijon et Reims, et Bayonne confirme son dynamisme au sein des agglomérations de taille moyenne.

"Le classement des plus grandes métropoles reste relativement stable, notamment grâce à des atouts structurels solides et durables", analyse Cevan Torossian, directeur du département études et recherches d’Arthur Loyd. L’attractivité métropolitaine se construit dans le temps et repose sur une stratégie politique de long terme fondée sur un triptyque clé : l’investissement dans le capital humain – via l’attraction et la rétention des jeunes diplômés grâce à une offre riche d’enseignement supérieur et de R&D, le développement de filières d’excellence, des solutions de mobilité les plus décarbonées possibles, et un marché immobilier tertiaire suffisamment dynamique pour attirer les entreprises.

Autres facteurs déterminants de l’attractivité

La qualité de vie constitue un autre facteur déterminant. Elle s’appuie sur l’accueil, l’hospitalité et la qualité des équipements urbains. Un cadre de vie agréable, une offre culturelle diversifiée et renouvelée, ainsi que des solutions de garde adaptées aux jeunes parents permettent aux métropoles de fidéliser leurs habitants. Montpellier, qui réalise "une performance d’anthologie" en décrochant la première place dans la catégorie "grandes métropoles" et en dominant trois des quatre thématiques du classement (vitalité économique, accueil des entreprises et immobilier professionnel, connectivité, capital humain et transitions, et qualité de vie), n’arrive toutefois qu’en huitième position sur l’indicateur de qualité de vie, pénalisée notamment par le coût élevé du logement. Lyon, Rennes, Angers et Bayonne connaissent des difficultés similaires dans leurs catégories respectives.

Le coût élevé du logement apparaît ainsi comme "le revers de la médaille" de l’attractivité. La forte demande, conjuguée à la crise du logement qui touche la majorité des villes françaises, tire les loyers et les prix de vente vers le haut. Seules Toulouse et Grenoble échappent à cette tendance, avec des niveaux de prix encore relativement modérés. La capacité à produire de nouveaux logements devient donc un enjeu majeur pour les villes les plus attractives. 

Toulouse pénalisée par une offre insuffisante de bureaux neufs

L’accueil des entreprises et les coûts d’implantation constituent un autre défi, y compris pour les métropoles bien classées. Toulouse, par exemple, "bien que toujours attractive, reste pénalisée par une offre insuffisante de bureaux neufs", ce qui limite sa capacité à proposer rapidement des espaces de travail modernes. De son côté, La Rochelle, dans la catégorie des agglomérations de taille moyenne, souffre de loyers de bureaux élevés et de capacités restreintes pour accueillir des activités industrielles, ce qui pourrait freiner son potentiel d’attractivité économique à long terme. 

Enfin, l’innovation et la transition écologique représentent un enjeu supplémentaire pour certaines villes comme Reims, Dijon, Bayonne et Poitiers, où les investissements privés dans les filières vertes demeurent faibles à l’échelle départementale. Une situation susceptible de constituer "un frein à leur positionnement sur des secteurs d’avenir fortement valorisés par les entreprises", soulignent les auteurs du baromètre.

Focus sur les grandes gagnantes de l’attractivité

·      Pour la troisième année consécutive, Toulouse se classe en tête des "très grandes métropoles" les plus attractives. Arrivée première des thématiques "Connectivité, capital humain et transitions" et "Qualité de vie", la métropole creuse l’écart avec ses concurrentes. Portée par son rayonnement international, ses ambitions en matière d’innovation et de transition verte, ainsi que par un coût du logement relativement maîtrisé, Toulouse affiche une attractivité solide. Son dynamisme démographique (+1,3 % par an d’habitants entre 2016 et 2022), son niveau élevé de diplômés de l’enseignement supérieur, et la richesse de son offre en enseignement supérieur, lui permettent de conserver un très bon niveau de vitalité économique, malgré une dynamique de l’emploi "contenue". 

·      Après deux années à la deuxième place, dans la catégorie "grandes métropoles", Montpellier retrouve la première place, devant Rennes et Grenoble. La métropole se distingue en arrivant en tête des quatre thématiques évaluées, malgré un recul sur l’indicateur "Qualité de vie", principalement lié au coût élevé du logement et aux risques climatiques. Portée par une forte vitalité économique, un marché immobilier tertiaire dynamique, un important bassin d’emplois et un dynamisme démographique soutenu, Montpellier confirme son attractivité. Ses initiatives en faveur de l’innovation, la diversification des mobilités décarbonées, la production d’énergies renouvelables et une bonne connectivité ferroviaire renforcent également son positionnement parmi les grandes métropoles françaises.

·      Après un passage à la troisième place, Angers retrouve la tête du classement des villes intermédiaires. La métropole se distingue par son excellence en matière d’accueil des entreprises, portée par un marché tertiaire solide et des quartiers d’affaires dynamiques. Elle bénéficie également d’un marché de l’emploi qualifié et d’une démographie soutenue par une forte proportion de diplômés du supérieur. Aidée par des mobilités performantes et une bonne connectivité avec Paris, Angers se classe parmi les meilleures en "Connectivité, capital humain et transitions". Son cadre de vie et son offre d’enseignement supérieur constituent de solides atouts pour cette ville. Toutefois, le coût du logement et des marges de progression en matière d’accueil des activités industrielles et d’ouverture internationale limitent encore sa performance globale.

·      Pour la troisième année consécutive, Bayonne conserve la première place de la catégorie "agglomérations de taille moyenne". La ville se distingue par une très bonne qualité de vie, un dynamisme démographique très marqué et une forte attractivité touristique et étudiante, soutenue par son ouverture internationale favorisée par l’essor du trafic international de l’aéroport de Biarritz. Si Bayonne se classe en tête de la thématique "Connectivité, capital humain et transitions", la hausse continue du coût du logement, la faiblesse de l’offre d’immobilier professionnel et des capacités limitées pour les activités industrielles et logistiques constituent des freins à son développement. La vitalité économique demeure un autre point de vigilance, en raison d’un tissu encore peu doté en grandes entreprises et en activités métropolitaines supérieures.

 

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