Tourisme - Avec Dataville, Airbnb joue la transparence et met ses données à disposition des collectivités

Dans la lutte d'image qui oppose les plateformes d'intermédiation touristique, les professionnels de l'hôtellerie et certaines collectivités, Airbnb marque un point en mettant en ligne Dataville, "le portail d'Open Data sur l'activité des hôtes et voyageurs dans des milliers de communes, départements et régions de France". Jusqu'à présent, seules des initiatives privées, comme celle du vice-président du conseil départemental de la Gironde et conseiller municipal de Bordeaux avec son site observatoire-airbnb.fr, permettaient d'avoir une vision un peu globale et transversale de l'impact de la plateforme d'intermédiation touristique.

Quatre données à disposition pour tous les territoires

Le fonctionnement du site "dataville by airbnb" est très simple. Il suffit de saisir le nom d'une commune, d'un département ou d'une région pour voir aussitôt s'afficher quatre données : le nombre d'annonces disponibles sur la plateforme, le nombre d'"arrivées voyageurs" sur un an, le nombre de nationalités représentées et le revenu annuel moyen d'un hôte. Cette dernière donnée n'est toutefois fournie que dans le cas des communes. Si on saisit un nom de région ou de département, elle est remplacée par l'estimation, en millions d'euros, de "l'impact économique" de l'activité liée à la plateforme. A noter : il n'y a pas non plus d'indication du "revenu annuel d'un hôte" pour Paris, remplacée par l'impact économique (la capitale étant à la fois une ville et un département).
Comme l'explique le communiqué d'Airbnb, Dataville permet "aux municipalités de mieux suivre le développement de l'activité touristique via Airbnb sur leur commune, et son impact positif sur l'attractivité de leur commune, comme sur le pouvoir d'achat de leurs administrés".

Un manque de précisions méthodologiques

Pour tirer profit de ces données, il faut toutefois connaître leur périmètre. Le site indique ainsi que les données de Dataville concernent les utilisateurs d'Airbnb (hôtes et voyageurs) en France entre le 1er septembre 2016 et le 1er septembre 2017. Seules sont intégrées les communes comptabilisant au moins dix hôtes ayant loué au cours des douze derniers mois. Les "annonces disponibles" correspondent à tout logement actif mis en ligne sur le site d'Airbnb à la date du 1er septembre 2017. Les "arrivées voyageurs" recouvrent l'ensemble des voyageurs se rendant dans un lieu donné, tandis que le "revenu annuel d'un hôte" correspond à la "valeur médiane [et non pas la moyenne, ndlr] du revenu total gagné par l'hôte sur la période d'un an couverte par l'étude". La fiche technique précise que "le revenu annuel est présenté sur un hôte type", ce qui mériterait pour le moins quelques éclaircissements méthodologiques. Enfin, "l'impact économique" mériterait également des explications plus approfondies, puisqu'il s'agit de la "somme des dépenses estimées des voyageurs (loisirs, restaurants, transport...) et des revenus des hôtes (via Airbnb)".

3.100 euros de revenu par an pour un hôte de Cannes

Sous ces réserves, Dataville a le mérite de permettre des comparaisons entre territoires. Il apparaît ainsi que Paris compte 65.000 annonces disponibles, 2 millions de voyageurs de 178 nationalités, pour un impact économique estimé à 1,7 milliard d'euros. Pour les communes, le "revenu médian annuel d'un hôte" va de 3.100 euros à Cannes et 3.000 euros à Neuilly à 1.200 euros à Roubaix.
Parmi les départements - et hors Paris -, les Alpes-Maritimes se distinguent avec un impact économique de 560 millions d'euros, contre 8 millions d'euros en Lozère ou dans la Nièvre.
 

 

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