Bornes de recharge de véhicules électriques : la CLCV dénonce à son tour la "loterie des tarifs"

À la suite d'une enquête portant sur plus de 200.000 points de recharge publique de véhicules électriques, l'association de consommateurs CLCV a dénoncé ce 12 juin la "loterie des tarifs", pointant des prix "à la fois opaques et très variables".

En mai dernier, l'association Que Choisir Ensemble (ex-UFC Que Choisir) a déjà dénoncé "l'opacité tarifaire" des bornes de recharge électrique, à partir des prix pratiqués par huit opérateurs de mobilité sur 121 points de recharge entre le 1er et le 21 avril 2026 (lire notre article). La CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) lui a emboîté le pas en publiant ce 12 juin les résultats d'une enquête portant cette fois sur plus de 200.000 connecteurs de recharge sur l’ensemble du territoire et sur deux années de données tarifaires. L'association de consommateurs dénonce à son tour "la loterie des tarifs" de recharge publique des véhicules électriques, les prix pratiqués étant "à la fois opaques et très variables".

Multiplicité de modes de facturation

"À la différence des carburants, dont les prix sont affichés de manière homogène et directement comparables", "la recharge publique repose sur une multiplicité de modes de facturation : prix au kWh, à la minute, forfait par session, auxquelles peuvent s’ajouter des frais annexes (frais de connexion, de stationnement ou d’itinérance), souligne la CLCV dans un communiqué. Cette complexité rend la comparaison difficile et empêche souvent le consommateur de connaître à l’avance le coût réel de sa recharge".

L'association pointe d'abord des écarts de prix importants selon le mode d’accès. "Pour une même recharge en courant alternatif triphasé, un automobiliste peut payer 0,36 euro/kWh en accès direct ad hoc, tandis que les prix facturés via certains opérateurs de mobilité (via une carte ou application mobile) peuvent atteindre 1,033 euro/kWh, soit un écart pouvant approcher +190 %", indique-t-elle. Dans le département du Nord, par exemple, la différence entre le tarif moyen en accès direct et celui pratiqué via les opérateurs de mobilité (MSP) atteint 45%. Deux automobilistes rechargeant sur une même borne peuvent ainsi payer des montants très différents en fonction du seul mode d’accès utilisé (badge ou application).

Fortes disparités territoriales

L'étude fait aussi ressortir de fortes disparités territoriales et locales. Pour un même réseau et dans un même département, les écarts entre le tarif minimum et le tarif maximum observés peuvent atteindre plus de 200% dans certains cas. Ainsi, dans les Alpes-Maritimes, les tarifs observés sur des bornes 22 kW au sein d'un même réseau de recharge varient de 0,328 euro/kWh à 1,162 euro/kWh, soit un écart de 255%. Dans les Hauts-de-Seine, ils s’échelonnent de 0,270 euro/kWh à 0,960 euro/kWh pour un autre opérateur, soit également un écart de 255%.

Demande de régulation

"Les résultats accablants de cette étude montrent que le marché de la recharge des véhicules électriques est insuffisamment régulé par les pouvoirs publics. Une reprise en main s'impose", selon le président de la CLCV, Éric Adachowsky, cité dans le communiqué. L'association demande "la généralisation de moyens de paiement simples et universels, dont le paiement par carte bancaire, afin de limiter le recours contraint à certaines applications ou badges et de faciliter l’accès à la recharge pour l’ensemble des usagers". Elle appelle également à "une simplification des structures tarifaires" et à "la généralisation du prix au kWh comme référence principale", avec un suivi national des prix, "pour permettre aux usagers de comprendre et de maîtriser le coût de leur recharge".

 

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