Développement local - Capitale européenne de la culture : une chance pour l'économie du "13"

Le 12 janvier, Marseille-Provence 2013 lancera ses festivités de "Capitale européenne de la culture". Pendant un an, des centaines de manifestations animeront la cité phocéenne et ses alentours. Un impact économique que les acteurs locaux chiffrent à plus de 600 millions d'euros. Au moins dans un premier temps...

"En 2013, Marseille sera 'the place to be' pour faire du business !" C'est en ces termes que Didier Parakian, adjoint au maire de la ville délégué à l'export, parle non pas d'un énième salon professionnel ou congrès d'entrepreneurs, mais de la Capitale européenne de la culture ! Car, à l'unisson de l'ensemble des acteurs politiques et économiques locaux, il souhaite faire de cette année 2013 et de sa très riche programmation culturelle un véritable levier de développement économique et touristique.
Avec des retombées à court terme bien sûr. Mais aussi à long terme. Un peu comme l'a fait Lille, Capitale européenne de la culture en 2004, avec 9 millions de participants aux animations, une fréquentation touristique dopée de 30% et "dix années gagnées en termes de notoriété du territoire", selon les organisateurs nordistes. Sachant que, depuis 2006, Lille 3000 prend chaque année le relais de Lille 2004, histoire de prolonger ces effets positifs.
"C'est une vraie référence pour nous, admet Bertrand Collette, chargé de mission Coordination territoriale et grands chantiers au sein de l'association organisatrice Marseille-Provence 2013. Et je suis persuadé que si MP2013 est un succès, nous pourrons continuer à investir dans la culture pour changer, comme dans le Nord, l'image de notre territoire."

600 millions à un milliard d'euros de retombées

Reste que Lille 2004, dans son bilan, a "oublié" de traduire les retombées économiques et touristiques en espèces sonnantes et trébuchantes... "Le monde de la culture trouve cette question taboue et préfère évoquer la démocratisation culturelle, précise Bertrand Collette. Pour ma part, j'évite de balancer des grands chiffres. Ils peuvent être utiles à la mobilisation des acteurs, mais il faut rester modeste et prudent."
Jacques Pfister, le président de MP2013 ne s'embarrasse pas de telles précautions. Peut-être parce qu'il est aussi le président de la chambre de commerce et d'industrie de Marseille-Provence. Tout un symbole. Il évoque 600 millions d'euros à 1 milliard d'euros de retombées directes en 2013, en se basant sur le ratio observé notamment lors de l'exposition Picasso-Cézanne, au musée Granet d'Aix-en-Provence, en 2009.
"Partout, on observe un ratio de 6 à 7 euros générés par euro injecté, explique-t-il. Or, ici, nous sommes à 100 millions d'euros consacrés à l'organisation de l'événement. Et compte tenu de l'argent investi en plus dans les équipements culturels, je suis persuadé que 600 millions d'euros est un chiffre pessimiste !" Et d'associer allègrement les vocables "tiroir-caisse" et "rentabilité" avec ceux de "politique culturelle", d'"image" et de "rayonnement du territoire."
Pour son homologue à la chambre de commerce et d'industrie du Pays d'Arles, Francis Guillot, également vice-président de la chambre régionale de commerce et d'industrie de Provence-Alpes-Côte d'Azur, tous les chiffres ne sont pas bons à dire. "Soyons concrets, humbles et réalistes, dit-il. Ce qui compte, c'est de mobiliser pour profiter au maximum d'un événement dont les potentialités restent méconnues par les acteurs économiques." Lui, préfère accorder du crédit à la prévision de 2 millions de touristes supplémentaires dans le département des Bouches-du-Rhône, par rapport aux 8 millions généralement accueillis. "Sachons bien les accueillir et MP2013 sera un tremplin : ils reviendront."

Un "pavillon" façon expo universelle

Il est vrai qu'au-delà de l'événement "Capitale européenne de la culture" et de la programmation exceptionnelle qui l'entoure - 800 à 900 événements labellisés -, des investissements conséquents ont été consentis, par les collectivités notamment, pour faire prendre un virage culturel à la deuxième ville de France. On parle de plus de 650 millions d'euros, financés par la ville, l'Etat, le département, la région et les partenaires privés. Concrètement : des équipements tels que les 26.000 m2 du Mucem (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée), le centre régional de l'Euroméditerranée, le nouveau Frac (fonds régional d'art contemporain), etc. "Nous avons ajouté 3,5 millions d'euros pour le Pavillon M au pied de la mairie, précise Didier Parakian. Comme à l'occasion d'une exposition universelle, ce sera une porte d'entrée vers notre territoire, une vitrine de ses richesses, ses savoir-faire dans tous les domaines. Car nous voulons que les gens reviennent et investissent ici. 2013 n'est pas une fin en soi..."
Mais 2013 devrait toutefois faire l'objet d'évaluations pour mesurer, après les prévisions, les retombées concrètes de cette année pas comme les autres. Et déterminer si Marseille pourra tirer parti à long terme d'une vraie réussite. "De notre côté, nous allons entre autres évaluer les répercussions sur l'attractivité et l'image du territoire", explique Virginie Besrest, de la société lyonnaise Euréval, missionnée par MP2013 à la demande de Bruxelles.
Quant au calcul économique à proprement parler, les CCI et Bouches-du-Rhône Tourisme devraient s'en charger. Histoire de vérifier si, comme le disent les acteurs, l'économie industrielle et portuaire de Marseille est bien entrée, en 2013, dans "une nouvelle ère".

 

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