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Carte scolaire : Jean-Michel Blanquer promet de ne pas fermer "de classe en milieu rural sans accord du maire"

Le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, a promis vendredi 27 mars 2020 qu'en ces "circonstances exceptionnelles", il n'y aurait "aucune fermeture de classe en milieu rural à l'école primaire sans l'accord du maire" à la rentrée prochaine. Les maires ruraux prennent acte de l’annonce qui étend un principe déjà édicté. 

"On est dans de telles circonstances exceptionnelles que les ouvertures et fermetures de classes qui se prévoient en ce moment, nous les revoyons", a déclaré le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, sur TF1 vendredi 27 mars 2020. À la rentrée de septembre 2020, "on ne fera pas une seule fermeture de classe en milieu rural à l'école primaire sans accord du maire", a-t-il déclaré. Le président de la République, Emmanuel Macron, s'était déjà engagé il y a un an à ce qu'il n'y ait pas de fermetures d'écoles sans accord des maires. "En milieu urbain on va aussi reconsidérer l'équilibre des ouvertures et fermetures d'écoles", a aussi indiqué le ministre. "Il ne doit pas y avoir de querelle avec quiconque sur la préparation de cette rentrée", a-t-il insisté.
Depuis quelques jours, le débat de la carte scolaire agitait notamment la droite sénatoriale. L'ensemble des sénateurs Les Républicains de la commission de la culture et de l'éducation ont adressé jeudi 26 mars un courrier au ministre pour lui demander la mise en place d'un moratoire sur les opérations de carte scolaire (lire encadré ci-dessous ). "Nous craignons que des annonces de fermetures de classes crispent inutilement le corps enseignant, actuellement au travail pour assurer une continuité pédagogique nécessaire, ainsi que les parents d'élèves", ont-ils notamment écrit.

Une annonce "d'apaisement" saluée par les maires ruraux 

Les l'Association des maires ruraux salue dans un communiqué du même jour l’annonce "visant à étendre le principe de l’accord du maire pour l’éventuel projet de fermeture de classe". Les maires précisent toutefois qu’ils saisiront le ministre de l’Éducation nationale "pour l’interroger sur les détails de la mise en œuvre de cette annonce dans l’ensemble des départements avec la vigilance nécessaire".
Ils l’interrogeront également sur la suite donnée aux engagements du gouvernement dans l’Agenda rural. Ils attendent des éléments de réponse sur deux chantiers annoncés en septembre 2019, que sont "l’indice d'éloignement" et la meilleure prise en compte des spécificités des "classes multi-âges", notamment en matière de formation et d'accompagnement des personnels enseignants”.

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Des sénateurs pour un moratoire sur les opérations de carte scolaire

À l’initiative de Max Brisson (Pyrénées-Atlantiques) et Stéphane Piednoir (Maine-et-Loire), l’ensemble des sénateurs des Républicains membres de la commission de la culture et de l’éducation du Sénat ont demandé à Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation, par un courrier adressé le 26 mars 2020, un moratoire sur les opérations de carte scolaire.
En cette période de pandémie de Covid-19, les sénateurs estiment que "poursuivre la préparation des cartes scolaires […] paraît d’autant plus incompréhensible et aberrant que l’installation des nouveaux conseils municipaux a été repoussée de même que le second tour des élections municipales, ce qui a également des conséquences sur l’ensemble de l’environnement institutionnel des collectivités et l’organisation des territoires qu’elles incarnent".
Dans leur courrier, les sénateurs confient que "nombreux sont les maires qui [leur] font part de la délicatesse de leur situation : alors qu’ils s’apprêtaient à passer la main à de nouveaux élus, ils doivent entamer une négociation avec l’État ayant des impacts lourds et au-delà de la prolongation de mandat, sans que leur successeur n’ait encore de reconnaissance officielle et pu participer à ces travaux".
Les signataires craignent enfin "que des annonces de fermetures de classes crispent inutilement le corps enseignant, actuellement au travail pour assurer une continuité pédagogique nécessaire, ainsi que les parents d’élèves".
Les opérations de carte scolaire permettent d'établir chaque année l'affectation des élèves dans les établissements scolaires, les ouvertures et fermetures de classes ainsi que les créations et suppressions de postes d'enseignants. Elles s'appuient notamment sur les projections réalisées à partir des statistiques démographiques (lire notre autre article du jour). Les collectivités participent à l'élaboration de la carte scolaire en siégeant dans les conseils départementaux de l'Éducation nationale (CDEN). 
Jean Damien Lesay 

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