Aisne

Château-Thierry : la communauté de communes associe les salariés à la revitalisation du territoire

Développement économique

Tourisme, culture, loisirs

Suite à la disparition de 125 emplois dans une usine du territoire, la communauté de communes de la région de Château-Thierry a proposé au comité d'entreprise de négocier une convention de revitalisation avec la préfecture. Une initiative originale et... réussie !

Le scénario n'est pas original, malheureusement. Mais quand il se déroule sur un territoire rural autour d'une petite ville centre comme Château-Thierry, dans l'Aisne, c'est une catastrophe sociale et économique qui s'annonce, avec les conséquences durables que l'on connaît sur le dynamisme général. En décembre 2005, Wagon-automotives, une entreprise de 480 salariés du secteur de la sous-traitance automobile, annonce qu'elle va être contrainte de supprimer 125 à 136 emplois. Le quart des effectifs d'une des principales entreprises du bassin d'emploi qui compte 70.000 habitants ! Pour éviter le pire, les élus se mobilisent aux côtés des salariés et de leurs représentants. Mais ils ne peuvent guère se faire d'illusion quant à l'efficacité de leur démarche, bien sûr.
Dominique Jourdain, maire de Château-Thierry et président de la communauté de communes, décide d'aller plus loin. Il propose au secrétaire du comité d'entreprise (CE) et aux représentants du personnel de faire pression avec les élus pour obtenir des mesures de revitalisation du territoire, au nom de la défense de l'emploi et de la lutte contre la désindustrialisation du bassin d'emploi.

 

Une convention entre le comité d'entreprise et la communauté de communes

Le 30 décembre 2005, le ministère de la Cohésion sociale donne son aval pour la signature d'une convention rédigée et signée par le préfet et l'entreprise, assortie de 300.000 euros de crédits pour les actions de revitalisation du territoire. Dans la foulée, la communauté de communes et le comité d'entreprise de Wagon-automotive signent leur propre convention de partenariat et désignent en commun un consultant pour les aider à faire des propositions concrètes aux services de l'Etat et à l'entreprise. Le consultant définit précisément la zone de revitalisation, le nombre d'emplois concernés, les intervenants à mobiliser pour aider à la création de nouveaux emplois. Le CE et les élus créent un comité de suivi local de la mise en oeuvre des actions prévues par la convention de revitalisation et le consultant les assistent dans ce suivi.
A initiative originale, réaction originale des pouvoirs publics : le préfet accepte d'intégrer une représentation de ce comité de suivi au groupe de travail chargé de définir les actions de revitalisation que l'entreprise doit elle-même mettre en oeuvre.
Il est encore trop tôt pour dire si le pari de la revitalisation du territoire sera réussi à 100%. Des emplois ont été créés, d'autres ont disparu par ailleurs, comme toujours.

 

L'alliance élus/salariés a pesé sur la politique locale de l'emploi

Quoi qu'il en soit, Dominique Jourdain voit dans cette façon de faire beaucoup d'avantages très concrets. D'abord, grâce à la participation des salariées ou de leurs représentants, les discussions entre représentants de l'entreprise, des élus ou de la préfecture, qui pourraient rester confidentielles, deviennent publiques. La participation des salariées leur permet aussi de peser sur l'avenir économique et social de leur territoire, plus concrètement encore que s'ils participaient à un conseil de développement ou à un conseil économique et social local. Les élus eux-mêmes, souvent impuissants devant les décisions des industriels et des investisseurs, en tant que représentants des citoyens, trouvent là une occasion d'intervenir activement pour limiter les conséquences de décisions qui leur échappent. Cette alliance élus/représentants des salariés, en leur conférant du pouvoir, renforce leur représentativité et donne un poids supplémentaire à la politique locale de l'emploi.
"La revitalisation d'un territoire, dit sans hésitation Dominique Jourdain, ne peut se faire sans les salariés eux-mêmes." Faites passer.

 

Jean-Luc Varin, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Contact(s)

Communauté de communes de la région de Château-Thierry

50 Grande Rue - BP272
02400 Château-Thierry
03 23 69 75 41
Nombre d'habitants : 31150
Nombre de communes : 24
Nom de la commune la plus peuplée : Château-Thierry (30800 hab.)

Dominique Jourdain

Maire
cabinet@ville-chateau-thierry.fr

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