COP21 - Climat : Paris tape dans le mille

En réunissant, le 4 décembre, un millier de maires du monde en marge de la COP21 pour faire entendre la voix des collectivités en matière de solutions climatiques et peser sur les négociations qui en sont à mi-chemin, la ville de Paris a indéniablement fait fort. Localtis était présent et revient sur les temps forts de ce sommet des élus locaux pour le climat.

De mémoire d'organisateur, l'hôtel de ville de Paris n'avait jamais réuni autant de monde. Quartier bouclé, organisation au millimètre, près d'un millier d'élus locaux ont écouté pour commencer le discours de François Hollande, soulignant "l'urgence d'agir à l'heure où nous avons toutes les preuves du réchauffement climatique". S'agissant plus particulièrement des villes, le chef de l'Etat a insisté sur la notion de justice climatique, sachant que celles-ci "sont les plus impactées, sont souvent les plus vulnérables et aussi celles qui ont le moins contribué au réchauffement de la planète". Lutte contre la pauvreté et lutte contre les dérèglements climatiques sont, de ce point de vue, intrinsèquement liées. Et l'accès aux moyens de financer l'adaptation au changement climatique, à travers des projets urbains, est bien aux yeux du président Hollande "un défi majeur".

Endosser un rôle de leader

Solutions et technologies existent mais reste aussi, a-t-il souligné, à faciliter leur diffusion et leur partage. Au niveau infra-étatique, un haut responsable chinois des affaires climatiques, qui promeut la mise en réseau de ces solutions, est par exemple venu évoquer l'alliance formée sur cet enjeu dans son pays par une trentaine de villes pilotes.
Alors que "les négociateurs des Nations unies ne sont pas encore clairs sur le cap, ni même l'ambition, de l'accord de Paris, d'autres responsables politiques sont eux prêts à cette transformation et à endosser un rôle de leader", s'est félicité, en tant qu'observateur, Jean-François Julliard, directeur de l'ONG Greenpeace France.

Réseaux des réseaux

La montée en puissance des réseaux de villes était le marqueur de ce sommet du 4 décembre. Un groupe de leadership de 80 grandes métropoles, le C40, piloté par le maire de Rio, Eduardo Paes - qui défend, "parallèlement à la capacité d'action des gouvernements, celle des autorités et administrations locales" -, a tenu dans la journée un forum pour faire valoir sa force de frappe. Il y a été rappelé que le potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre est pour moitié entre les mains des villes.
Même démonstration de force à l'Iclei, association mondiale de villes durables. Son président, le maire de Séoul, Park Won-soon, a indiqué que la feuille de route est à plus de solidarité entre ces réseaux de villes. "Penser global, agir local, n'est plus la bonne formule. L'avenir est au fait de réfléchir localement et d'agir globalement", a rebondi dans une autre salle Joan Clos, ancien maire de Barcelone, secrétaire général adjoint de l'ONU et directeur exécutif du programme ONU-Habitat.

Points de vue croisés

Visiblement, les points de vue convergent. Et le fait de vouloir à ce point peser sur l'accord en négociation au Bourget dans le cadre de la COP21, et sur les suites qui y seront données, est en soi inédit. "Ce sommet des élus va aider à ce que les contributions des villes et gouvernements locaux soient mieux reconnues dans les négociations", a motivé Michael Bloomberg, ex-maire de New York et envoyé spécial des Nations unies pour les villes et le changement climatique.
"Participer à ce sommet est important", confie entre deux portes Ali Haroun, maire de la capitale tchadienne N'Djamena. Il a fait le déplacement à Paris à l'instar de nombreux élus membres de l'Association internationale des maires francophones (AIMF). "Les villes africaines sont aussi impactées par des dérèglements climatiques. A N'Djamena, le tarissement des deux fleuves qui traversent la ville atteint un seuil critique. Parmi les priorités figurent celles de préserver l'existant urbain. Mais aussi de reboiser les environs", ajoute-t-il.

Ne pas se reposer sur ses lauriers

Enfin, dans le cadre de ce sommet s'est tenu le conseil mondial de Cités et gouvernements locaux unis (CGLU), dont Pierre Mauroy fut l'un des plus persévérants initiateurs. C'est le maire d'Istanbul, Kadir Topbas, qui le pilote actuellement et encore pour un an. "Notre capacité d'être un réseau apprenant, qui travaille entre pairs, s'est renforcée en 2015. Notre place est aujourd'hui plus forte dans les négociations internationales. Mais pas question de se reposer sur ses lauriers. Il faut aller plus loin. Renforcer notre présence à New York. Conforter notre dialogue avec les Nations unies. Travailler sur l'urbanisation mais aussi sur les migrations et les crises humanitaires." Des enjeux qui se retrouveront au cœur de la conférence internationale Habitat III, prévue du 17 au 20 octobre prochains à Quito (Equateur).

 

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