Colonies de vacances : le comité de filière Animation en appelle aux collectivités

Devant la baisse préoccupante des départs en colonies de vacances, le comité de filière Animation a rendu un avis invitant notamment à mieux les intégrer dans les objectifs des projets éducatifs de territoire ou des cités éducatives. Il propose également d'expérimenter des guichets territorialisés gérés par les collectivités.

Et si les collectivités locales s'investissaient davantage en faveur des colonies de vacances ? C'est l'une des pistes majeures avancées par le comité de filière Animation, composé de représentants des parties prenantes de la filière sous l'égide du ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, dans un avis intitulé "Pour une revitalisation des départs en séjours collectifs" publié récemment. 

Dans cet avis, le comité de filière Animation fait d'abord le constat d'une baisse structurelle des départs en colonies depuis les années 1990, et même d'une chute historique liée à la crise sanitaire entre 2019 et 2021. Les derniers chiffres de l'Injep (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire) confirment cette tendance : si on a enregistré 1,3 million de départs d'enfants ou d'adolescents en colonies en 2024-2025, ils étaient 141.000 de moins qu'en 2018-2019 (lire notre article du 27 février).

Des aides méconnues et peu lisibles

Pour expliquer cette baisse, le comité de filière évoque la fragilisation du modèle économique des structures organisatrices, en raison d'une diminution des aides publiques mais aussi d'un "effet ciseau" dû à la hausse des coûts fixes, d'un côté, et à la stagnation ou à la baisse des recettes, de l'autre.

Par ailleurs, si les aides au départ existent, elles sont perçues, nous dit le comité de filière, "comme méconnues et peu lisibles dans leur ensemble". À ce tableau, on pourrait ajouter la disparition dans la loi de finances pour 2026 du financement du dispositif "colos apprenantes", qui avait bénéficié à 400.000 jeunes depuis sa création en 2020.

Faire du droit aux vacances une grande cause nationale

Pour relancer les colonies, le comité de filière avance quatre pistes. Il préconise tout d'abord de faire du droit aux vacances une grande cause nationale lors d'une année qui serait dédiée à un grand plan de communication et à une mobilisation massive en direction du grand public et des familles mais également des prescripteurs, dont les collectivités.

La deuxième idée consiste à simplifier l'accès aux aides, que ce soit en harmonisant sur tout le territoire les aides gérées par les CAF (caisses d'allocations familiales), en les faisant entrer dans la catégorie des prestations légales, ou en proposant un portail recensant toutes les aides existantes.

Corollaire de la simplification des aides, la troisième salve de préconisations vise à renforcer les aides financières. Ici, le comité de filière demande notamment une priorité aux aides universelles, octroyées sans condition de ressources, ou aux classes moyennes, par exemple à travers un crédit ou une réduction d'impôts. Il propose parallèlement de développer les financements fléchés auxquels les collectivités sont éligibles afin de leur permettre de plus s'investir.

Intégrer les colonies dans les documents de cadrage

Mais une quatrième série de propositions s'applique plus spécifiquement aux collectivités. Elles visent à intégrer obligatoirement les séjours de vacances dans les documents de cadrage des politiques éducatives locales. Ainsi, un volet consacré aux séjours de vacances deviendrait incontournable dans les PEDT (projets éducatifs de territoire), alors qu'il n'est aujourd'hui que facultatif et "semble absent d'une majorité de PEDT", indique le comité de filière. Cet ajout d'un volet "séjours de vacances" est également demandé pour les projets labellisés "cités éducatives", avec de surcroît la possibilité de financer des départs en vacances via ce dispositif dont ils sont actuellement exclus.

L'autre grande idée du comité de filière pour faire participer les collectivités à la relance des colonies consiste à expérimenter dans quelques communes ou intercommunalités volontaires des "guichets locaux des vacances" en actionnant le droit à l'expérimentation territoriale inscrit dans la Constitution. Dans ce cadre, il s'agirait notamment pour l'État de déléguer aux collectivités la gestion des aides au départ. En contrepartie, les collectivités mettraient en place des guichets territorialisés dotés d'un accompagnement humain autour des demandes d'aides financières, des démarches liées à l'inscription, voire un accès à une aide matérielle pour les familles les plus précaires.

Un plan de sauvegarde pour les centres de vacances

Dans son avis, le comité de filière évoque un dernier point : l'investissement en faveur des centres de vacances... sujet qui a fait l'objet dans second avis publié simultanément. Dans ce dernier, le comité alerte sur la disparition progressive du patrimoine immobilier du tourisme social, en particulier dans les zones à forte tension touristique, et sur la dégradation du patrimoine encore utilisé.

Il demande à cet égard un plan de sauvegarde qui devra s'appuyer sur une collecte "sérieuse et approfondie" de données afin de "mieux protéger et valoriser l'existant, repérer les centres menacés et accompagner des projets individuels ou collectifs", et se prononce pour une mobilisation de fonds publics, voire privés, en faveur des propriétaires et gestionnaires publics, associatifs et privés non lucratifs.

 

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