Communauté d’agglomération du Pays de Saint-Omer : une plateforme bois pour la transition énergétique et l’emploi (62)

La création d’une plateforme bois par la communauté d’agglomération du Pays de Saint-Omer s’inscrit dans sa politique de développement des énergies renouvelables. Elle permet aussi de ramener vers l’emploi des bénéficiaires du RSA.

Née d’une initiative de la communauté de communes du canton de Fauquembergues, la plateforme bois de la commune de Renty s’inscrit aujourd’hui dans la démarche de la communauté d’agglomération du Pays de Saint-Omer (CA-PSO) qui a fusionné quatre communautés de communes en 2017, dont Fauquembergues. Cette démarche vise notamment à associer le développement économique, la transition écologique et les circuits courts. La Plan climat air énergie territorial (PCAET) de l’agglo prévoit de transformer d’y créer un Territoire à énergie positive à l’horizon 2050. 

Une plateforme bois en lieu et place d’une scierie…

La gestation de la plateforme a commencé en 2013 raconte le vice-président de la CA-PSO chargé de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de la politique environnementale, Alain Méquignon : "La fermeture de la scierie de Renty (surface de 1.8 hectares) avait mis sur le carreau une dizaine de salariés et la communauté de communes du Canton de Fauquembergues que je présidais a décidé de la racheter en 2015. Parallèlement, nous avons répondu à un appel à projet Territoires à énergie positive pour la croissance verte. Parmi les actions envisagées figurait la création d’un site de stockage de bois local, de séchage, de broyage en plaquettes et de façonnage de bûches sur l’emplacement de l’ancienne scierie."

Éviter d’artificialiser des terres et créer des emplois

"Nous souhaitions alimenter en circuits courts les chaufferies bois du territoire en évitant d’artificialiser des terres agricoles et en utilisant les voiries existantes déjà dimensionnées pour supporter le passage de camions transportant de lourdes charges." La communauté souhaitait également que la production soit assurée par un chantier d’insertion pour ramener vers l’emploi des bénéficiaires du RSA dans un territoire lourdement touché par la restructuration de la verrerie d’Arques, qui avait coûté plusieurs milliers d’emplois. 

Projet conçu et exploité dans la complémentarité 

Pour mettre la plateforme sur pied la CA-PSO s’est appuyée sur ses forces internes et sur des forces externes. Son service Environnement a piloté l’opération de bout en bout, en relation avec tous les autres intervenants ; le service financier a planché sur le modèle économique ; le service Foncier a défini les modalités de la location des locaux appartenant à la communauté de communes du Canton de Fauquembergues avant la fusion ; la Maison du développement économique a travaillé avec les associations SCIC Énergie Citoyenne, spécialisée dans les chaufferies collectives au bois, et Mahra - Le Toît qui se consacre aux sans-abris et aux chantiers d’insertion sur l’abattage, le débardage, le façonnage, le transport et la livraison de bois. Quant au portage de la plateforme bois, il est assuré par la CA-PSO, mais sa gestion et son exploitation sont déléguées aux deux associations par une convention tripartite entre ces trois partenaires aux vocations complémentaires. 

La question clé de l’approvisionnement local

Parmi les principales difficultés rencontrées par ce projet figure l’approvisionnement en bois local dans un département où la surface boisée n’est que de 9 %, contre 31 % en moyenne nationale. La Plateforme réussit quand même à s’alimenter dans un rayon de 25 km autour de son site. Le bois provient de la taille des haies des exploitations agricoles, des coupes dans les forêts domaniales et des secteurs boisés de la CA-PSO et de structures publiques telles que les centres d’entretien routier du Conseil départemental. Les chutes qui ne peuvent être utilisées pour la fabrication des plaquettes et des bûches sont transformées en copeaux puis répandus sur les espaces verts des communes pour servir d’engrais naturel et remplacer les produits phytosanitaires. "Une partie du bois est récupérée gratuitement et l’autre achetée au meilleur prix en veillant à l’équilibre économique de la plateforme qui emploie une dizaine de salariés", explique le vice-président. 

Activité viable économiquement et socialement

"Notre but n’est pas de faire des bénéfices mais de contribuer à une activité financièrement viable, respectueuse de l‘environnement et contribuant au retour à l’emploi de personnes en difficulté". La viabilité du projet est aussi liée à deux autres facteurs. Le rachat de la scierie et de ses installations à un coût modique de 120.000 euros et le financement de 304.000 euros dans le cadre du programme Territoires à énergie positive qui a notamment rendu possible les investissements nécessaires à une production de qualité. Sans ces deux opportunités les sommes auraient été trop importantes pour assurer la viabilité du projet.

Premier bilan significatif en 2022

Après la première année de fonctionnement toute la production a été vendue, mais il faudra attendre encore deux ans dit-on à la CA-PSO pour établir un bilan significatif. Cinq chaufferies bois sont actuellement en service sur le territoire et la communauté souhaite augmenter leur nombre dans le cadre de sa politique en faveur des énergies renouvelables. "Nous avons plusieurs projets de chaufferies dans les cartons", assure l’élu.

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