Conférence sur l’avenir de l’Europe : les trois instances de l’UE donnent le coup d’envoi

La conférence sur l’avenir de l’Europe aura bien lieu, avec un an de retard au démarrage. Par une déclaration commune signée le 10 mars 2021, les présidents de la Commission, du Parlement et du Conseil ont invité les citoyens des 27 États membres à s’exprimer sur les orientations jugées souhaitables pour l’Union européenne, sur les politiques menées dans tous les domaines comme sur le "degré d'ambition de l'UE". Des conclusions sont annoncées pour le printemps 2022.   

"Nous, présidents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission européenne, aspirons à donner aux citoyens voix au chapitre sur ce qui compte pour eux." Les présidents des trois instances de l’Union européenne ont adopté le 10 mars une déclaration commune sur la conférence sur l’avenir de l’Europe. Initialement prévu en 2020 (voir notre article du 17 janvier 2020) et retardé notamment pour cause de Covid-19, le coup d’envoi de cette conférence a néanmoins bien été donné "en pleine crise". "C'est précisément en temps de crise que nous voyons dans quels domaines l'Europe est au service de ses citoyens, et dans quels domaines nous devons nous améliorer", a jugé Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le 10 mars 2021. "La conférence sur l'avenir de l'Europe sera une occasion unique pour tous les citoyens européens et pour notre société civile de façonner l'avenir de l'Europe, un projet commun qui permette à la démocratie européenne de fonctionner", selon David Sassoli, président du Parlement européen. 

Une plateforme multilingue et des événements pour permettre aux citoyens de l’UE de faire entendre leur voix 

"La conférence sur l'avenir de l'Europe se fixe pour objectif de donner aux citoyens un rôle de premier plan dans l'élaboration des politiques et la détermination du degré d'ambition de l'UE, en renforçant la résilience de l'Union face aux crises, qu'elles soient liées à l'économie ou à la santé", annoncent ainsi la Commission, le Parlement et le Conseil dans un communiqué conjoint. Ce débat public à grande échelle portera notamment sur "la santé, le changement climatique, l'équité sociale, la transformation numérique, le rôle de l'UE dans le monde et la manière de renforcer les processus démocratiques régissant l'Union européenne". La conférence s’appuiera principalement sur une plateforme numérique "multilingue interactive" permettant aux citoyens de soumettre des idées, de participer à des événements et d’en organiser. Une diversité de participants sera recherchée, avec notamment des formats prévus spécifiquement pour un public jeune.   
De nombreux événements "sous forme de réunions physiques ou en format virtuel" seront "organisés à différents niveaux, notamment européen, national, transnational et régional, et associeront la société civile et les parties prenantes", peut-on lire dans la déclaration commune. "Au niveau européen, les institutions européennes s'engagent à constituer des panels de citoyens européens", est-il encore spécifié. Ces panels "représentatifs de la population européenne" seraient chargés de "prendre en compte les contributions recueillies dans le cadre de la conférence, contribuant à l'assemblée plénière de la conférence en formulant une série de recommandations dont l'Union devra assurer le suivi". Lancée a priori officiellement le 9 mai 2021, jour de fête de l’Europe, la conférence sur l’avenir de l’Europe devra livrer ses conclusions "d'ici le printemps 2022" sous forme d’"orientations concernant l'avenir de l'Europe".  

"Un exercice ‘cosmétique’ et ‘top down’ aura le résultat inverse"

Selon un baromètre mené à l’automne 2020 auprès de 27.000 personnes dans les 27 États membres et rendu public le 9 mars, les Européens dans leur grande majorité (92% des répondants) "estiment que les voix des citoyens de l'Union devraient être davantage prises en compte" dans les décisions relatives à l’avenir de l’Europe. Trois quarts des répondants considèrent ainsi "que la conférence sur l'avenir de l'Europe aura une incidence positive sur la démocratie au sein de l'UE", ont mis en avant la Commission et le Parlement dans un communiqué conjoint. 51% des personnes interrogées ont dit souhaiter s'impliquer elles-mêmes dans ce processus de concertation, "les répondants irlandais étant les plus enthousiastes (81%), suivis par les Belges (64%), les Luxembourgeois (63%) et les Slovènes (63%)". 

"Un nouvel exercice ‘cosmétique’ fondé sur une approche ‘top down’ aura le résultat inverse [de celui recherché, ndlr] et nourrira la propagande anti-européenne", a alerté Apostolos Tzitzikostas, président du Comité européen des régions (CdR), dans un communiqué du 10 mars. Associé aux organes de gouvernance du processus, le CdR organisera directement ou indirectement des débats à l’échelle locale pour que la conférence "aille bien au-delà des capitales européennes et rejoigne chaque coin de l’Union". 
 

 

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