Confinement : un "silence inhabituel" en Île-de-France

Une semaine après la mise en place du confinement, un "silence inhabituel" a envahi l'Île-de-France et notamment sa zone urbaine dense, constate Bruitparif dans un bilan publié ce 26 mars. Le long des axes routiers, des voies ferrées, aux abords des aéroports mais aussi dans les quartiers habituellement animés de la capitale et près des chantiers, tout l'environnement sonore est chamboulé.

"Un paysage sonore complètement modifié" en Ile-de-France : c'est le constat que dresse Bruitparif dans son bilan publié ce 26 mars. Un "silence inhabituel" a envahi la région, notamment dans sa zone urbaine la plus dense, relève l'observatoire qui dispose de 150 stations de mesure de l'environnement sonore. "Il devient désormais possible de percevoir les sons de la nature comme les chants des oiseaux ou les bruissements des feuilles dans les arbres. Autant de sonorités qui sont habituellement difficiles à entendre car masquées par le bruit incessant de la circulation et des activités humaines", souligne-t-il.

Diminution du bruit lié aux transports

Depuis le mardi 17 mars 2020 à midi, date d’entrée en vigueur du confinement, le bruit généré par la circulation routière a chuté progressivement, en même temps que le trafic automobile se raréfiait. Entre 5 et 10 décibels de moins ont été enregistrés le long des axes routiers. Les diminutions sont plus marquées sur le réseau de voirie dans Paris intra-muros que sur les grands axes (boulevard périphérique, autoroutes, routes nationales ou départementales en banlieue).
Les nuisances sonores aéroportuaires sont en très nette baisse également, le trafic aérien étant extrêmement ralenti. Mais tout dépend de la localisation par rapport aux aéroports. Ainsi, si le bruit a quasiment disparu autour du doublet Sud de l’aéroport Paris-CDG qui ne compte désormais plus aucun mouvement, il n'en va pas de même au niveau du doublet Nord qui fonctionne encore, note l'observatoire. Autour d’Orly, une baisse importante a également été enregistrée, celle-ci étant intervenue de manière progressive.
Bruitparif constate également moins de bruit le long des voies ferrées du fait de la réduction partielle du trafic ferroviaire.

Silence dans les quartiers habituellement animés de la capitale

Les nuisances sonores ont aussi disparu des quartiers animés de la capitale, qui comptent de nombreux bars et restaurants ou établissements habituellement fortement fréquentés en soirée et en début de nuit, relève l'observatoire. Selon les résultats de ses stations de mesure, les baisses de décibels atteignent en moyenne 8 à 16 décibels sur le créneau compris entre 22 heures le soir et 2 heures du matin. Les soirs de week-end (vendredi et samedi soir), la chute est encore plus marquée avec de 11 à 20 décibels de moins selon les quartiers.

Repos pour les riverains des chantiers

Répit également pour les riverains des chantiers, en particulier ceux du Grand Paris Express, avec l’arrêt des chantiers qui s’est généralisé depuis le 18 mars. Sur les stations de surveillance continue déployées par Bruitparif aux abords de certains chantiers de construction du grand projet de métro automatique autour de la capitale, des diminutions très importantes du bruit ambiant ont été observées sur les périodes diurnes et nocturnes, la chute des décibels pouvant atteindre 20 dB(A).
 

 

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