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En bref - "Continuum de sécurité" : la mission parlementaire officiellement installée

La mission parlementaire chargée de la "définition du continuum de sécurité", a été officiellement installée par deux décrets du Premier ministre parus au Journal officiel le 20 mars. Cette mission a été confiée à deux députés En marche : l’ancien chef du raid Jean-Michel Fauvergue (Seine-et-Marne) et l’avocate Alice Thorot (Drôme). Une façon de respecter l’équilibre police-justice. Plus précisément, les deux députés sont chargés de réfléchir à "l'articulation des interventions respectives des forces de sécurité de l'Etat, des polices municipales et des acteurs privés de la sécurité". Ils devront remettre leurs conclusions d’ici l’été. En réalité, les deux rapporteurs ont déjà commencé leurs auditions, leur nomination ayant été annoncée par Gérard Collomb le 5 février, à l’occasion des cinquièmes assises de la sécurité privée à Paris, quelques jours avant le lancement de la police de sécurité du quotidien. "On ne doit rien s'interdire", avait déclaré le ministre de l’Intérieur qui ne cache pas son intention de voir la sécurité privée jouer un plus grand rôle dans la chaîne de sécurité, au côté des autres forces de sécurité. Le ministre entend aussi renforcer les échanges d’informations et le renseignement entre ces différents acteurs afin qu’ils collaborent plus étroitement. Cette réflexion se fait en lien avec la mise en place de la police de sécurité du quotidien - qui va être déployée dans 60 "quartiers de reconquête républicaine" d'ici à 2020 - et la réforme de la procédure pénale, devant notamment se traduire par la forfaitisation de certains délits. Dans une note du 28 février, l’Association des maires de France dit attendre de cette mission des réponses "à la question du qui fait quoi". "L’Etat se doit de clarifier ses compétences et ses prérogatives, exclusives ou partagées avec d’autres acteurs publics ou privés", souligne l’association. "En d'autres termes, quel 'reste à charge' sécuritaire pour les polices municipales là où elles existent (aujourd'hui de 1 à 400 agents armés ou non) et la sécurité privée, là où on peut se la permettre ?"