Contrat d’engagement jeune : les acteurs dans les starting-blocks à J-20

Un aréopage de personnalités, mais aussi des acteurs de l’emploi, des entreprises et des jeunes, ont participé le 8 février à un webinaire de présentation du contrat d’engagement jeune afin d’anticiper le lancement de ce nouveau dispositif d’accompagnement personnalisé des 16/25 ans qui sera effectif le 1er mars. Entre 40.000 et 60.000 jeunes pourraient en bénéficier dès le mois de mars.

Pas question pour le gouvernement de louper le lancement du contrat d’engagement jeune (CEJ) dont Emmanuel Macron avait annoncé les prémices en juillet dernier. Si la gestation a été un peu longue et l’ambition revue à la baisse, puisqu’initialement il s’agissait d’un revenu universel, le nouveau dispositif n’en présente pas moins une "rupture". C’est du moins ce qu’ont voulu démontrer les nombreux participants au webinaire de présentation du CEJ le mardi 8 février, soit tout juste trois semaines avant la mise en œuvre effective de ce nouvel outil d’insertion professionnelle "sur-mesure". Pour rappel, le CEJ est ouvert aux jeunes de 16 à 25 ans (29 ans pour les travailleurs handicapés) qui "rencontrent des difficultés d’accès à l’emploi durable, ne sont pas étudiant et ne suivent pas de formation". 

Aussi, le gouvernement a lancé un véritable appel à la mobilisation générale de "l’équipe de France de l’insertion" pour faire du CEJ "un vrai succès". Les acteurs de l’emploi, en particulier les missions locales et les agence de Pôle emploi, mais aussi les associations, les entreprises, les professionnels de la formation, et même les élus locaux… tout l’écosystème rayonnant dans l’univers des jeunes (Ecole de la 2e chance, Epide…) est appelé à "relever ce défi", selon l’expression d’Élisabeth Borne. "C’est de notre responsabilité à tous de montrer aux jeunes qu’on ne les laisse pas tomber et que chacun a sa place dans la société", a insisté la ministre du Travail.

"Un droit ouvert, avec ni quota ni plafond"

Campagne de communication, application numérique dédiée (lire ci-dessous), tout est mis en œuvre pour diffuser largement le CEJ, car, même si la formule a de quoi séduire sur le fond, toute la difficulté va consister à y faire adhérer un maximum de jeunes pour la plupart sortis des radars. Le gouvernement tire les enseignements de la garantie jeune : "nous avions des objectifs ambitieux en 2021, mais le budget n’a pas été saturé", a reconnu Élisabeth Borne qui a rappelé que le CEJ est "un droit ouvert, avec ni quota ni plafond".

Il faut donc faire mieux avec le CEJ dont les textes réglementaires doivent être promulgués d’ici à la mi-février. "Le décret sera examiné par le Conseil d’État la semaine prochaine et publié dans la foulée", a prévenu Jean-Benoît Dujol, directeur de projet du contrat d’engagement jeune. Ainsi, la clé de la réussite sera l’aller-vers (par les réseaux sociaux ou maraudes numériques, les bus itinérants, les clubs de sport…) en faisant jouer les synergies entre les divers acteurs afin de "sortir de la logique concurrentielle". Jean-Marc Borello, président du groupe SOS, a d’ailleurs souligné que "la collaboration entre les missions locales et Pôle emploi était du jamais vu", invitant à associer aussi l’Éducation nationale.

10.000 conseillers en mission locale et 1.667 à Pôle emploi

À Pôle emploi et dans les missions locales, les conseillers ont d’ailleurs déjà commencé à repérer les jeunes qui ont vocation à s’engager dès le 1er mars. "10.000 conseillers en mission locale sont totalement engagés pour la mise en œuvre du CEJ", a fait valoir Stéphane Valli qui table sur 40.000 à 60.000 bénéficiaires dès le mois de mars. Pour le président de l’UNML (Union nationale des missions locales), cet "outil formidable et territorialisé" est l’occasion pour les missions locales de "renforcer" leur partenariat avec Pôle emploi, mais aussi avec les associations (ex : Les Apprentis d’Auteuil) et les entreprises, qui doivent être "au cœur du dispositif". Celui-ci fonctionnera "si les portes de l’entreprise sont ouvertes", a martelé Thibaut Guilluy, haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises.

"Le nombre de candidats potentiels double tous les deux jours", a indiqué de son côté Jean Bassère. Le directeur général de Pôle emploi a ajouté que les 1.667 conseillers qui vont accompagner les jeunes dans le cadre du CEJ ont été identifiés, ainsi que ceux qui seront chargés d’attribuer l’allocation de 500 euros maximum lorsque la situation du jeune le justifie. Jean-Benoit Dujol a confirmé qu’un bénéficiaire du RSA pourra bénéficier de l’offre de service du CEJ, mais "en tant que garantie de ressources, l’allocation du CEJ n’est pas cumulable avec celle du RSA", a-t-il prévenu. De même, dans le cas de l’allocation d’aide au retour à l’emploi, si celle-ci est inférieure à 500 euros, elle sera complétée jusqu’à 500 euros, soit l’allocation maximum accordée par le CEJ.

Plus de moyens pour "l’aller-vers" le logement 

Tout l’avantage de ce nouvel outil tient aussi à la prise en compte de la situation globale du jeune de façon à "lever tous les freins" à la reprise d’un emploi durable, c’est-à-dire l’hébergement, la mobilité et même la santé. "Quel que soit le sujet de rupture, on doit trouver un interlocuteur capable de le résoudre", a résumé Emmanuelle Wargon, la ministre du Logement. Ainsi, non seulement des "vraies offres de logement" seront proposées aux jeunes en CEJ (places en foyer jeunes actifs ou travailleurs, logement social), mais un interlocuteur dédié sera désigné dans les Siao (service intégré de l’accueil et de l’orientation) départementaux pour faciliter les passerelles entre les publics en grande difficulté et l’accès au logement. "Les moyens de 'l’aller-vers' le logement seront renforcés", a également indiqué Emmanuelle Wargon, à savoir le financement des associations qui peuvent faire un vrai diagnostic, prendre contact avec des travailleurs sociaux et trouver une solution de logement pérenne. La pérennisation est l’autre mot phare du Contrat d’engagement jeune dont la marque de fabrique est de ne pas lâcher prise tant que le jeune n'a pas trouvé de solution d’emploi durable.

 

L’application "Pass emploi" pour assurer le lien

Expérimentée depuis quelques semaines par 200 conseillers de mission locale, l’application numérique "Pass emploi" sera le cordon ombilical entre le conseiller du jeune en contrat d’engagement jeune et ce dernier. "L’idée est de maintenir le lien entre ces deux partenaires entre les rendez-vous physiques et rendre le jeune autonome dans son parcours", a expliqué Thibault Romatet, conseiller du haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des compétences. "Pass emploi" présente de nombreuses fonctionnalités : messagerie (contact en instantané) ; module de prise de rendez-vous ; liste des tâches que le jeune devra réaliser en autonomie préalablement définies en rendez-vous ; évolution du statut de ces tâches suivies par le conseiller ; boîte à outil de la recherche d’emploi (offres d’emploi, d’alternance, de services civiques, de stages).

 

 

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