Coopérations de sécurité : l'AMF s'étonne des déclarations d'Emmanuel Macron

L’Association des maires de France (AMF) "n’a pour l’heure fait l’objet d’aucune sollicitation ni mandat de la part de l’Elysée et s’étonne de ce procédé consistant à l’interpeller directement sur des sujets portés depuis longtemps par elle et ayant fait l’objet de nombreuses propositions de sa part", fait-elle savoir, mardi 11 janvier, au lendemain des déclarations d’Emmanuel Macron, à Nice. Le 10 janvier, le président a présenté les grands axes de la future Lopmi (loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur) qui sera présentée en conseil des ministres au mois de mars (voir notre article du 10 janvier). Evoquant la coopération entre police nationale et police municipale, il a indiqué que l’AMF serait sollicitée pour savoir "jusqu’où [elle] serait prête à aller", souhaitant pour sa part "aller plus loin que la loi Sécurité globale", en partie censurée par le Conseil constitutionnel (notamment pour ce qui est d'expérimenter de nouvelles compétences de la police municipale).
Or l’AMF s’interroge, dans un communiqué, "sur la destination qui a pu être donnée" aux différentes contributions qu’elle a pu formuler ces derniers mois. Elle rappelle tout d’abord qu’en 2021 quatre de ses maires ont participé au Beauvau de la sécurité. Ils y ont insisté sur le fait que "si certains maires décidaient de s’engager dans une démarche d’appui en créant une police municipale, cette dernière devait agir en complémentarité des forces de police ou de gendarmerie et non en substitution, au besoin via une contractualisation choisie". Une position qui s’inscrit notamment dans le contexte des "contrats de sécurité intégrée" proposés par le gouvernement en contrepartie de l‘engagement des collectivités à renforcer leurs propres effectifs. L’AMF rappelle également avoir proposé en vain une table ronde "plus spécifiquement dédiée à la police municipale et à sa coordination avec les forces de sécurité intérieure" dans le cadre du Beauvau et qu’elle avait transmis au ministre de l’Intérieur une contribution écrite. Enfin, elle avait fait 18 propositions en matière de sécurité (voir notre article du 10 septembre 2021) en partenariat avec sept associations (France Urbaine, Villes de France, Ville et Banlieue, Petites Villes de France, Association des maires ruraux de France, Association des départements de France, Forum Français pour la Sécurité urbaine). Malgré son étonnement, l’AMF se dit ouverte "à un débat constructif sur l’évolution de l’action complémentaire des forces régaliennes et des polices municipales".

 

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