Covid-19 : l'enquête épidémiologique EpiCOV va associer étroitement les collectivités

En pratique, l'étude va porter sur un échantillon représentatif de 200.000 personnes volontaires. Il s'agit de fournir une cartographie du statut immunitaire de la population et de sa dynamique, sur l'ensemble du territoire. Un "comité de liaison collectivités-chercheurs" sera mis en place et les collectivités pourront avoir accès aux résultats les concernant.

La direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux et l'Inserm annoncent le lancement d'une enquête épidémiologique de grande ampleur, baptisée "EpiCOV : connaître le statut immunitaire de la population pour guider la décision publique". Cette enquête associe également d'autres grands acteurs de la statistique et de la santé publique : l'Insee, Santé publique France, le CNRS, l'Ined (Institut national d'études démographiques) et l'Université Paris-Saclay.

Quantifier la part de personnes exposées et documenter les effets de l'épidémie sur les conditions de vie

Dans leur communiqué commun du 27 avril, la Drees et l'Inserm expliquent que "le projet EpiCOV est une large étude épidémiologique, adossée à une grande enquête statistique, proposant de fournir une cartographie globale et scientifiquement fiable du statut immunitaire de la population et de sa dynamique, sur l'ensemble du territoire, via la collecte d'échantillons biologiques couplée à des questionnaires". L'étude doit ainsi "quantifier la proportion de personnes ayant développé des anticorps en réaction au virus SARS-CoV2 et documenter les effets de cette épidémie sur les conditions de vie de nos concitoyens", ce qui apparaît comme "des enjeux majeurs pour appuyer l'élaboration des stratégies de déconfinement et de prévention les plus adaptées, permettre la détection précoce de toute reprise épidémique et, sur le plus long terme, suivre l'efficacité des mesures prises".

Attention toutefois : cette étude, qui vise le moyen terme, ne servira pas, au moins dans l'immédiat, à distinguer les départements verts et les départements rouges, comme annoncé par le Premier ministre dans sa présentation de la stratégie de déconfinement devant l'Assemblée nationale le 28 avril (voir notre article ci-dessous du même jour). Elle doit en effet se dérouler en deux vagues de collecte de données : la première du 30 avril au 24 mai et la seconde au mois de juin. La Drees et l'Inserm précisent que "les premiers résultats sur les prélèvements biologiques seront donnés au plus tôt, en fonction de la disponibilité de tests sérologiques qualifiés, actuellement en cours de développement, et de la capacité des plates-formes de test, à partir de fin mai".

Un questionnaire téléphonique et un prélèvement sanguin

En pratique, l'étude va porter sur un échantillon représentatif de 200.000 personnes volontaires de 15 ans et plus, sélectionné aléatoirement par l'Insee sur tout le territoire (France métropolitaine, Martinique, Guadeloupe et La Réunion). L'échantillon est suffisamment important pour en tirer ensuite des sous-ensembles géographiques et/ou sociodémographiques.

Les personnes acceptant de participer seront invitées à répondre à un questionnaire (en ligne ou téléphonique) d'une durée de 20 à 30 minutes. Dans le même temps, 100.000 d'entre elles se verront proposer de réaliser à leur domicile un prélèvement de quelques gouttes de leur sang. Celui-ci sera à envoyer par la Poste et servira à déterminer s'il y a eu ou non contact avec le virus. La Drees et l'Inserm prennent bien soin de préciser que "les réponses seront traitées de manière confidentielle par les équipes de recherche, dans le respect de la réglementation en vigueur (secret statistique, Cnil, RGPD)". Rien à voir donc avec le débat actuel autour d'une possible application de "tracking".

Un comité de liaison chercheurs-collectivités

L'un des aspects les plus originaux de cette étude est la volonté affichée d'associer très étroitement les collectivités territoriales. La Drees et l'Inserm indiquent en effet, dans une démarche inédite, qu'"un comité de liaison collectivités-chercheurs sera mis en place pour présenter l'étude, discuter les premiers résultats et leurs conséquences, et diffuser l'information concernant des études complémentaires lancées sur les territoires". Pour leur part, les collectivités sont invitées à relayer l'information sur l'importance de cette démarche auprès de leurs administrés, "dont la bonne participation conditionne la validité de l'étude". En contrepartie, les collectivités pourront avoir accès aux résultats les concernant directement.

À noter : cette étude épidémiologique de grande ampleur est loin d'être la seule autour du Covid-19. Sur son site, l'Inserm invite par exemple les Français à participer à près d'une dizaine d'enquêtes sur ce sujet. Parmi les thèmes abordés : La situation de confinement change-t-elle notre rapport au temps ? Comment nos contacts ont-ils changé avec le confinement ? Le confinement modifie-t-il notre sommeil et nos rêves ? Comment la perte de l'odorat et du goût affecte-t-elle la qualité de vie ? Quelles sont les conséquences psychologiques du confinement ?...

 

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