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Covid-19: les collectivités donnent, à contrecoeur, des masques gratuits aux élèves

À une semaine de la rentrée scolaire, les collectivités annoncent la distribution de masques gratuits pour les élèves, des élus regrettent que le gouvernement impose le port systématique dans les classes sans prendre de mesures compensatoires.

À l’initiative du gouvernement, un conseil de défense s’est tenu mardi 25 août sur l'évolution de l'épidémie et les différents protocoles sanitaires mis en place. Invité du journal de France 2, Jean-Michel Blanquer avait annoncé dès le 20 août, une légère évolution du protocole sanitaire qui sera en vigueur dans les établissements scolaires à la rentrée, rendant le port du masque systématique à partir du collège. En primaire, les élèves n'auront pas à porter de masque mais il n'a pas été exclu de l'imposer d'ici quelque temps aux classes de CM1 et CM2. Quant aux enseignants, ils devront en porter un, sauf en maternelle.

Depuis, le débat enfle sur la gratuité des masques pour collégiens et lycéens : l'école étant obligatoire et gratuite en France, les masques devraient l'être également.
Jusqu’alors le ministre de l'Éducation a estimé que les masques font partie "des fournitures de rentrée" comme les stylos ou les cartables bien qu’ils pourront être fournis au cas par cas aux familles "en grande difficulté". La traditionnelle conférence de rentrée qui doit se tenir mercredi 26 août viendra peut-être apporter de nouveaux éléments.  "Le masque à l'école n'est pas une fourniture scolaire, c'est un outil de protection comme tous les citoyens dans la société. Chacun doit apporter son écot", a renchérit Jean Castex sur France Inter le 26 août. 

De son côté, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a dit mardi regretter que "la région doive se substituer à l'Éducation nationale pour distribuer des masques aux élèves et aux enseignants" en annonçant la distribution de deux masques lavables en tissu à chaque lycéen francilien et à chaque professeur durant la première semaine de la rentrée scolaire (lire encadré ci-dessous).

Pas aux familles "de subir" 

Concernant les collèges, qui dépendent des départements, les départements des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne ont annoncé le même jour qu'ils fourniraient également deux masques lavables et réutilisables à tous les collégiens de leur territoire.
En Seine-Saint-Denis, ce sont quatre masques qui seront distribués à chacun des 88.000 collégiens du public comme du privé dès la rentrée. La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, avait déjà regretté que le gouvernement n'ait pas prévu de masques pour les élèves, au lendemain de l'annonce du ministre de l’Éducation nationale. "Le gouvernement a décidé de faire porter un masque" aux collégiens et lycéens "sans pour autant proposer de mesures compensatoires", a-t-elle affirmé dans un communiqué. "Or, j'estime que ce n'est pas aux familles de subir cette charge financière."
Dans ces conditions, elle a "décidé que la région fournirait gratuitement deux masques textiles lavables à l'ensemble" des lycéens d'Occitanie, "renouvelables tous les mois si nécessaire et en fonction de la situation sanitaire".
Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand (ex-LR), a promis lundi sur Twitter qu'un masque gratuit en tissu réutilisable serait remis à chaque lycéen et apprenti "afin de permettre une rentrée dans les meilleures conditions sanitaires". Cette région compte environ 270.000 lycéens et 40.000 apprentis. Si les régions et départements se mobilisent, l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot a lui aussi regretté mardi que le coût soit pris en charge par les collectivités locales et non par l'État.

L'association Ville & Banlieue de France a quant à elle demandé au gouvernement "d'assurer sa mission régalienne de santé publique" en assurant la fourniture gratuite des masques dans un communiqué du 26 août. "Les habitants des quartiers populaires urbains, indiscutablement plus vulnérables que d’autres ne peuvent se trouver exclus de la vie économique, sociale, culturelle, éducative… pour des raisons de fragilité financière ou de précarité sociale", plaide l'association qui exige qu'ils "doivent avoir plein accès à la scolarité des enfants, aux services publics, aux lieux de vie et d'exercice de leur citoyenneté".

Deux masques par lycéen, fonds d'urgence RH Covid-19, lutte contre le décrochage scolaire... les mesures de la région IDF 

Le conseil régional d'Île-de-France va distribuer deux masques lavables en tissu à chaque lycéen francilien et à chaque professeur durant la première semaine de la rentrée scolaire pour faire face à l'épidémie de coronavirus, a annoncé mardi 25 août 2020 la présidente de région, Valérie Pécresse. La mesure équipera les quelque 522.000 lycéens franciliens, dans le public comme dans le privé, et répond à la décision du gouvernement de rendre le masque obligatoire en classe pour les adultes et les élèves à partir de 11 ans.
Valérie Pécresse a indiqué par ailleurs que les lycées seront désinfectés quotidiennement et que chaque agent régional disposera d'une "dotation" de protection : masques, gels, gants, etc.La région Île-de-France va aussi mettre en place un "fonds d'urgence RH Covid-19" pour permettre aux lycées d'avoir recours à une agence d'intérim pour remplacer les absences des agents régionaux malades ou fragiles en raison de la crise sanitaire. Ce recours à l'intérim concernerait environ 8% des agents. Ce fonds d'urgence sera doté de deux millions d'euros. "Je souhaite que le ministère de l'Éducation nationale mette en place un système similaire en cas d'absence des enseignants", a insisté Valérie Pécresse. Par ailleurs, pour éviter les inégalités sociales en cas de télé-enseignement, la région va poursuivre sa distribution d'ordinateurs et de tablettes, et équipera tous les élèves entrant en classes de seconde générale et technologique.137.000 tablettes et ordinateurs, ce qui fait un total de 340.000 équipements numériques en deux ans.  Enfin, pour lutter contre le décrochage scolaire, la région a pris l’initiative d’une "prise en charge de contact téléphonique avec les décrocheurs, via une plateforme dédiée", a indiqué Valérie Pécresse. Deux campagnes d'appels ont déjà été réalisées entre avril et juin, permettant d'identifier 28.000 jeunes. Résultat : 53% d'entre eux ont repris une formation ou un emploi. Mais 43% sont restés injoignables et 4% ont refusé toute aide. Une troisième campagne d'appels est prévue en décembre 2020.

 

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