Création d’un écohameau participatif et abordable à Binic-Étables-sur-Mer (22)

Pour la première fois en France, un écohameau bénéficie d’un prêt de 434 000 € sur 80 ans (prêt Gaïa), accordé par la Banque des Territoires dans le cadre d’un montage en Bail Réel Solidaire (BRS*). Porté par Hameaux Légers et la Coopérative Immobilière de Bretagne, ce projet incarne un nouveau mode d’habitat conciliant exigence environnementale, participation citoyenne et accessibilité financière. Les futur·es habitant·es de l'écohameau s'installeront fin 2027.

Pensé pour limiter l’empreinte écologique liée à la construction et à l’utilisation d’un logement, le modèle de cet écohameau repose sur des choix constructifs et d’aménagement sobres : limitation de l’artificialisation des sols grâce à des fondations légères (dalle bois sur vis de fondations), recours à des matériaux biosourcés et/ou réemployés et à des techniques de construction respectueuses de l’environnement, intégration paysagère et préservation des milieux naturels. Il s’agit d’habitats permanents, conçus pour offrir un haut niveau de confort tout en réduisant leur impact.

Ce type de logement s’inscrit dans une démarche d’habitat participatif, où les habitant·es sont impliqué·es dès la co-conception du projet et partagent des espaces communs gérés collectivement, favorisant le vivre-ensemble. Cet écohameau, constitué de 15 petites maisons en bois construites autour d’un bâtiment commun, représente ainsi une réponse concrète à l’isolement et à la perte de lien social. 

Le recours au Bail Réel Solidaire permet de dissocier le foncier du bâti et de proposer des logements à des niveaux de prix inférieurs au marché local, tout en garantissant une accessibilité dans la durée. Ainsi, au lieu d’acheter un terrain viabilisé à plus de 100 000 €, les habitants paient une redevance de 90 € par mois. Ce montage est possible grâce à un taux de TVA réduit à 5,5 % et surtout à l’octroi d’un prêt Gaïa sur 80 ans par la Banque des Territoires (Groupe Caisse des Dépôts) à taux indexé sur le livret A, d’où proviennent les fonds. En contrepartie, les logements ne peuvent être utilisés qu’en résidence principale, les ménages doivent respecter les plafonds de ressources de l’accession sociale (87 % de la population est éligible) et la revente est plafonnée au prix initial majoré de l’évolution du coût de la vie, de sorte qu’aucune spéculation ne soit possible.

Rémi Heurlin, Directeur régional Bretagne de la Banque des Territoires, déclare : « Face à la raréfaction du foncier et à la crise du logement en zone tendue, le Bail Réel Solidaire, rendu possible par le prêt Gaïa, apporte une réponse concrète : il favorise l’accession sociale à la propriété pour soutenir durablement le dynamisme des territoires. »