Cyril Lage : “La puissance publique est largement dépassée et a besoin du soutien des citoyens”

Cap Collectif, c’est la startup militante de la civic tech française au capital de laquelle la Banque des Territoires est entrée en octobre 2017. C’est elle qui avait monté, lors du Grand Débat national autour des gilets jaunes, la plateforme qui avait permis de recueillir deux millions de propositions. Mardi 24 mars 2020, elle a annoncé s’engager dans la lutte contre le Covid-19 en mettant à disposition de toutes les collectivités territoriales un réseau social d’entraide gratuit pour donner aux citoyens les moyens de prendre part à la gestion de la crise. Pour Cyril Lage, son président, l'outil doit permettre aux citoyens de devenir acteurs de leur territoire, en collaboration avec les élus et les associations.  

Localtis : Comment l’idée de cette plateforme a-t-elle germé ? 
Cyril Lage : Tout a commencé le 13 mars, quand la ville d’Orléans, qui dispose de notre plateforme comme une soixantaine d’autres collectivités, a sollicité Cap Collectif pour ouvrir un espace d’entraide sur sa plateforme participative à l’échelle du département. Elle recevait beaucoup de demandes d’aides et aussi des propositions de ses concitoyens. Elle a donc décidé de faire appel à nous et de créer un espace d’entraide entre les citoyens qui ont des besoins et ceux qui peuvent les aider. Très vite, d’autres collectivités, Rennes, Courbevoie, Albi, Bourg-la-Reine, Mulhouse, Paris lui ont emboîté le pas en décidant rapidement de lancer des initiatives similaires et nous ont sollicités. 


Localtis : Qu’est-ce qui vous différencie d’autres plateformes comme  celle de la réserve civique lancée par le gouvernement ou des réseaux sociaux? 
Cyril Lage : Dans l’esprit de la plateforme de la réserve civique lancée par le gouvernement (notre édition du 23 mars) , c’est assez ressemblant. La différence majeure, c’est que notre service permet d’organiser l’assistance en pair à pair sur son territoire. Contrairement à certaines organisations encore très “top down” nous avons adopté un fonctionnement complètement horizontal et dématérialisé.
Dans ce contexte épidémique, le gouvernement, les collectivités, l’Education nationale...la puissance publique est largement dépassée et a besoin du soutien des citoyens. Nous espérons que cette crise va permettre de faire prendre conscience qu'elle n’a plus le monopole de l’intérêt général. Nous sommes convaincus qu’il faut mettre à profit la recherche de sens qu’ont les gens dans leur vie, et leur besoin de s’investir. C’est ce que nous permettons de capter en organisant des mobilisations de pairs à pairs. L’autre différence majeure, c’est la géolocalisation. Les demandes ou les propositions sont géolocalisées sur la plateforme. Ce qui vous permet de naviguer dans le contenu en fonction d’une carte et de s’assurer au mieux du respect des distances parcourues depuis le domicile, du fait du confinement. 

Localtis : Concrètement, quels types de besoins et de propositions s’expriment ? 
Cyril Lage : Depuis le début, plus de deux cents propositions ont été recensées pour des besoins concrets comme aller faire et déposer des courses, aller chercher des médicaments,  imprimer l’attestation de sortie etc. 

Localtis : Est-ce que ce dispositif a un coût pour les collectivités ? 
Cyril Lage : Non, c’est totalement gratuit. C’est notre manière de répondre à l’appel du secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, à l’écosystème tech français du 9 mars dernier pour proposer des solutions concrètes pour s’organiser face à l’épidémie. Nous avons procédé à des développements rapides sur la plateforme pour systématiser ce dispositif d’entraide. 
 

 

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